‹ Commentaires sur CorneilleChapitre 286 sur 574 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Vers 2 S'il faut prévenir ce mortel déshonneur,

Recevez-en l'exemple, etc.

Otlion qui veut se tuer ainsi au premier acte pour une crainte imaginaire, et pour une maîtresse, excite plutôt le rire que la terreur ; rien n'est jamais plus mal reçu au théâtre qu'un désespoir mal placé, et qu'on n'attendait pas d'un homme qui n'a d'abord parlé que de politique. Ajoutons que cette scène entre Othon et Plautine est très-faible. Je remarque que Plautine conseille ici à Othon précisément la même chose qu'Atalide à Bajazet; mais quelle différence de situation, de sentiments, et de style! Bajazet est réellement en danger de sa vie, et Othon ne court ici c[u'un danger chimérique^^ Plautine est raisonneuse et froide. Atalide est touchante, et a autant de délicatesse que d'amour. Enfin, ce qui est de la plus grande importance, les vers de Corneille ne valent rien, et ceux de Racine sont parfaits dans leur genre. Comparez (rien ne forme plus le goût), comparez aux vers d'Atalide ces vers de Plautine :

Et n'aspire qu'au bien d'aimer et d'être aimé.

— Qu'un tel épurement demande un grand courage!... Et se croit mal aimé, s'il n'en a l'assurance ^..

Et que de votre cœur vos yeux indépendants Triomphent comme moi des troubles du dedans.

— Conservez-moi toujours l'estime et l'amitié.

C'est le style, c'est la diction qui fait tout dans les scènes où le spectateur est assez tranquille pour réfléchir sur les vers ; et encore est-il nécessaire de ne point négliger la diction dans les-

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