SCÈNE IV
Cette scène devrait encore échauffer le spectateur, et elle le glace. Rien de plus attendrissant que deux amants dont l'un va mourir ; rien de plus insipide, quand l'auteur n'a pas eu l'art de rendre ses personnages aimables et intéressants. Dircé a pris tout d'un coup la résolution de mourir, sur un oracle équivoque :
Et la fin de vos maux ne se fera point voir Que mon sang n'ait fait son devoir;
et il semble qu'elle ne veut mourir que par vanité. Elle avait débité plus haut cette maxime atroce et ridicule :
Un peuple est trop heureux quand il meurt pour ses rois ; et elle dit le moment d'après :
Ne perdez point d'efforts à m'arrêler au jour. . . Ne me ravalez point jusqu'à cette bassesse.... Les exemples abjects de ces petites âmes Règlent-ils de leurs rois les glorieuses trames ?
Quels vers ! quel langage ! Et la scène dégénère en une longue dissertation ; quœstio in utramque iiartem : s'il faut mourir ou non.