‹ Commentaires sur CorneilleChapitre 430 sur 574 · Horace, De Arte poetica · texte numérisé non relu

Horace, De Arte poetica

Il nous semble que Corneille aurait pu s'épargner toutes les peines qu'il prend pour concilier Aristote avec lui-même. Nous n'entendons point ce que c'est que V impossible croyable elle possible incroyable. On a beau donner la torture à son esprit, l'impossible ne sera jamais croyable ; l'impossible, selon la force du mot, est ce qui ne peut jamais arriver. C'est abuser de son esprit que d'établir de telles propositions ; c'est en abuser encore de vouloir les expliquer. C'est vouloir plaisanter de dire que, quand une chose est faite, il est impossible qu'elle ne soit pas faite, et qu'on n'y peut rien changer. Ces questions sont de la nature de celles qu'on agitait dans les écoles, si Dieu pouvait se changer en citrouille, et si, en montant à une échelle, il pouvait se casser le cou.

J'ai fait voir qu'il y a des choses sur qui nous n'avons aucun droit; et pour celles où ce privilège peut avoir lieu, il doit être plus ou moins resserré, selon que les sujets sont plus ou moins connus.

Voilà tout le précis de cette dissertation : ne changez rien d'important dans la mort de Pompée, parce qu'elle est connue de tout le monde ; changez, imaginez tout ce qu'il vous plaira dans l'histoire de Pertharite et de don Sanche d'Aragon, parce que ces gens-là ne sont connus de personne.

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