‹ Commentaires sur CorneilleChapitre 95 sur 574 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

Cette scène et toutes les longues dissertations sur l'amour et la fierté ont toujours un grand défaut, et ce vice, le plus grand de tous, c'est l'ennui. On ne va au théâtre que pour être ému. L'àme veut toujours être hors d'elle-même, soit par la gaieté, soit par l'attendrissement, et au moins par la curiosité. Aucun de ces buts n'est atteint quand une Blanche dit à sa reine : Vous l'avez honoré sans vous déshonorer; et que la reine réplique que, povr honorer sa générosité, Vamour s'est joué de son autoritéy etc.

Les scènes suivantes de cet acte sont à peu près dans le même goût, et tout le nœud consiste à différer le combat annoncé, sans aucun événement qui attache, sans aucun sentiment qui intéresse.

Il y a de l'amour, comme dans toutes les pièces de Corneille: et cet amour est froid, parce qu'il n'est qu'amour. Ces reines qui se ])assionnent froidement pour un aventurier ajouteraient la

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