I. Voyez page
Le premier vers est prosaïque et mal fait. Parle-moi de Thésée taudis que le roi vient; ce vers ne me paraît pas assez passionné. Ce tandis que le roi vient semble dire parle-moi de Thésée en attendant. Observez comme Hermione, dans Andromaque, dit la même chose avec plus de sentiment et d'élégance ^
. . . . Qu'Oreste à son gré m'impute ses douleurs, N'avons-nous d'entretien que celui de ses pleurs ? Pyrrhus revient à nous. Eh bien ! chère Gléone, Conçois-tu les transports de l'heureuse Hermione? Sais-tu quel est Pyrrhus? T'es-tu fait raconter Le nombre des exploits... ? mais qui les peut compter? Intrépide, et partout suivi de la victoire, etc.
Cela est bien supérieur aux cent monstres dont runivers a été dégagé par Thésée, et qui se voit purgé d'un mauvais sang ; à ces victimes prises par Thésée et par Hercule, etc.
Vers 37. J'aime Phèdre; tu sais combien elle m'est chère.
Ce sentiment d'Ariane me parait bien naturel, et en même temps du plus grand art. Le spectateur sent avec un extrême plaisir les raisons du silence de Phèdre.
Vers 47. N'ayant jamais aimé, son cœur ne conçoit pas. — Elle évite peut-être un cruel embarras.
Ce sentiment est encore très-touchant, quoique le mot d'embarras soit trop faible.
Vers 50. Mais vivre indifférente, est-ce une vie heureuse?
Ce vers serait fort plat si Ariane parlait d'elle-même ; mais elle parle de sa sœur : elle la plaint de ne point aimer, tandis qu'en effet elle aime Thésée. On est déjà bien vivement intéressé.