EXTRAIT DU HERALD
On Tuesday night the students al Law attending Professoi-1 Bibaud's course of Lectures, under went an examinaiien in the St. Mary's Collège, before a numerous, and we may add, highly ple;ised audience. Arnongsl the number présent were several members of the légal profession who seemed to take a warm interest in the proceedings. The Knowledge evinced by the students of the higher
xxvnr
branches of the profession, showed lbat they had noî failed to profit by the Lectures of iheir learne.d Professor. As usual, the " Emerald Ile " had her représentative, and, upon this occasion, in the person of Mr. Owen Joseph Devlin, brother lo B. Devlin, Esq. of this City, who, \ve feel much pleasure in stating, passed through a very strict examination, and in a very creditable rnanner, for which he was handsomely complimented by Marcus Doherty Esq. one of his examiners.
Bulletin de l'Ecole de Droit No. 46.
A deux assemblées du comité des examinateurs du Barreau de Montréal, le 2 Mai et le 6 juin, ont été admis an Barreau, George Desbarats, jeune, et Sévère Dominique Rivard, Ecuier.
Et à une assemblée de la Chambre des Notaires, tenue le 15 juin courant, Guillaume Fleury D'Eschambault, Ecuier, a été admis au Notariat.
Ces trois messieurs sont porteurs du Diplôme du Collège St Marie, et jouissent en conséquence du stage privilégié accordé par les staluts provinciaux 1G Vict. Chap. 130 et 22 Vict. chap. 8.
15 juin 1859.
Le Professeur en Chef.
BIBAUD
Extrait du True Witness du 11 Novembre 1859.
At the last meeting of the Commitiee of Examiners ofthe Bar of Montréal, llod prie k Masson, son ot the late Honorable Joseph Masson, and Alphonse Meilleur, son of Docteur Meilleur, Ex-Superimendant of Public Instruction for-Lower Canada, were admitted to the practice ol Law in 1 his- Section of the Province, after a very creditable examination. Thèse young gentlemen are bearers of the Diploma in Law of St. Mary's Collège, Montréal, and entitled to the privilège attacher to it by Law.
Bulletin de l'Ecole de Droit, No. 50.
Lundi le 28 du mois dernier, Mr. £. Lefèbvre de Bellefeuille a soutenu sous notre patronage, une thèse sur les mariages clandestins. Nous avions Mr. le Supérieur Granet, V. G., le docteur Meilleur, les honorables A. A. Dorion, T. J. J. Loranger, MM. les chanoines Pilon et Moreau, Mr. Cherrier C. R. l'abbé Gibind, MM. Morin, Chabot et autres ecclésiastiques distingués de la campagne, Mr. Jos. Belle, le Professeur Reynaud, Mr. J. A. A. Belle, lié à l'Ecole de Droit, MM. Valières de St. Real, Ryan, Sénécal, et autres anciens élèves, plusieurs dames, et surtout un joli cercle d'étudians. Après l'allocution que celte thèse nous suggérait, personne que nous n'ayant voulu l'attaquer à cause de l'heure avancée sans doute, mon Révérend Père le Recteur adressa quelques paroles élogieuses à Mr. de Bellefeuille, et l'auditoire se dispersa.
Jeudi, le 15 Décembre, et mercredi, le 21, MM. V. Sicotte, M. C. Desnoyers, B. Globensky, L. Labelle, H. A. McCoy, C. de Chantai, E. L. de Bellefeuille, C. Boucher, A. Riendeau, H. Blake Wright et L. J B. Normandeau, ont subi leur examen annuel sur les matières qu'ils ont vues depuis leur inscription respective. Les élèves nouvellement inscrits, n'ont pas eu à subir d'examen. Le Professeur en chef.
BIBAUD
Moniréal 22 Décembre 1859.
Exirait du Courrier du Canada.
Thèse de Mr.de Bellefeuille.-Le défaut d'espace nous empêche d'insérer in extenso une correspondance de Montréal signée X. et qui ne nous est arrivée d'ailleurs qu'au moment de mettre sous presse. Cette correspondance a tiait à la soutenance publique d'une thèse sur le mariage civil par Mr. E. L. de Bellefeuille, au collège Ste. Marie, sous la présidence de Mr. Bibaud, lundi le 28 Novembre. Il paraît que le jeune candidat a soutenu ses idées
avec une grande distinction, et a répondu avec netteté ei précision aux objeeiions qui lui ont été faites. On remarquait dans l'audito re plusieurs personnages disiinguées, spécialement le R. P. Vignon, le Supérieur du séminaire, les chanoines Pilon et Moreau, et les honorables A. A. Dorion et T. J. J, Loranger.
Extrait de V Ordre.
Comme nous l'avions annoncé, Mr. E L. de Bellei'euille a soutenu, iundi soir, sa belle thèse sur le mariage civil. Dès sept heures, la salle de Droit, au Collège Ste. Marie, était littéralement
remplie On remarquait aussi la noble lan.iile
de Mr. E. L. de Bellei'euille, qui dut éprouver un sensible plaisir en voyant un de ses fils se placer aussi bien devant son pays
Après la séance, Mr. le Professeur Bibaud fit une allocution remplie d'éiudiiion, et termina en pesant à Mr. de Bellefeuille une objection que celui-ci tourna au profil de sa thèse.
Personne autre que Mr. le Professeur ne voulant attaquer la ihèse de Mr. de Belle l'en il Le, le R. P. Vignon le complimenta chaleureusement.
Paroles de Mr. D. Girouard à la convocation du collège McGill dans un discours publié dans les journaux.
Il faut convenir que rien n'est plus difficile que l'étude du droit en Canada. A la vue des énormes in-folios qui font gémir les tablettes de nos bibliothèques, en présencede cet amas de rapportsdecours,etdeces compilations de lois amendées, l'on recule d'abord d'effroi et de découragement, mais si, repienant courage, l'on promène ses regards sur tous ces volumes, que voit-on ? Ici un ancien auteur français ou arrêtiste dont la doctrine ou la décision est souvent basée sur des lois alors en force en France, mais sans application en Canada, là, de longs commentaires sur des ordonnances françaises
non enregistrées ou abroges par nos statuts, et n'ayant par conséquent aucune autorité dans nos iribunau\ ' D'un côté la masse des autorités des Cours d'Angleterre et des Etats-Unis, d'un autre, le Code Napoléon, entouré de son brillant cortège de traités, revues, Répertoires et journaux de jurisprudence. Ailleurs les lois romaines, comprenant la loi des XII Tables, les Edita des Préieurs, les opinions des jurisconsultes, les constitutions des empereurs, et enfin les novelles, code et Institutes de Justinien. Plus loin, les édits, ordonnances, les jugemens du conseil supérieur de Québec, les décisions de nos tribunaux, et pardessus tout cela, la collection complète des acte^'et statuts du Bas-Canada et du Canada. Et c'est à ces sources diverses, c'est au milieu de cette confusion que le légi>te canadien doit aller chercher la solution du problême qu'il poursuit, la règle qui régit le Bas-Canada. Aussi que de différence dans les conclusions même des plus éclairés? Que de divergence dans les opinions ! Que d'opposition dans les doctrines sur les points les plus importants et les plus essentiels du Dioit ! Nous pourrions citer mille exemples pour prouver cet avancé ; mais un seul suffira.
Dans ce cas, Mesdames et Messieurs, il ne s'agit de rien moins que de mariage, et par conséquent d'une question de la plus hauie importance eî d'un suprême intérêt pour la société et pour tous les hommes en général. La Chronique du Palais rapporte qu'en 1849, un jeune homme et une jeune et belle enfant de 17 ans, et l'objet du plus tendre amour, franchissaient les frontères de ceit ' Province dont les lois trop austères s'opposaient à la consommation de leur union. Le couple heureux se dirigeait en toule haie vers un état voisn, vanté pour la libéralité de ses lois sur le mariage et les libertés et droits qu'il ace.orde à la femme, et là, à \ew-York, s'unirent conformément aux lois de cette contrée. Le mariage ainsi contracté aux Etats-Unis par des personnes domiciliées dans le Bas-Canada et conformément
aux lois du lieu de sa célébration, est-il valable en Canada ? Voila la question réduite à sa plus simple expression; soulevée à diverses reprises dans les tribunaux étrangers et diversement jugée, elle est venue aussi occuper l'attention de nos cours pendant plusieurs années ; diversement considérée parles Juges de la Cour Inférieure, elle fut portée Qc rant la première Cour du pays, la Cour d'Appel, et là, en 1858, reçut une solution qui ne rencontra pa£ les opinions de tous les Juges, et des hommes appelés en terme de Palais, nommes de robe; et encore tout récemment, elle à fait la matière de nouveaux débats et de longues dissertations, tant il est vrai qu'il n'y a rien de plus incertain que la loi actuelle du Bas-Canada, rien de plus confus que l'état du droit canadien.
Bulletin de l'Ecole de Droit, No. 51.
A une assemblée du comité des Examinateurs^ lundi 6 de ce mois, a été admis au Barreau, M. C. Desnoyers, Ecuier, Mr. Hugh Taylor a chaleureusement complimenté le candidat et proclamé l'utilité de la publication de nos conférences de Droit.
A une autre réunion du comité de la chambre des Notaires, le 15, Pierre Bériau, éeuier, a été admis à la pratique du Notariat.
Ces deux Messieurs sont porteurs de diplômes du collège Ste. Marie, et jouissent de l'exemption de temps en tel cas prévue peu* les statuts 19, 16 et 22 Victoria.
Montréal, 16 Février 1860.
Le Professeur en Chef,
BIBAUD
Extrait du Mémorial de V Education.
Par le docteur Meilleur.
" Le collège Ste. Marie est incorporé depuis 1852, et les RR. PP. Jésuites y ont établi en 1851 «ne Chaire de Droit en faveur des professions légales, suivant les dispositions de la 27e clause de l'acte 12 Vict. Chap. 46.
Cette Ecole est sous le patronage de membres distingués du Barreau de Monlréal, et Maximiiiea Bibaud, canadien, avocat et docteur en droîl, en occuj-e honorablement la chaire, auiour de laquelle environ 70 élèves se sont déjà réunis pour entendre et prendre en noie les instructions de ce savant professeur.
Les certificats délivrés aux élèves qui ont suivi régulièrement le cours d'instruction donné sur le Dro«t, au collège Ste Marie, sont signés par le Recteur de l'établissement et par le Profes>eur en Droit, et, d'après la loi, ils équivalent chacun à un Diplôme de Bachelier en Droit. Ils com oitent, en faveur des impétrants des privilèges et exempt tibns que n'ont pas les élèves dépourvus de diplôme, lors de l'examen à subir pour être admis à la profession du Droit."
Le savant auteur est trop spécial, quant à l'espèce de degré, d'autant plus que la loi n'en désigne aucun en particulier. Le degré de Bachelier n'est du reste pas convenable, bien que le Doyen de la Faculté McGill n'en ait point d'autre. * On voit par l'endroit suivant de la Procédure de Pothier, combien il est inférieur : " Le degré de Bachelier n'étant pas suffisant pour la fonction d'avocat, il semble qu'il ne doit pas l'être pour la lonction de Juge, et j'inclinerais à penser que l'Ordonnance entend parler de licentiés ou docteurs-"
Extrait de l'Acte 21 Vict.
Le Conseil d'aucune Section du Barreau du Bas-Canada pourra admettre à pratiquer comme avocat tout étudiant en droit d'ailleurs due ment qualifié, qui aura suivi, avant la passation du présent acte, dans aucune université au collège incorporé dans lequel il est établi une faculté de Droit,
(*) Aussi à Québec est-il un degré préliminaire, qui avait déjà ^té conféré à Mr. Desbarats quand il est venu à l'Ecole de Droit.
un cours de Droit régulier et complet tel que pourvu par les statuts ou réglemens de la dite université ou du dit collège, et qui aura obtenu avant la passation du présent acte, un degré en droit dans la dite université ou dans le dit collège.
Extrait du chapitre 72 des Statuts Refondus.
Section XXVII, §. 3. Et trois ans de cléricature suffiront si l'étudiant a suivi un cours régulier et complet de droit dans une université ou collège incorporé dans lequel une chaire de droit est établie, tel que prescrit par les statuts ou réglemens de l'université ou du collège, et pris un degré en droit dans telle université ou tel collège.
Extrait de l'Acte 21 Victoria, touchant le Notariat.
Tout étudiant en droit qui aura, simultanément avec son temps de service sous un notaire pratiquant, suivi un cours régulier et complet d'études légales dans une Ecole ou faculté de droit légalement constituée dans un collège ou université du Bas-Canada, conformément aux statuts de ce collège ou de eefte université, ne sera tenu de faire que trois années de cléricature.
L'Acte de l'année suivante n'accorde qu'une année d'exemption aux étudiants notaires.
A MM. les Membres de la Chambre des Notaires. En séance, le 15 Février 1861.
Le Professeur Bibaud a l'honneur de soumettre à MM. les membres de la Chambre les Notaire» les raisons qui suivent en faveur des aspirants qui n'auraient point terminé leurs études classiques.
Citons d'abord le principe émis par Merlin dans le Répertoire de Jurisprudence de Guyot.
" Quoique la justice des lois humaines soit fondée sur l'utilité publique, comme elles tirent leur autorité de la volonté du législateur, et qu'elles n'ont
d'effet qu'après quelles ont étépubliées,elles ne rè glent que l'avenir et ne touchent point au passé."
Il ajoute :
" De ce que les lois nouvelles règlent l'avenir, il faut tirer la conséquence qu'elles peuvent, selon le besoin, changer les suites que devaient avoir les lois antérieures, mais c'est toujours sans donner atteinte aux droits qui peuvent se trouver acquis à quelques personnes.''
Cela nous concerne, car la loi de 1858, dont M. Isaie Quintal et Mr. Ramon Beaufield ont bénéficié, a été un garant à leurs successeurs immédiats qu'ils ne fesaient pas en vain des sacrifices pécuniaires onéreux. Certes ! si le législateur médite de manquer à sa foi, il a besoin d'être explicite. Nous avouons qu'ii peut se rencontrer en effet quelques cas exceptionnels de réiroactivité : il y en a un, par exemple, dans l'ordonnance des Bureaux d'Hypothèques. C'est le lieu de dire exceptio firmai regulam. S'il n'y a guèresde règle sans exception, il y a encore moins d'exception sans règle, et il est certain que l'ordonnance n'atteindrait pas les actes qui lui sont antérieurs sans une clause expresse. Or, non seulement le législateur, dans le dernier Acte du Notariat, ne déclare point la rétroactivité : mais nous induisons de la section cinquième son intention contraire.
Cette section a trait à certains examens additionnels.
u Néanmoins, y est-il dit, ces examens ne concerneront pas les clercs notaires qui, lors de leurs examens pour être admis à la pratique^ auront le droit de se prévaloir du bénéfice de Pacle précité de 1858"
Pour sûr, ces termes qui lors de leur examen .... auront le droit de se prévaloir désignent une époque postérieure à la loi de 1860. Et comme il est écrit que ce dont ils pourront se prévaloir est le bénéfice de la loi de 1858, il s'ensuit que ce bénéfice, est le bénéfice des deux années d'exemption tel qu'en ont joui MM. Quintal et Beaufield. En
efî'et, qui dit bénéfice- de la loi de 1858, ne dit pas b n'fice de la loi de 1860 : inetusio vniusfit exelu- $i<> ul terni s.
Mais si le Comité persiste à faire du cas qui se pn sente un eus douteux (je m'exprime de la sorte parce que le cas dont il s'agit n'est, îiux yeux d'aucun homme de loi sérieux, un eus discutable) on a lout lieu de s'attendre que les élèves auront le bénéfice du doute : in dubiis eirusis sew]^r surit betnçniora prœferenda, du le jurisconsulte Gaius ; Rap/enda est oecasio quœ prœbet Lettigmvs resi>o?isvui, dit Paulus.
B1BAUD
Les membres du comilé qui ont donné leurs voix pour les impétrants sont MM. B« île, Hunt. r et Lanctot. Ont voté contre MM. Labadie, Papineau, Georlrion et Giiard. La décision de la majorité a été iedressée par l'Acte 24 Victoria, dû a l'honorable Mr. Lacoste.
h trait du Herald et du Pilot.
Law Facnlty.— St. Mary's Coilege. - The following is a iist of the law students whc hâve re* Cenliy graduated at the Law Facuhy ol the Collège Ste. M trie, having undeigone ihe exammations requisite to oblain their Diploma
Messrs. M. F. Colovin, E. L. De Bellefeuille, Jos. Royal, J. A. Chapeleau, H. B. Wright, S. Pagnuelo, B. Globensky, A. Lacoste, C. de Lorimier, A. H. Lyonnais, C. Simard, U. Brien Desrochers, A. Basiien, C. D. Paradis, T. Desnoyers and" P. Careau.
Extrait du Commercial Advertiser We are happy to announce that Mr. Tancred, C. de Lorimier was admitted to the bar yeslerdayr after a very satisfaetory examination. Mr. de Lorimier was complimented upon his proficiency by the examiners, Messrs. Johnson, ( arîer, Cassidy and Austin»
xxxvir
Bulletin de l'Ecole de Droit N . 55.
Mardi ie 27 de Février dernier, ont eu iieu à l'Ecole de Droit, d ns le Collège Ste. Maritales premiers exercices dans le genre ivtUiorîa et prulica. Parmi les membres du c ergé qui étaient présen- à cette séance, on remarquait I'aDbé Giband du Séminaire, et l'abbé Beaudry, de la rédaction du True Wifne>8. Sept membres du barreau, enir';mtres M. M. Mackay Oui met, Girouard <jt le professeur B«'lle, étaient présens ; il y avait aussi un grand nombre d'étudiants. Les Pères de la Compagnie de J .'-sus assistaient avec les élèves de philosophie. M. de Bellel'euille, père, avec sa demoiselle, et M. le Dr. Lépmhon, avec sa damr, connue dans notre littérature, nous honoraient aussi de leur présence Après notre exposé du butde la séance, M. B. Globensky rapporta la cause de Simpson et alii versus Delisle ; puis M. M. E. L. de Bellefeuille et M F. Colovin discutèrent la question de l'usure, l'un en français, et l'autre en anglais. A la fin de la séance, M. Robert Mackay, Bâtonnier de l'Ordre des avocats, fit part à l'auditoire de la satisfaction que lui avaient causée les travaux des élèves; mon Révérend Père le recteur lui succéda, et attribua à M. Globensky la lucidité d'exposition, à M. de Bellefe i.îllé, la logique et la science, et à M. Colovin, l'éloquence et la facilité d'élocution.
Fait au Collège ce 2 Mars 1861.
Le Doyen de l'Ecole
BIBAUD
Extrait de V Ordre
La semaine dernière n'a pas été sans intérêt pour noire petit monde littéraire ; tour à tour nous avons eu des séances à l'Ecole de droit du Collège Ste. Marie et au Cabinet de Lecture Paroissial, ei à chaque séance toujours un auditoire d'élite prêt à encourager les jeunes talenis qui se révèlent pleins d'enthousiasme ou de patriotisme, ou à subir Pin-
fluence du grave philosophe qui parle au nom de la raison et de la science.
L'année dernière, en fesant soutenir une thèse publique par un de ses élèves, Mr. Bibaud avait donné au public le goût d'un nouveau genre d'exercice littéraire que des personnes graves apprécièrent hautement ; aussi, celte année, le savant professeur a-t-il réuni autour de sa chaire les somnités du barreau et du clergé et un grand nombre d'aspirans à la plus noble des professions.
Après un discours d'introduction rempli de science légale et d'esprit attique par Mr. le professeur, Mr. Benjamin Globensky exposa la cause de Simpson et al. contre la Banque de Montréal, cause encore pendante en Angleterre. Doué d'un grand esprit d'analyse, notre jeune compatriote a su s'attirer la bienveillance et les applaudissemens de son auditoire, Mr. de Bellefeuille lui succéda et iraita de l'usure. Les relations de Mr. de Bellefeuille avec V Ordre nous dispensent de toute critique de sa dissertation. Qu'il nous suffise de dire qu il a démontré avec logique l'immoralité de toute loi favorisant l'usure, ce ver rongeur des sociétés. Mr. Colovin, est partisan du libre commerce de l'argent ; il a soutenu contre Mr. de Bellefeuille, que l'argent étant une marchandise, ne devait subir aucune restriction, et il apporta au soutien de sa thèse un grand nombre d'autorités, que Mr. de Bellefeuille a renversées dans une habile réplique.
Mr. Robert Maekay, Bâtonnier du Barreau, invité à prendre ia parole, félicita vivement les trois discutants, puis il laissa la place au R. P. Recteur qui, résumant la discussion, a dit que Mr. Globensky s'était fait remarquer parla clarté, Mr. de Bellefeuille, par la logique, et Mr. Colovin, par l'éloquence.
Extrait de la Gazette de Montréal.
Soirée Littéraire., — A soirée littéraire was given by the law faculiy of Ste. Mary's Collège, on wed-
nesday evening, the 28th ult. Professor Bibaud presided. The first production was lhat of a report by Mr. Globensky, of the celebraîed case of Simpson et alii versus the Bank of Montréal. The young gentleman exposed with great ability, ail the facts of the case, from the constitution of the action, to the appeal lo the Privy Council in England, where the case is now pending. Then followed the debate on the important question of usury : viz : " whether the rate of interest for the use of money lent should be restricted by law." Mr. de Bellefeuille opened in the affirmative and in an able discourse replète with logic and learning, undertook to prove that it would be bénéficiai to Society in gênerai to restrict the rate of interest to a certain fixed sum. Mr. Colovin, on the négative, maintained with his usual force and éloquence that money being but a représentative médium, and as such, an article of commerce, should not be restricted in the value of the use of it any more than any other commodity. The discussion was kept up with great vigor and ability on both sides, and speaks well for the character of the Law Faculty of St. Mary's Collège. Mr. Mackay, Esquire, and the Revd. Father Vignon, Hector of the Institution, expressed their satisfaction, and complimented the young gentlemen highly upon the learning and ability which they displayed.
Extrait du Herald.
Admission to the Bar. — Yesterday, the third instant, at a meeting of the Board of Examiners of the Montréal Section of the Bar of Lower Canada, Mr. Mathew, F. Colovin of New London, U. C, was admitted to the practice of the Law, after having undergone a long and rigorous examination. The précision and fulness of his answers shewed a thourough acquaintance with the matters upon which he was questionned, both in the Roman and the French Law ; and at the close of the examination,
he was highly complimenled by the examinera, Mcssrs Taylor, Cassidy and Pomminville.
Extrait de la Minerve.
Nous apprenons avec plaisir que Mr. Thomas Desnoyers a été admis hier à la profession d'avocat. Mr. Desnoyers a fait sa cléricature dans l'étude de M. M Cartier ei Pomminville, et a subi un examen qui fait également honneur à ses patrons et à lui-même.
Ses talents et son assiduité au travail lui assurent dans sa profession, le succès que nous lui souhaitons bien cordialement. M D. était porteur du Diplôme du Collège Ste. Marie
Extrait du Pays — Les Lauréats du Collège McGill.
M M. les Rédacteurs. — Je ne puis laisser passer une aussi belle occasion que celle que m'offre la déconvenue de certain lauréat de l'Université Mc- Gill, pour signaler aux élèves des écoles de Droit la manière dont les choses se passent assez communément. Depuis plusieurs années, les élèves canadiens-français s'apercevaient que les lauriers n'étaient point pour eux, quels que fussent leurs droits et leurs mérites. Mais une compensation était heureusement réservée à ces pauvres étudiants, privés des honneurs de l'Université. Le barreau leur offrait un champ plus grand et plus ouvert ; ici on combattait à viziéres découvertes, on ne pouvait venir avec des fausses armes et des connaissances empruntées, pour prendre le pas sur un rival; il fallait faire preuve de sa propre valeur et non de celle de son voisin.
Au mois de Mai dernier, les examens de l'Université commençaient, et chaque élève s'efforçait de mettre à profit les utiles leçons qu'il avait reçues pendant la dernière session.
Le mode de procéder, s'il était utilement suivi, est calculé à rendre justice à tout le monde. On
enferme les élèves sans leur laisser le secours d'aucun livre et on leur soumet une série de questions, auxquelles ils sont tenus de répondre avant de sortir de l'appartement. Ces questions ne doivent être connues par aucun des élèves avant leur internement. Telle est la théorie des examens ; mais la pratique est bien différente. Nous avons vu certains élèves préférés, qui avaient eu l'avantage (si c'est un avantage) de savoir d'avance les questions à être posées et d'avoir répondu avant d'entrer dans la salle des cours Les réponses doivent être données par écrit. Nous avons vu ces élèves favoris arriver au cours avec un manuscrit volumineux attaché de rubans et paraissant avoir été soigneusement préparé. Alors nous nous sommes dit qu'il était impossible que ces jeunes hommes ne fussent pas punis s'il y avait chez les. professeurs un semblant d'impartialité. Mais quel fut notre étonnement lorsqu'à la convocation, c'est-àdire au couronnement des lauréats, nous vîmes couverts de lauriers, non pas ceux qui avaient eu le courage de ne dire que ce que leurs études leur avaient appris, non pas ceux qui avaient eu la fierté d'aller au cours avec leurs propres talents et non ceux des voisins, mais bien les élèves préférés, ceux qui étaient venus au cours avec un travail tout fait, un travail volé.
Nous voulions dabord en appeler au public, jeter la lumière aux yeux des professeurs trop confiants ; mais malgré la conviction de la faute de ces élèves, nous ne dîmes rien, de crainte d'être accusés de dépit. Un jour vint où messieurs les lauréats furent obligés d'aller chercher leur commission devant le barreau. Alors nous eûmes notre revanche. Quatre jeunes gens se présentaient devant les examinateurs du barreau pour le district de Montréal, le 5 Août courant.
Deux d'entre eux avaient été couronnés par l'Université, les deux autres avaient été jugés indignes d'un tel honneur. Au barreau, l'intelligence travaille
et non Ja plume, on ne peut emprunter les études d'un autre.
Quelle a été le résultat de cette lutte devant le barreau entre les vainqueurs et les vaincus de l'Unfversité ? Ces derniers ont relevé la tête et ont combattu avec fierté, force, courage et valeur. (*) Les premiers ont fléchi, et un des deux a été refusé comme incapable de répondre aux questions les plus élémentaires du droit.
Triste exemple, où plusieurs trouveront qu'il est préférable de se fier dans ses propres forces que de frapper à la porte de son voisin.
Je ne prétends pas que ceux qui n'ont rien obtenu de l'Université, étaient hautement qualifiés pour les honneurs. Mais je veux dire que la partialité des professeurs a reçu une punition qui portera des fruits j'espère.
Un B. C. L.
Un B. C. L. ou plutôt un L. C. B. ne peut, sans trahir son serment académique, exposer ainsi son Aima Mater !
Extrait de la Minerve.
Monsieur le Rédacteur. — Je vois dans le Pays du 12 Décembre une correspondance intitulée uLes Cours de Droits" et signée ct Timon.'' Vous me permettrez, messieurs, du moins je l'espère, d'écrire quelques mots en réponse à cette lâche attaque dirigée contre une institution que Mr. Timon n'a certainement pas eu l'avantage de fréquenter.
Je dois dire, en commençant, que je n'ai pas l'intention de suivre le correspondant du Pays dans le récit qu'il nous a fait des avantures de deux étudiants de Québec à la recherche d'une commission d'avocat. Ce récit est une simple anecdote, sans portée morale, sans conclusion logique en faveur du conteur. Tout ce que l'on peut tirer de là, c'est que
(*) Un seul a subi un examen brillant, et a avoué le devoir à la lecture des conférences de l'Ecole de Droit,
Ûëùx (*) étudiants en droit ont été refusés par unie section du Barreau et admis par une autre section. S'il y a un mal dans ce conflit de jurisdiction, il ne faut pas l'imputer aux cours de droit soilde l'Université Laval, soit de l'Université McGill,soitJe l'Ecole de Droit, liée au Collège Ste. Marie, (f)
Timon (puisque tel est le nom sous lequel le correspondant cache sa lâcheté) n'a commencé sa correspondance par cette anecdote que ponr masquer ses batteries. Son vrai but ne se révèle que plus tard. Ce but, fardé de mots qui grimacent la bonne foi et la justice, voyez par quels moyens il espère l'atteindre.
Après avoir mal cité la loi qui s'applique à la durée de la cléricature des étudiants en droit et aux cours qu'ils doivent suivre pour obtenir le bénéfice de certaines exemptions de temps, il dit qu'à Montréal nous jouissons du luxe de deux Universités, puis, il s'exprime ainsi : " L'une (Collège McGill) est parfaitement organisée. D^excellens professeurs, au nombre de cinq embrassent toutes les branches du droit. Les Canadiens y ont été mieux accueillis que traités. Il y a réforme possible à cela ; mais il faudrait la réforme.
" L'autre (Ste Marie) a le nom usurpé d'une Université et s'en sert. Un seul professeur y a enseigné jusqu'à cette année. Ce professeur n'a pas la plus légère teinte dp la pratique (J ) du droit, sans parler de ce qui lui manque d'ailleurs. Or permettez moi de le dire, dans la profession d'avocat, la théorie, sans la pratique, c'est la lettre qui tue ; la pratique avec la théorie, c'est l'esprit qui vivifie."
Je ferai remarquer dabord que l'on enseigne à l'Ecole de Droit non seulement la théorie du droit
(*) Us étaient trois. Note du Doyen.
(f) Mr. W. Dorion, propriétaire du Pays, fut fort chaud en faveur des élèves renvoyés par le Comité de Québec. Note du Doyen.
($) 11 est de fait qu'au mois de Mai dernier, les élèves du Collège McGill qui devaient se présenter prochainement, se mettaient en cherche du cours de procédure de l'Ecole de Droit. Note du Doyen.
mais aussi le procédure. Quant à la pratique proprement dite, ou a la routine, elle ne s'acquiert que par l'habitude. Les Universités Laval et McGili ne peuvent pas pins que l'Ecole de Droit enseigner celte routine. La loi, au reste, oblige les étudiants, quand même ils suivraient un cours de droit, de suivre un bureau d'avocat, où ils ont l'occasion d'apprendre cette routine.
Quoi qu'il en soit, nous voyons par la citation qui vient d'être faite, quel est le but de celui qui a écrit celte correspondance. Timon, animé de sentimens hostiles contre Mr. Bibaud, s'est couvert d'un masque, et sous le manteau de l'anonyme, il a cru qu'en attaquant ainsi le professeur qui, jusqu'à cette année, a enseigné seul (*) le droit à l'Ecole, il ferait un bon coup. Sans doute Timon pensait que Mr. Bibaud répondrait à sa correspondance en attaquant l'Université McGili et les cours de droit de cette institution. Alors les élèves des deux cours et leurs professeurs se divisant et prenant fait et cause pour leurs institutions respectives, formeraient deux partis qui travailleraient à la ruine de leurs ennemis.
Le piège tendu par Timon est trop grossier et trop mal disposé pour tromper un être raisonnable. Je connais très bien ceux qui professent les différentes branches du droit à l'Université McGili, et il n'y a rien à dire contre eux comme avocats. Ce sont des confrères que j'estime beaucoup, ^f )
Je me contenterai de dire, sans vouloir faire aucune comparaison, qu'il n'est pas nécessaire qu'un professeur de droit soit un avocat pratiquant, et qu'il est même préférable d'avoir des professeurs qui aient pour seule et unique occupation d'enseigner. L'on sait qu'en Europe ce système est pré-
(*) Les Commentaires de Blaeksrone sont un cours de droit complet donné par lui en l'université d'Oxibrd. — Note du Doyen.
(t) Parmi les quatre professeurs du Collège McGili que l'on donne comme agissants, je ne connais que les deux professeurs canadiens, particulièrement Mr. Lafiamme. homme à talents transcendants et mon condiè^iî ie de collège, dont je conserve d'excellents souvenus.
XLY
féré ei qu'il remplit parfaitement son but. Il est clair que les cours de droit ne peuvent être bien réguliers si les professeurs de ces cours sont continuellement tiraillés par leurs clients et détournés de leurs devoirs par les travaux de leur profession". D'un autre, coté, rien ne s'oppose à la régularité des cours, si les professeurs n'ont rien autre cho^e à faire qu'à enseigner. Mais laissons de coté roules ces considérations.
Le correspondant du Pays, en attaquant, comme il l'a fait, Mr. le professeur Bibaud, a lâchement dénigré les hommes éminentsqui l'ont choisi et qui, certes, valent mieux que Mr. Timon. Ici encore, ce dernier a fait un pas de clerc.
En terminant, j'exprime l'espoir que les élèves et les professeurs de tous les cours de droit se Considéreront toujours comme des confrères devant tous appartenir plus tard à un même corps, où la courtoisie, la charité et la politesse doivent toujours régner.
Je n'en dirai pas davantage. La correspondance de Timon étant anonyme, personne n'était obligé d'y répondre ; mais j'ai cru devoir lui faire connaître ma façon de penser. Il est tout probable que ee monsieur s'attachera encore au timon pour traîner quelques immondices ; mais je ne me porte pas garant de ses actes. Dans tous les cas, je ne cacherai pas mon nom, comme lui, et si je n'ai pas d'autre mérite, j'aurai au moins celui d'agir franchement et à visage découvert.