DURES
PROTOIODURE DE MERCURE, Ioduretum hydragyrosum.
Angl. Subiodide of Mercury. — Ail. lodetum hydrargyrosum.
Action physiologique. — Le Protoiodure hydrargyrique (Hg2I), insoluble dans l'eau et l'alcool, se dissout dans Téther et un peu dans la solution d'Iodure de Potassium. Il est volatil et très-peu stable, puisqu'il se décompose à la lumière du jour.
A fortes doses, c'est un poison irritant dont il ne faut pas plus de 2 à U grammes pour tuer un chien.
A petites doses répétées, il jouit des vertus altérantes des composés hydrargyriques (voy. Mercure); seulement il marche l'égal du Calomelpour la facilité de faire saliver et de produire la stomatite spéciale.
Substances synergiques, auxiliaires. — Ce sont les mercuriaux et les iodiques (voy. Iode, Mercure).
Substances antagonistes, incompatibles. — Antidotes, contrepoisons. — Les antagonistes et les antidotes de l'Iodure mercureux sont ceux du Mercure et de l'Iode (voy. ces mots). Ses incompatibles sont les agents chimiques capables de décomposer ce sel, particulièrement les acides. La limonade sulfurique additionnée d'amidon me semble pouvoir prévenir en partie l'absorption et les effets constitutionnels du Protoiodure hydrargyrique en donnant lieu à du sulfate de mercure basique insoluble et à de l'iodure d'amidon.
Usages. — Modes d'administration et doses. — Le Protoiodure hydrargyrique est affecté exclusivement au traitement des maladies syphilitiques, et particulièrement à celui des accidents secondaires. C'est Ricord qui l'a surtout mis en honneur. On pourrait croire, d'après sa composition, que cette préparation répond aux exigences des deux périodes de la syphilis constitutionnelle : oui, si le Mercure suffit ; non, si le cas réclame des quantités d'Iode un peu fortes. En effet, la dose quotidienne n'étant guère que de 10 à 20 centigrammes, le malade ne prend pas journellement plus de U à 8 centigrammes d'iode au maximum, ce qui est tout à fait insignifiant.
Le Protoiodure n'en possède pas moins toutes les vertus des meilleures préparations hydrargyriques, et mérite la faveur dont il jouit auprès des praticiens dans le traitement de la syphilis secondaire; mais il faut se méfier des accidents qu'il détermine du côté de la bouche, surtout aux doses relativement . massives sous lesquelles on l'administre d'ordinaire (2, 3 et k pilules de 5 centigrammes par jour). D'après ma propre expérience, on obtient des résultats thérapeutiques aussi sûrs en fractionnant davantage, et je ne prescris depuis longtemps que des pilules d'un centigramme au nombre de 2 à 8 au plus dans les vingt-quatre heures. La dose la plus faible est toujours suffisante chez les jeunes sujets depuis l'âge d'un mois jusqu'à celui d'un à deux ans. Au lieu de la leur donner sous forme pilulaire, on la fait plus souvent pénétrer en frictionnant l'intérieur de la bouche.