‹ Commentaires sur CorneilleChapitre 508 sur 574 · Chapitre IV. — De l'esclavage · texte numérisé non relu

Chapitre IV. — De l'esclavage

« ... C'est le rapport des choses et non des hommes qui constitue la guerre... La guerre n'est donc point une relation d'homme à homme, mais une relation d'État à État, dans laquelle les particuliers ne sont ennemis qu'accidentellement, non point comme hommes, ni même comme citoyens, mais comme soldats... »

Tout cela me parait d'un rhéteur captieux. Il est clair que la guerre d'État à État est la guerre d'homme à homme. Ordonnons à tous nos sujets de leur courir sus...

«... Même en pleine guerre, un prince juste s'empare bien en pays ennemi de tout ce qui appartient au public, mais il respecte la personne et les biens des particuliers... »

Il fallait, avant de parler du prince et des particuliers, définir ce que c'est que prince.

« ... Si la guerre ne donne point au vainqueur le droit de massacrer les peuples vaincus, ce droit qu'il n'a pas ne peut fonder celui de les asservir... »

On n'a jamais droit de tuer un homme qu'à son corps défendant.

« ... On n'a le droit de tuer l'ennemi que quand on ne peut le faire esclave... »

Supposition ridicule.

« ... Ils ont fait une convention, soit; mais cette convention, loin de détruire l'état de guerre, en suppose la continuité... »

Non. Elle suppose continuité de faiblesse d'un côté, et de force de l'autre.

Page 1