EXAMEN D'HÉRACLIUS
La manière dont Eudoxe fait connoître, au second acte, le double échange que sa mère a fait des deux princes est une des choses les plus spirituelles qui soient sorties de ma plume.
Il n'est plus permis aujourd'hui de parler ainsi de soi-même, et il n'est pas trop spirituel de dire qu'on a fait des choses spirituelles. J'avoue que je ne trouve rien de spirituel dans le rôle d'Eudoxe, ni même rien d'intéressant, ce qui est bien plus nécessaire que d'être spirituel.
<emble que c'est un de ceux qui me fait le plus grand plaisir. Je ne désespère pas, ■^i Voltaire soutient ce qu'il vous a dit. que nous ne soyons brouillés deux ou trois heures à Cire}' sur HcracUus; car j'ai excepté mon sentiment de l'empire absolu que je lui ai abandonné sur mon âme. » Et dans une lettre au même, du 10 mai suivant, elle revient sur le même sujet : « HéracUus, que je n'avais ni vu ni lu, et qui m'a enchantée, est, à mon gré, le chef-d'œuvre de l'esprit humain. Je ne sais si j'ai tort ou raison. »
Évidemment Voltaire s'était mépris singulièrement sur l'impression que M™*^ du Ghâtelet avait éprouvée à la lecture d'Héraclius, ou bien la divine Emilie avait vis à-vis de lui des dissimulations qu'elle ne veut pas avouer.
REMARQUES