‹ Commentaires sur CorneilleChapitre 196 sur 574 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Vers i . Ce jour est donc pour moi le grand jour des malheurs, Puisque vous apportez un comble à mes douleurs, etc.

Je n'examine point si on apporte un comble à la douleur, s'il est bien de dire que son épouse est dans la fureur. Je dis que je retrouve le véritable esprit de la tragédie dans cette scène d'Iphicrate, où l'on ne dit rien qui ne soit nécessaire à la pièce, dans cette simplicité éloignée de la fatigante dissertation, dans cet art théâtral et naturel qui fait naître successivement tous les malheurs d'OEdipe les uns des autres. Voilà la vraie tragédie : le reste est du verbiage; mais comment faire cinq actes sans verbiage ?

Vers 61 . Je serois donc Thébain à ce compte ? — Oui, seigneur.

Ne prenons point garde à ce compte. Ce n'est qu'une expression triviale qui ne diminue rien de l'intérêt de cette situation. Un mot familier et même bas, quand il est naturel, est moins répréhensible cent fois que toutes ces pensées alambiquées, ces dissertations froides, ces raisonnements fatigants et souvent faux, qui ont gâté quelquefois les plus belles scènes de l'auteur.

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