ACTE III, SCÈNE II
Vers 68. Il faut qu'en dépit d'elle elle s'offre à demi.
Voyez-vous comme Othoa sauroit encor se taire, Si je ne Tavois fait enhardir par mon frère ?
L'intrigue n'est pas ici plus intéressante et plus tragique qu'auparavant. Cette confidente qui apprend à sa maîtresse qu'elle va être femme de Pison, et que son amant Otlion sera sacrifié, pourrait émouvoir le spectateur si le péril d'Otlion était bien certain. Mais qui a dit à cette confidente qu'un jour Pison, étant César, se déferait d'Othon? Premièrement, Camille devrait apprendre son mariage de la bouche de l'empereur, et non de celle d'une confidente; et ce serait du moins une espèce de situation, une petite surprise, quelque chose de ressemblant à un coup de théâtre, si Camille, espérant d'obtenir Othon de l'empereur, recevait inopinément delà bouche de l'empereur l'ordre d'en épouser un autre.
Secondement, de longs discours d'une suivante, qui dit que les princesses doivent faire les avances, jetteraient du froid sur le rôle de Phèdre, et sur les tragédies d' Anclromaque et dUphigènic.
Troisièmement, s'il y a quelque chose d'aussi comique et d'aussi insipide qu'une suivante qui dit : c'est la gêne oii réduit celles de votre sorte. Si je n'avais fait enhardir votre amant, il ne vous aurait pas parlé, etc., c'est une princesse qui répond : Tu le crois donc, qu'il m'aime ? Le lecteur sent assez q\ïun devoir qui passe du côté de l'amour... se faire en la cour un accès pour un plus digne amour, en un mot tout ce dialogue n'est pas ce qu'on doit attendre dans une tragédie.