DÉCLARATION DU COMMENTATEUR
Mon respect pour l'auteur des admirables morceaux du Cid, de Cinua, et de tant de chefs-d'œuvre, mon amitié constante pour l'unique héritière du nom de ce grand homme, ne m'ont pas empêché de voir et de dire la vérité, quand j'ai examiné son
1. UOEdipe de Lamotte fut représente huit ans après celui de Voltaire (l72Gj.
2. A propos de ce commentaire sur OEdipe, Palissot ne peut s'empêcher d'avouer que Voltaire a fait peu d'observations qui prouvent mieux la grande connaissance qu'il avait de l'art dramatique et des effets du théâtre.
Œdipe et. ses autres pièces indignes de lui; et je crois avoir prouvé tout ce que j'ai dit. Le souvenir même que j'ai fait autrefois une tragédie d'Œdipc ne m'a point retenu. Je ne me suis point cru égal à Corneille : je me suis mis hors d'intérêt ; je n'ai eu devant les yeux que l'intérêt du public, l'instruction des jeunes auteurs, l'amour du vrai, qui l'emporte dans mon esprit sur toutes les autres considérations. Mon admiration sincère pour le beau est égale à ma haine pour le mauvais. Je ne connais ni l'envie, ni l'esprit de parti. Je n'ai jamais songé qu'à la perfection de l'art, et je dirai hardiment la vérité en tout genre jusqu'au dernier moment de ma vie.
REMARQUES