‹ Commentaires sur CorneilleChapitre 383 sur 574 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Vers 1. Madame, je ne sais si l'ennui qui vous touclie

Doit m'ouvrir, pour vous plaindre, ou me fermer la bouche, etc.

On ne peut parler plus mal. Il ne sait si l'ennui qui touche Ariane doit lui ouvrir, pour la plaindre, ou lui fermer la bouche; il doit en partager les coups, quoi qui la blesse; il sent le changement

qui trompe la flamme d'Ariane, et il le met au rang des plus noirs

attentats; et le ciel lui est témoin, si Ariane en cloute, qu'il voudrait racheter de son sang ce que Ariane fait fort bien de l'interrompre ; mais le mauvais style d'OEnarus la gagne. L'espérance qu'elle donne à OEnarus de l'épouser, dès qu'elle connaîtra sa rivale heureuse, est d'un très-grand artifice. Son dessein est de tuer cette rivale ; c'est devant Phèdre qu'elle explique l'intérêt qu'elle a de connaître la personne qui lui enlève Thésée ; et l'embarras de Phèdre ferait un très-grand plaisir au spectateur si le rôle de Phèdre était plus animé et mieux écrit.

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