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ACTE V, SCÈNE Vfll ET DERNIÈRE. fi

ne sais si perfide généreux est un défaut ou non, mais je ne voudrais pas employer cette expression.

Vers 18. Quelle autre sûreté pourrions-nous demander?

Je ne vois pas qu'on doive si aveuglément s'en rapporter au témoignage seul de Léontine, que sa conduite mystérieuse a pu rendre très-suspecte ; et dans de si grands intérêts il faut des preuves claires.

Vers 20. Non, ne m'en croyez pas, croyez rimpératrice.

La naissance des deux princes n'est enfin éclaircie que par un .billet de Constantine, dont il n'a point été question jusqu'à présent. On est tout étonné que Constantine ait écrit ce billet. Il ne faut jamais jeter dans les derniers actes aucun incident principal <{ui ne soit bien préparé dans les premiers, et attendu même avec impatience.

Toutes ces raisons, qui me paraissent évidentes, font que le cinquième acte cVHèracUus est beaucoup inférieur à celui de Rodo- {june. La pièce est d'un genre singulier qu'il ne faudrait imiter qu'avec les plus grandes précautions.

Vers 23. Apprenez délie enfin quel sang vous a produits.

La reconnaissance suit ici la catastrophe. On doit très-rarement violer la règle qui veut au contraire que la reconnaissance précède. Cette règle est dans la nature, car lorsque la péripétie est arrivée, quand le tyran est tué, personne ne s'intéresse au reste. Qu'importe qui des deux princes est Héraclius ? Si Joas n'était reconnu qu'après la mort d'Atlialie, la pièce finirait trèsfroidement. Il me semble qu'il se présentait une situation, une péripétie bien théâtrale. Phocas, méconnaissant son fils Martian, voudrait le faire périr ; Héraclius, son ami, en le défendant, tuerait Phocas, et croirait avoir commis un parricide ; Léontine lui dirait alors : Vous croyez vous être souillé du sang de votre père; vous avez puni l'assassin du vôtres

Vers 28. Après avoir donné son fils au lieu du mien, Léontine à mes yeux, par un second échange, Donne encore à Phocas mon fils au lieu du sien... Celui qu'on croit Léonce est le vrai Martian, Et le faux Martian est vrai fils de Maurice.

1. « Le plan que propose ici Voltaire, dit Palissot, nous paraît d'une très-grande heauic : il prouve la profonde connaissance qu'il avait du théâtre. »

^3 REMARQUES SUR HÉRAGLIUS.

Tout cela ressemble peut-être plus à une question d'État, à un procès par écrit, qu'au pathétique d'une tragédie.

Vers 4G. Donc, pour mieux l'oublier, soyez encor Léonce.

On a déjà dit^ que ce mot donc ne doit jamais commencer un rers.

Vers 47. Sous ce nom glorieux aimez ses ennemis,

Et meure du tyran jusqu'au nom de son fils !

Il semble que ce soient les ennemis de Léonce. Il entend apparemment les ennemis de Phocas.

Vers 49. Vous, madame, acceptez et ma main et l'empire En échange d'un cœur qui pour - le mien soupire.

On ne peut dire que dans le style de la comédie en échange cfun cœur. Un homme ne doit jamais dire, d'une femme, elle soupire pour moi.

Remarquez encore que ce mariage n'est point un échange d'un cœur contre une main ; ce sont deux personnes qui s'aiment.

Vers 51. Seigneur, vous agissez en prince généreux.

Il faut dans la tragédie autre chose cpe des compliments, et celui-ci ne paraît pas convenable entre deux personnes qui s'aiment.

Vers 52. Et vous dont la vertu me rend ce trouble heureux, Attendant les effets de ma reconnoissance, Reconnoissons, amis, sa céleste puissance, etc.

Rendre un trouble heureux à cjuelquun, cela n'est pas français.

En général la diction de cette pièce n'est pas assez pure, assez élégante, assez noble. Il y a de très-beaux morceaux ; l'intrigue occupe l'esprit continuellement ; elle excite la curiosité ; et je crois qu'elle réussit plus à la représentation qu'à la lecture '\

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