ACTE II, SCÈNE IV
traire, a aimé Bérénice avant qu'elle se fût déclarée pour Titus, et il ne lui parle que lorsqu'il va la quitter pour jamais. Ce qui rend surtout OEnarus très-inférieur à Antiochus, c'est la manière dont il parle.
Thésée a du mérite, et il l'a dit cent fois. Les sens ravis d'Œnarus ont cédé à l'amour dès qu'il a vu Ariane, Il fallait n'en parler plus, il l'a fait par respect. Il n^a point changé cVâme, il a langui d'amour tout consumé. Il demande pour /?fl^?e?^ son martyre, un mot favorable et un sincère soupir.
Ariane répond qu'elle n'est point ingrate, que Thésée se trouve adoré dans son cœur, que dés la première fois elle Va déclaré: et répète encore dès la première fois, comme si c'était un beau discours à répéter. Ce dialogue trop négligé devait être écrit avec la plus grande finesse. On ne s'aperçoit pas de ces défauts à la représentation ; ils choquent beaucoup à la lecture.
Vers 1. Prince, mon trouble parle, etc.
On ne doit, ce me semble, faire un pareil aveu que quand il est absolument nécessaire. Aucune raison ne doit engager Œnarusà se déclarer le rival de Thésée. Antiochus, dansée ré /^ce, ne fait un pareil aveu qu'à la fin du cinquième acte; et c'est en quoi il y a un très-grand art. Le style d'OEnarus met le comble à l'insipidité de son rôle ; il adore les charmes de son amour, il en fait l'aveu aupointde l'hymen. Il dit que c'est montrer assez ce qu'est un si beau feu, et qu'il est trahi par sa vertu. CoQiment est-il trahi par sa vertu, puisqu'il renonce à un si beau feu, et qu'il va préparer le mariage de Thésée et d'Ariane ?