‹ Commentaires sur CorneilleChapitre 281 sur 574 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

Il y a peu de pièces qui commencent plus heureusement que celle-ci ; je crois même que de toutes les expositions celle d'Othon peut passer pour la plus belle, et je ne connais que l'exposition de Bajazet qui lui soit supérieure.

Vers 41 . Je les voyois tous trois se hâter sous un maître,

Qui, chargé d'un long âge, a peu de temps à l'être, Et tous trois à l'envi s'empresser ardemment A qui dévoreroit ce règne d'un moment.

Corneille n'a jamais fait quatre vers plus forts, plus pleins, plus sublimes^ ; et c'est en partie ce qui justifie la liberté que je prends de préférer cette exposition à celles de toutes ses autres pièces. A la vérité, il y a quelques vers familiers et négligés dans cette première scène, quelques expressions vicieuses, comme le mérite et le sang font un éclat en vous : on ne dit point /«ire un éclat dans quelqu'un,

1. (( Voilà de l'aveu de Voltaire, dit encore Palissot, quatre vers sublimes, et véritablement nous n'en connaissons pas de plus beaux. Cependant quel est le peintre qui eût fait un tableau de cette métaphore si hardie ? Ce seul exemple aurait dû faire abjurer à Voltaire son système antipoétique sur la justesse des métaphores. »

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