FER
Le Fer à l'état métallique doit être réservé pour la médication reconstituante, parce qu'étant insoluble par lui-même, il est privé de toute action topique immédiate, et ne peut offrir que des effets éloignés, constitutionnels. Il faut d'ailleurs l'administrer avec les aliments pour le faire dissoudre avec eux par le suc gastrique. Mêlé aux peptones, il est plus apte à devenir aussitôt partie intégrante de l'organisme.
Lorsqu'on recherche par-dessus tout l'action tonique astringente sur la muqueuse digestive, ou quand on veut faire pénétrer rapidement une quantité considérable d'une préparation martiale pour diminuer les hypérémies, resserrer les parenchymes, suspendre les sécrétions ou arrêter les hémorrhagies, il faut s'adresser aux sels solubles, et particulièrement à ceux qui possèdent au plus haut degré les qualités styptiques.
Malgré les éructations d'hydrogène sulfuré auxquelles il expose, le Fer réduit vaudra mieux que le citrate ou le sulfate, toutes les fois qu'on aura affaire à un état d'irritabilité de la muqueuse stomacale, justifiant en quelque sorte la dénomination de gastrite, ou bien dans les cas d'acor et de pyrosis. Mais, pour tout concilier, je donne la préférence à un oxyde ferreux ou ferrique très-divisé, n'ayant pas l'inconvénient de donner lieu à des éructations nidoreuses.
On trouvera ailleurs (voy. Sulfate, Perghlorure de Fer) tout ce qui regarde l'histoire thérapeutique des préparations martiales solubles; il ne sera question ici que du Fer métallique. Il en existe de plusieurs sories : 1° la limaille de Fer préparée; 2°la limaille de Ferporphyrisée; 3° le Fer réduit par V hydrogène (Miquelard et Quevenne); k° le Fer réduit par l'électricité (Collas). Ces deux derniers sont probablement équivalents.
Des différences notables existent dans les principales formes sous lesquelles le Fer se présente au praticien. La solubilité, toutes choses égales, étant proportionnelle au degré de division mécanique, la limaille se dissout plus lentement que le Fer réduit, d'où la supériorité de ce dernier, lequel, d'après les expériences si bien faites et si précises de Quevenne, se retrouve dans le chyle en plus forte proportion que toutes les autres préparations chalybées. Cependant la limaille porphyrisée s'éloigne moins du Fer réduit sous le rapport de la solubilité. D'ailleurs, à part la résistance plus soutenue qu'elle oppose aux acides de l'estomac, la limaille de Fer prise chez un serrurier agit tout aussi bien que les préparations plus savantes, et ne présente aucun inconvénient, pourvu qu'elle soit exempte de limaille de cuivre.
Le Fer métallique ne pouvant se dissoudre et s'absorber qu'à la faveur des acides des premières voies, il est indispensable de l'administrer à l'approche des repas, c'est-à-dire au moment où le travail digestif va faire affluer le suc gastrique, à moins cependant qu'on ne fasse suivre l'ingestion de la poudre ferrugineuse d'une boisson acidulé, telle que la limonade, susceptible d'en réaliser la dissolution.
La dose de Fer réduit par l'hydrogène est de 10 à 20 centigrammes au
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déjeuner et au dîner. Une petite cuiller métallique, de la contenance de 10 centigrammes, sert à mesurer chaque prise. Il est superflu d'en donner davantage, et des doses trop massives pourraient même avoir l'inconvénient de nuire à la digestion, en absorbant une trop grande proportion des acides de l'estomac, et de donner lieu à des renvois nidoreux très-déplaisants.
La limaille de Fer, moins facilement attaquable, se donne en quantité un peu plus forte, de 20 à 50 centigrammes. Quand elle est grossière, une partie échappe à la dissolution.
On peut administrer le Fer métallique en pilules de 10 centigrammes, avec un excipient convenable.
Une lame de fer bien décapée sert à séparer le cuivre de ses combinaisons salines, et à démontrer la présence de ce métal. En outre, le fer doux et l'acier (carbure et azoture de Fer) sont très-employés dans la confection des appareils et des instruments chirurgicaux.
ÉTAIN, Stannum.
Angl. Tin. — Ail. Zinn.
UÉtain, ou Jupiter des alchimistes, est particulier au règne minéral, et n'offre, quant à son état naturel, qu'une seule circonstance intéressante à noter pour la médecine, c'est sa présence en minime proportion dans l'eau de Saidschutz.
ACTfON physiologique. — De la part du métal elle est nulle; mais comme l'Étain ingéré dans l'estomac et mis en présence des agents qui s'y rencontrent normalement, ne peut manquer d'entrer dans des combinaisons dont quelques-unes lui communiquent des propriétés actives, il n'est pas exact d'affirmer que ce corps simple reste inerte dans les premières voies. On a remarqué que les substances grasses, acides, salines ou simplement albumineuses, conservées dans des vases étamés, ont parfois occasionné des coliques et des vomissements. Or, les substances albuminoïdes, acides et salines, ne manquent pas dans la cavité stomacale pour transformer l'Étain, et s'il existe réellement de l'acide chlorhydrique dans le suc gastrique, il doit se former une quantité assez notable de chlorure pour déterminer des effets apparents. Dans d'autres cas, les dissolvants faisant défaut, le métal non transformé restera inoffensif. Telle est probablement la raison du désaccord existant entre les résultats d'Orfila et de Schubarth, le premier considérant l'oxyde d'Étain comme un poison, et le second comme une substance dépourvue de toute efficacité.
Au reste, une circonstance a pu faire illusion sur la valeur de l'Étain métallique, c'est la présence habituelle d'une petite quantité d'arsenic dans celui qui n'a pas été purifié.
Usages. — Modes d'administration et doses. — La poudre d'Étain était naguère employée, chez nos voisins d'outre-Rhin et d'outre-Manche, contre les vers solitaires et l'épilepsie vermineuse (Monro, Fothergill,Richter).