ACTE l, SCÈNE I
opéra de Persrc et iVAndromède, Cassiope raconte la même aventure, comme il n'y a rien de trop dans son récit, comme il ne lait point le poëte mal à propos ; tout est concis, vif, touchant, naturel, harmonieux.
Heureuse épouse, tendre mère^,
Trop vaine d'un sort glorieux, Je n'ai pu m'empôcher d'exciter la colère De l'épouse du dieu de la terre et des cieux : J'ai comparé ma gloire à sa gloire immortelle ; La déesse punit ma fierté criminelle ; Mais j'espère fléchir son couitoux rigoureux,
J'ordonne les célèbres jeux Qu'à l'honneur de Junon dans ces lieux on prépare. Mon orgueil off^ensa cetle divinité :
Il faut que mon respect répare
Le crime de ma vanité.
Les dieux punissent la fierté.
11 n'est point de grandeur que le ciel irrité N'abaisse quand il veut, et ne réduise en poudre.
Mais un prompt repentir
Peut arrêter la foudre
Toute prêle à partir.
Les étrangers ne connaissent pas assez Quinault : c'est un des beaux génies qui aient fait honneur au siècle de Louis XIV. Boileau, qui en parle avec tant de mépris, était incapable de faire ce que Quinault a fait ; personne n'écrira mieux en ce genre : c'est beaucoup que CornelUe ait préparé de loin ces beaux spectacles.
Une remarque importante à faire, c'est qu'il n'y a pas une seule faute contre la langue dans les opéras de Quinauh, à commencer depuis Alceste. Aucun auteur n'a plus de précision que lui, et jamais cette précision ne diminue le sentiment; il écrit aussi correctement que Boileau, et on ne peut mieux le venger des critiques passionnées de cet homme, d'ailleurs judicieux, qu'en le mettant ta côté de lui.
Vers 35. Et voyant ses regards s'épandre sur les eaux.... Des regards ne s'épandent ni ne se répandent.