KERMÈS MINÉRAL, OXYSULFLRE D'ANTIMOINE HYDRATÉ
Kermès minérale.
Angl. Minerai Kermès. — Ail. Mineralische oder Spiessglanz Kermès.
Le Kermès minéral est un produit de l'art. Sa composition est encore imparfaitement fixée; cependant on peut lui donner pour formule 2SbS3 -|- SbO3 (Liebig).
Action physiologique. — Les effets du Kermès sont analogues à ceux du Tartre stibié (voy. ce mot), mais incomparablement plus faibles. Bien que le Sulfure d'Antimoine soit faiblement soluble dans les acides et les liquides gastriques, néanmoins il est probable que le tritoxyde est la partie la plus active du Kermès; et, comme il s'y trouve en quantité variable, il est tout naturel que les effets du composé varient eux-mêmes d'intensité, selon les cas.
A la dose de 20 à 50 centigrammes, le Kermès minéral agit comme vomitif, mais non constamment; à dose moindre, il n'est que nauséant. Par le moyen de cette action, il devient contre-stimulant, diaphonique, incisif.
Usages. — Modes d'administration et doses. — On emploie le Kermès dans les mêmes circonstances que le Tartre stibié voy. ce mol), et de préférence chez les enfants et les sujets difficiles. Quelques médecins le préconisent, à l'exclusion des émissions sanguines et de tout autre traitement, contre la pneumonie et les diverses formes de bronchite. On administre le Kermès minéral à la dose de 20 centigrammes à 2 grammes par jour pour les adultes, h celle de 10 à 50 centigrammes pour les enfants, soit dans un looc/i blanc, soit dans une Potion gommeuse.
11 es! plus commode de prendre des /jfisf<'//r.< ou ttdilottes, dont chacune
renferme 1 centigramme de Kermès, ou des dragées (de Garnier), qui contiennent à peu près la même quantité du principe actif.
Au reste, les doses varient, non-seulement selon les sujets, mais selon les temps et les lieux. Quand un pays ou une officine est approvisionnée d'un Kermès presque inattaquable, et conséquemment inerte, les praticiens se voient obligés d'élever successivement les doses. Avec de bon Kermès, on peut s'en tenir à des quantités pondérales moindres. Les effets varient encore davantage, selon les accessoires du traitement. Une masse considérable de Kermès, si le malade ne fait usage que de boissons émollientes, agira moins qu'une dose dix fois plus petite, prise concurremment avec des boissons acidulés, de la limonade tartrique, du vin blanc ou rouge chargé de tartre. En tout cas, il est si difficile d'assurer les effets de cette préparation et d'en calculer la portée, qu'il serait plus avantageux à la pratique d'y renoncer tout à fait et de se borner à l'usage du Tartre stibié, dont l'équivalent pharmacodynamique est très- élevé, et dont les doses correspondantes seraient nécessairement très-minimes.
SOUFRE DORÉ d'antimoine, Sulfuretum siibicum auratum.
Angl. Antimonii Oxysulphuretum, AntimoniiSulphuretumprœcipitatum. — Ail. Stibium sulphuratum aurantiacum.
Le Soufre doré d'Antimoine est, comme le précédent, un produit pharmaceutique mal défini. On peut cependant le représenter approximativement par la formule SbO3 + 5SbS3.
De même que le Kermès, ce composé antimonial est d'autant plus actif qu'il contient plus de tritoxyde. Ses effets sont d'ailleurs ceux des préparations stibiées en général (voy. Tartre stibié), et ses usages sont les mêmes que pour le Kermès minéral, beaucoup plus employé en France.
On l'administre aux mêmes doses que ce dernier.
ETHIOPS MINÉRAL, SULFURE NOIR DE MERCURE, Ethiops minérale.
Angl. Black Sulphuret of Mercury.
V Ethiops minéral n'est autre que du Cinabre (HgS) dont la couleur noire est le résultat d'un état moléculaire particulier, et qui se trouve mélangé avec un excès de soufre.
On employait quelquefois l'Ethiops minéral comme diaphorétique et dans les affections vermineuses à la dose de 20 centigrammes à 1 gramme; mais cette poudre, dénuée d'odeur et de saveur, insoluble par elle-même, serait à peu près inerte sans l'intervention des acides normaux ou accidentels des premières voies. Elle mérite l'abandon dans lequel elle est tombée, malgré les efforts de quelques praticiens distingués. Serres l'a préconisée contre la fièvre typhoïde, où elle a paru agir comme purgatif et comme altérant. Alfred Becquerel croit avoir eu à s'en louer dans la même affection.