‹ Commentaires sur CorneilleChapitre 411 sur 574 · ACTE QUATRIÈ^IE · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈ^IE

SCÈXE I.

Vers 3. Si l'arrêt qui me perd te semble à redouter, J'aime mieux le souffrir que de le mériter.

Voilà donc le comte d'Essex qui proteste nettement de son innocence. Elisabeth, dans cette supposition de Tauteur, est donc inexcusable d'avoir fait condamner le comte ; la duchesse d'Irton s'est donc très-mal conduite en n'éclaircissant pas la reine. Il est condamné sur de faux témoignages, et la reine, qui l'adore, ne s'est pas mise en peine de se faire rendre compte des pièces du procès, qu'on lui a dit vingt fois être fausses. Une telle négligence n'est pas naturelle : c'est un défaut capital. "faites toujours penser et dire à vos personnages ce qu'ils doivent dire et penser : faites-les agir comme ils doivent agirJL'amour seul d'Elisabeth, dira-t-on, l'aura forcée à mettre Essex entre les mains de la justice ; mais ce même amour devait lui faire examiner un arrêt qu'on suppose injuste: elle n'est pas assez furieuse d'amour pour qu'on l'excuse. Essex n'est pas assez passionné pour sa duchesse ; sa duchesse n'est pas assez passionnée pour lui. Tous les rôles paraissent manques dans cette tragédie, et cependant elle a eu du succès. Quelle en est la raison? Je le répète, la situation des personnages attendrissante par elle-même, et l'ignorance où le parterre a été longtemps.

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