‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource] (volume 2)Chapitre 195 sur 276 · CYANURE FERRÔSO - FE R RIQUE · texte numérisé non relu

CYANURE FERRÔSO - FE R RIQUE

soluble, et exhale à l'air l'odeur d'acide cyanhydrique. Décomposable par tous les acides, il forme des sels doubles avec la plupart des métaux, dont il dissout les oxydes, les chlorures et divers composés.

L'action physiologique du Cyanure de Potassium est nécessairement semblable à celle de l'Acide cyanhydrique (voy. ce mot), puisque l'acide carbonique de l'air suffit à chasser l'acide cyanhydrique de sa combinaison avec le Potassium.

Les synergiques et auxiliaires du Cyanure de Potassium sont les agents des médications sédative et antispasmodique. Ses contre-poisons et antidotes, ainsi (pie ses incompatibles, sont les mêmes que pour l'Acide hydrocyanique. II serait de plus incompatible avec les acides, s'il possédait des propriétés différentes de celles de l'Acide cyanhydrique lui-même, et si l'on pouvait compter sur son inaltérabilité en présence du gaz carbonique et des acides des premières voies.

Employé autrefois pour la préparation extemporanée de l'Acide cyanhydrique, le Cyanure de Potassium est rarement usité en médecine. On ne s'en sert presque jamais pour l'usage interne; cependant Josat l'a prescrit contre l'hystérie et la chorée. On l'emploie en applications topiques sur les tempes et le front dans les migraines, les céphalalgies et névralgies rebelles ou violentes (Trousseau et Pidoux, Bonnet).

Modes d'administration et doses. — Le Cyanure de Potassium se donne à l'intérieur en pilules, en sirop ou en potion, à la dose de 1 à 5 centigrammes. On peut arriver graduellement jusqu'à en donner 20 centigrammes. A l'extérieur, on l'emploie en solution soit dans l'eau, soit dans un mélange à parties égales d'eau, d'alcool et d'élher (Trousseau), à raison de 50 centigrammes pour 100 grammes de véhicule. On imbibe de la liqueur des compresses qu'on applique sur la région douloureuse.

CYANURE EERROSO-FERRIQI/E, RLEL DE PRIS*»!:, C ynnu returu ferroso-ferricum.

Angl. Sesqui-ferro-cyanide of Iron. — Ail. Eisenblau.

Le Bleu de Prusse (3FeCy,2Fe2Cy3) est un produit de décomposition des matières animales en présence du fer. Il est insoluble dans l'eau, l'alcool et les acides minéraux dilués.

Action physiologique. — L'action locale est nulle. Les effets généraux du Cyanure ferroso-ferrique, insensibles chez les sujets bien portants, ne se traduisent, dit-on^ que par la cessation ou l'amendement de certains phénomènes morbides.

I sages. — Le Bleu de Prusse sert en pharmacie pour préparer le Cyanure de Mercure.

En médecine, il est réputé altérant, tonique et fébrifuge.

Zollickofïer, liasse et d'autres l'ont préconisé contre la lièvre intermittente;

CYANURES.

Kirkhoff, contre l'épilepsie; Bridges, contre les névralgies faciales. Aucune de ces applications n'est encore parfaitement justifiée par les faits.

Modes d'administration et doses. — A l'intérieur, le Bleu de Prusse se prescrit en pilules à la dose de 20 à 30 centigrammes et davantage, toutes les six ou huit heures.

cyanure DE ZINC, Cyanuretum zincîcum.

Angl. Cy article ov Cyanuret of Zinc.

Le Cyanure de Zinc (ZnCy) se présente en poudre blanche, insoluble dans l'eau et l'alcool, laissant dégager son acide cyanhydrique en présence d'un acide tant soit peu énergique.

Action physiologique. — Elle est probablement analogue à celle de l'Acide cyanhydrique en même temps qu'à celle du Zinc (voy. ces deux mois) . ^

Usages. — On a vanté le Cyanure de Zinc dans les névroses, l'épilepsie, l'hystérie et la chorée; dans les névralgies de l'estomac. On l'a donné aussi avec le Jalap comme anthelminthique, chez les enfants (Henning).

Modes d'administration et doses. — On prescrit 1 à 5 centigrammes de ce sel en pilules, plusieurs fois par jour. On peut le donner, à l'exemple de Henning, avec de la magnésie calcinée et de la cannelle dans la gastralgie liée à l'acescence gastrique.

CYANURE oe MERCURE, Cyanuretum hydrargyricum.

Angl. Perc y anide of Mercury, Prussian Mercury.

Le Cyanure de^Mercure (HgCy), cristallisable en prismes carrés, est incolore, inodore, d'une saveur fortement métallique, soluble dans l'eau froide et chaude, très-peu dans l'alcool.

Action physiologique. — D'après les expériences de Coulon et d'Ollivier (d'Angers) , sur les animaux , le Cyanure de Mercure se comporte comme l'Acide cyanhydrique. Il est presque aussi vénéneux que le Sublimé corrosif. Tiedemann et Gmelin ont retrouvé le mercure dans la veine splénique.

Chez l'homme, à doses faibles, il excite des nausées et des vomissements sans douleurs épigastriques (Parent); plus tard il cause la salivation. A haute dose, il occasionne de l'angoisse, des crampes, surtout des vomissements opiniâtres, une stomatite intense, des palpitations cardiaques et des convulsions.

Les synergiques et auxiliaires de ce composé sont l'Acide cyanhydrique, les préparations mercurielles et leurs analogues au point de vue pharmacodynamique. Les antidotes sont l'Ammoniaque et les stimulants diffusibles, l'Opium et les narcotiques hypérémiants. Ses contre-poisons chimiques et ses incompatibles sont les substances qui jouent ce rôle vis-à-vis de l'Acide cyanhydrique et des Cyanures.

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