‹ Commentaires sur CorneilleChapitre 307 sur 574 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Vers 3 Ceux de la marine et les lllyriens

Se sont avec chaleur joints aux prétoriens, etc.

Après tous les mauvais vers précédents que nous n'avons point repris, nous ne dirons rien des soldats de la marine et des lllyriens qui se sont avec chaleur joints aux prétoriens; mais nous remarquerons que cette scène pouvait être aussi belle que celle d'Auguste, de Cinna, et de Maxime, et qu'elle n'est qu'une scène froide de comédie. Pourquoi ? C'est qu'elle est écrite de ce style familier, bas, obscur, incorrect, auquel Corneille s'était accoutumé ; c'est qu'il n'y a ni noblesse dans les sentiments, ni éloquence dans les discours, ni rien qui attache.

On a dit quelquefois que Corneille ne cherchait pas à faire de beaux vers, que la grandeur des sentiments l'occupait tout entier ; mais il n'y a nulle grandeur dans aucune de ses dernières pièces, et quant aux vers, il faut les faire excellents, ou ne se point mêler d'écrire. Cinna ne passe à la postérité qu'à cause de ses beaux vers : ils sont dans la bouche de tous les connaisseurs. Le grand mérite de Corneille est d'avoir fait de trèsbeaux vers dans ses premières pièces, c'est-à-dire d'avoir exprimé de très-belles pensées en vers corrects et harmonieux

Vers 31. Un salutaire avis agit avec lenteur...

— Qu'un prince est maliieureu\ quand de ceux qu'il écoute Le zèle cherche à prendre une diverse roule !

Galba dit : Eh bien! quelles nouvelles? Cet empereur, au lieu d'agir comme il le doit, demande ce qui se passe, comme un

L Palissot trouve encore qne c'est par une aftectation malig-ne do circonsrriro le génie de Corneille que Voltaire cite toujours Ciunn, et uniquement Cmna. Hé ! il ne pouvait pourtant pas citer le Cid ni Pobjeucte à propos d'Othon. (G. A )

nouvelliste. Vinius lui donne le conseil de persister à ne rien faire, conseil visiblement ridicule. Il lui dit : Un salutaire avis agit avec lenteur. Ce n'est pas certainement dans le moment d'une crise aussi forte, cfuand on proclame un autre empereur, que la lenteur est salutaire. Galba ne sait à quoi se déterminer, et se contente de faire remarquera sa nièce qu'il est triste de régner quand les ministres d'État se contrarient.

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