‹ Commentaires sur les lois du Bas-Canada; ou, Conferences de lEcole de Droit liée au collége des RR.PP. Jesuites; suivis dune notice historiqueChapitre 91 sur 102 · PROJET D'UNE UNIVERSITÉ CATHO- LIQUE · texte numérisé non relu

PROJET D'UNE UNIVERSITÉ CATHO- LIQUE

A Sa Grandeur, Mgr. Ignace Bourget, Evêque de

Montréal, etc., etc.

Monseigneur,

Je viens de lire un Mémoire du Séminaire de Québec, à N. N. S. S. les Evèques, réunis à Trois- Rivières, et j'y lis, page onze :

" C'est un fait déplorable, écrit Mgr. de Montréal à Mgr. de Tloa, le 15 Mars 1862, qu'aujourd'hui à Montréal, la plupart des Etudiants en Droit et en Médecine fréquentent les cours de l'Université McGill. Ils ont la certitude, en suivant ces cours, de subir des examens peu rigoureux, et de les subir devant des examinateurs connus et d'une complaisance extrême. Le résultat de l'examen leur assure une promotion facile aux dégrés universitaires et ces honneurs leur offrent des avantages précieux pour la pratique et dont ils peuvent jouir dès leur entrée dans la profession. Tels sont les principaux motifs qui créent l'entraînement de notre jeunesse vers l'Université McGill."

A propos de cet extrait, je suis bien aise d'informer V. G. que si, ce que je ne crois pas, la plupart des jeunes Canadiens qui étudient la Médecine, vont au Collège McGill, cela n'est certainement pas le cas pour les Etudiants en Droit. Un certain nombre y vont ; mais la plupart quittent

pour venir recommencer à l'Ecole de Droit. De plus, nos élèves ne nous quittent point pour aller, soit à Laval, soit à McGill, tandis que cette dernière faculté nous a fourni quarante élèves et l'autre, pas moins de dix-huit, malgré les distances.

L'Ecole de Droit jouit de privilèges académiques aussi amples que Laval ou McGill, en vertu du troisième paragraphe de la section 27, du chapitre 72, des Statuts Refondus, ainsi conçu :

" Et trois ans de cléricature suffiront si l'étudiant a suivi un cours régulier et complet de Droit dans une université ou collège incorporé dans lequel une Chaire de Droit a été établie, et pris un degré en Droit dans telle université ou tel collège."

C'est en vertu de cette clause que nous donnons, comme l'Université Laval, le degré de Licencié, qui est plus élevé que celui de Bachelier, que confère le Collège McGill.

Les élèves en Droit du Collège McGill ne sont pas plus exempts que les nôtres de subir des examens devant le comité professionnel et les Diplômes Ste. Marie et McGill, aussi bien que ceux de l'Université Laval, ne servent que pour le stage. Une demi douzaine de gradués en Droit du Collège McGill ont été renvoyés comme ignorants et les élèves anglais de cette faculté se présentent très-souvent à moi pour que je les mette en état de passer, comme l'on dit.

L'Ecole de Droit est la seule des trois facultés qui opère de fait en faveur des étudiants notaires. L'Université Laval n'en a point fait que je sache, le Collège McGill en a fait un, et l'Ecole de Droit, environ quarante. Vient d'être reçu à la profession de Notaire avec notre Diplôme, M. Ernest Stuart, fils du ci-devant président du Barreau Canadien. M. le juge Aylwin et M. Hugh Taylor lui avaient conseillé de sortir d'ailleurs pour suivre les cour» de l'Ecole de Droit.

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Pour tout dire en un mot à V. G., l'érection d'une université en titre à Montréal ne procurerait à PEcole de Droit aucun avantage qu'elle n'a pas déjà. Aucuns degrés en Droit n'exemptent de l'examen professionnel devant des examinateur? désintéressés; le degré médical exempte, mais vous voyez, page 18 du Mémoire, que l'Université Laval ne recommande point à ses élèves d'user de ce privilège, et en effet deux d'entre eux viennent d'être refusés au dernier examen. Je suis à me demander quelle impression fera cet aveu sur V. G. ; peut-être en conclura-t-elle qu'une université à Montréal n'est point nécessaire. Quoi qu'il en soit l'Ecole de Droit ayant obtenu de la loi tout ce qu'elle peut raisonnablement désirer, elle doit peut-être demeurer étrangère à cette dispute et, dans tous les cas, l'Ecole de Médecine n'a reçu ni mandat exprès, ni mandat lacite déparier pour elle.

De Votre Grandeur,

Le respectueux Serviteur,

Maximilien Bibaud.

Doyen de l'Ecole de Droit.

Montréal, veille de la Toussaint 1864.

A Sa Grandeur, Mgr. Joseph Larocque, Evêque

de St. Hyacinthe, etc.

Monseigneur,

J'allais, malgré moi, au Congrès de St. Hyacinthe, n'eût été que le R. P Sache m'a promis que l'École de Droit et sa faculté resteraient dans leur état actuel. Je désire que la présente aie le caractère d'un acte conservatoire.

De Votre Grandeur,

Le respectueux Serviteur,

Maximilien Bibaud, Doyen de la Faculté.

Montréal, 10 Novembre 1864.

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