‹ Commentaires sur CorneilleChapitre 206 sur 574 · REMARQUES SUR LA TOISON D'OR · texte numérisé non relu

REMARQUES SUR LA TOISON D'OR

tesse introduite par la mère de Louis XIV, et par les hôtels de Longueville, de La Rochefoucauld et de Rambouillet ; c'est ce mauvais goût justement frondé par Boileau dans ces vers :

Toutefois à la cour les turlupins restèrent \ Insipides plaisants, bouffons infortunés, D'un jeu de mots grossier partisans surannés.

Il nous apprend que la tragédie elle-même fut infectée de ce défaut :

Le madrigal d'abord en fut enveloppé ^ ;

La tragédie en fit ses plus chères délices.

Ce dernier vers exagère un peu trop. Il y a en effet quelques jeux de mots dans Corneille, mais ils sont rares ; le plus remarquable est celui d'Hypsipyle, qui, dans la quatrième scène du troisième acte, dit à Médée sa rivale, en faisant allusion à sa magie :

Je n'ai que des attraits, et vous avez des charmes ^.

-Alédée lui répond :

C'est beaucoup en amour que de savoir charmer.

Médée se livre encore au goût des pointes dans son monologue, où elle s'adresse à la Raison contre l'Amour, en lui disant^:

Donne encor quelques lois à qui te fait la loi : Tyrannise un tyran qui triomphe de toi ; Et par un faux trophée usurpe sa victoire... Sauve tout le dehors d'un honteux esclavage Qui t'enlève tout le dedans.

Le style de la Toison d'or est fort au-dessous de celui d'Œdipe, il n'y a aucun trait brillant qu'on y puisse remarquer : ainsi le lecteur permettra qu'on ne fasse aucune note sur cet ouvrage.

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