‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource] (volume 2)Chapitre 220 sur 276 · ACIDE GALLIQUE · texte numérisé non relu

ACIDE GALLIQUE

Le phosphate de soude a pour but de dissoudre l'Acide benzoïque (Bouchardat).

Sans parler du Benjoin et des benzoates dont les principaux seront étudiés plus loin, l'Acide benzoïque entre dans les Pilules balsamiques de Norton, qui contiennent 6 grammes de cet acide avec une égale quantité d'huile d'anis sulfurée, 9 grammes de gomme ammoniaque, 1 gramme de safran et autant de baume de Tolu. Chaque pilule est de 20 centigrammes. On en prend de h à 10 par jour.

ACIDE GALLIQUE, Acidum gallicum.

Angl. Gallic Arid. — Ail. Gallàpfelsaure, Gollussaure.

V Acide gallique (C14H6O10,2H0) existe dans la Galle de Chêne, le Sumac, la Busserole, etc. ; il estsoluble dans l'eau, dans l'alcool et même un peu dans l'éther. Son goût est astringent et acidulé. L'Acide gallique diffère du tannin par un caractère remarquable : celui de ne précipiter ni la gélatine, ni l'albumine et les sels alcalins. Sa solution est inaltérable, pourvu qu'elle soit gardée à l'abri de l'air.

Action physiologique. — L'Acide gallique possède des propriétés semblables à celles de l'Acide tannique, seulement ses effets locaux sont beaucoup moins énergiques, ainsi que le faisait prévoir son impuissance à coaguler les matières albuminoïdes. Il possède toutefois la faculté de resserrer les tissus et de mettre en jeu la contractilité des fibres musculaires de la vie organique: dartoïdes et autres.

Substances synergiques, auxiliaires. — Les autres astringents, les divers stimulants de la contractilité organique : ergot, balsamiques, ont des effets analogues ou semblables à ceux de l'Acide gallique.

Substances antagonistes, incompatibles. — Les mucilagineux, les relâchants, les paralysants des vaisseaux et du système nerveux vaso-moteur agissent en sens inverse.

Usages. — Si l'on doit préférer le tannin pour l'emploi topique sur les plaies, les ulcères et sur les surfaces hypérémiéesou phlogosées, l'Acide gallique est probablement un meilleur astringent pour l'usage interne, en raison de sa plus grande stabilité, de son défaut d'action chimique sur les principes protéiques et de son innocuité pour la muqueuse digestive. A l'exemple de Todd et de Richard Neale, de Granthan et de Saumon, je l'ai administré souvent dans la diathèse hémorrhagique, et surtout dans l'albuminurie. Dans cette dernière affection, à l'état récent, il constitue un moyen décongestionnant trèsefficace et augmente en même temps la diurèse aqueuse. Il est peu utile au contraire dans les cas où la maladie est ancienne, et les lésions organiques trèsavancées. C'est d'ailleurs, avec les astringents en général, un très-bon diurétique toutes les fois que l'anurie est liée à un état d'hvpérémie ou de légère phlogose rénale.

Modes d'administration et doses. — La manière la plus simple d'ad-

ministrcr l'Acide gallique consiste à!e donner en poudre dans du pain azyme. Il est également assez commode de le donner en pilules de 20 à 25 centigrammes, ou de l'enfermer dans des capsules de Lehuby.

On l'a prescrit à l'intérieur à la dose de 30 centigrammes, en dissolution dans 100 grammes d'infusion d'écorce d'orange (Granthan). On peut employer aussi la solution aqueuse pour l'usage externe.

Quelle que soit la forme adoptée, l'Acide gallique se prend à la dose de 30 ou 50 centigrammes à 1 gramme par jour. Cette dernière dose ne doit guère être dépassée.

ACIDE VALÉRIANIQUE, ACIDE YALÉRIQUE, Acidum VCilericum. Angl. Valerianic Acid.

M Acide valérianique (G10Hl0O4) est l'un des principes constituants de la racine de Valériane officinale, et probablement le plus actif. Bouchardat pense qu'il ne préexiste pas, mais se forme en vertu d'une sorte de fermentation. Il reproduit assez exactement les propriétés de la plante, mais on ne l'emploie pas à l'état libre. C'est seulement sous forme de Valérianate de Soude ou d'Ammoniaque, de Zinc, de Fer ou de Quinine qu'on en fait usage.

acide lactique, Acidum lacticum.

Angl. Lactic Acid. — Ail. Milchsaure.

L' Acide lactique (C6HG06) prend naissance aux dépens du sucre de lait, et donne sa réaction au lait aigri. Il se montre également dans la choucroute, et constitue l'un des ingrédients essentiels du suc gastrique. De plus, on Je trouve dans la chair musculaire et dans tous les fluides animaux.

Les matières ternaires : sucre, amidon ou fécule, donnent plus facilement de l'Acide lactique que de l'acide acétique, lorsque la fermentation a lieu en présence d'une petite proportion de matière grasse, circonstance qui se réalise habituellement dans l'économie animale.

Action physiologique. — L'Acide lactique, faisant partie constituante du suc gastrique, joue nécessairement un rôle dans la digestion stomacale. Quand on en introduit du dehors dans le tube digestif, cet acide, absorbé et porté dans le torrent circulatoire, s'échappe sans doute par la sueur et les urines, sécrétions rarement alcalines auxquelles il peut en conséquence restituer leur réaction normale.

Usages. — En raison de ses deux propriétés, l'Acide lactique a été recommandé dans la dyspepsie et l 'affection calculeuse phosphatique, laquelle se lie à l'alcalescence habituelle de l'urine compliquant le catarrhe vésical et succède souvent à la gravelle urique.

Magendie l'a conseillé le premier dans les troubles digestifs par insuffisance de suc gastrique, et le docteur O'Connor va jusqu'à prétendre qu'il est plus puissant que la pepsine elle-même.

Plus récemment, l'Acide lactique et ses combinaisons salines ont été de

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nouveau mis en avant par Pétrequin (de Lyon), qui en a retiré les meilleurs effets.

Les soupes aigres qu'on mange en Pologne et dans certaines contrées du Nord doivent peut-être leur popularité à ce qu'elles apportent un uiile auxiliaire à la digestion stomacale. 11 esta remarquer que tel estomac qui ne peut supporter les choux au naturel digère aisément la choucroute imprégnée d'un suc où domine l'Acide lactique.

Modes d'administration et doses. — On prépare une Limonade lactique avec : Acide lactique liquide, 2 grammes; eau, 1 litre; sirop simple, 50 grammes.

Les Pastilles d'Acide lactique, aromatisées avec la vanille, contiennent chacune environ 15 centigrammes de principe actif.

ACIDE TANNIQUE, TANNIN, Acidum tannicum.

Angl. Tannic Acid. — AU. Tanninum.

La plupart des plantes astringentes doivent leurs propriétés spéciales à la présence du Tannin (C&4H22031). Mais ce principe immédiat n'est pas absolument identique dans toutes les espèces végétales. Tantôt il précipite en noir bleuâtre les persels de fer (Tannin du Chêne, de la Noix de galle, etc.), tantôt il les précipite en vert (Tannin du Quinquina), et tantôt en gris (Tannin de la Ratanhia et du Cachou), d'où les trois variétés désignées sous les noms d'acides quercitannique, quinotannique et mimotannique.

Le Tannin possède une réaction légèrement acide et une saveur fortement styptique. Soluble dans l'eau, l'alcool et l'éther, insoluble dans les huiles grasses et volatiles, il précipite de leurs solutions, la morphine et les principaux alcalis, l'albumine et la fibrine, l'albuminose et la caséine, ainsi que la gélatine, et forme avec ces dernières substances, comme avec les tissus animaux, des composés imputrescibles. C'est en cela que consiste le tannage des peaux.

Action physiologique. — Aussi l'Acide lannique est-il le plus puissant des astringents végétaux, et son action styptique se fait-elle sentir énergiquement sur toutes les muqueuses.

Mais le Tannin, mêlé en très-faible proportion aux matières albuminoïdes, s'y combine sans les coaguler, et pénètre avec elles par absorption dans les vaisseaux sanguins. On a pu acquérir la preuve de sa présence dans le sang, par l'imputrescibilité que ce dernier manifeste, chez les chevaux, à la suite de l'ingestion d'une 'centaine de grammes de Tannin en cinq jours (Henri Bouley, communication orale). Outre ses effets chimiques, le Tannin possède une action stimulante sur la contractilité organique et met en jeu la motricité des différentes fibres qui en sont douées. Le premier effet des astringents tanniques sur l'intestin est souvent de provoquer l'exonération par le moyen de l'excitation réflexe des fibres contractiles de l'intestin; mais consécutivement il amène toujours la constipation en réduisant la sécrétion de la muqueuse.

Le Tannin diminue aussi dans les autres organes les hypercrinies avec les hypérémies dont elles dépendent. Cependant il peut accroître le flux aqueux qui traverse les reins, lorsque la rareté des urines et leur densité excessive se rattachent à une congestion sanguine, accompagnée des symptômes d'une véritable phlogose rénale.

Dans la circulation, l'Acide tannique se convertit en Acides gallique et pyrogallique, composés plus oxydés que lui-même. Il est représenté dans les urines par ces différentes combinaisons.

Substances synergiques, auxiliaires. — L'Acide gallique, les acides végétaux et minéraux, les styptiques métalliques, sont synergiques du Tannin, quant à sa vertu astringente ; les aromatiques en sont les auxiliaires pour les effets hémostatiques; les amers astringents, les ferrugineux, les fébrifuges, pour les effets toniques.

Nous ne parlons pas de certaines combinaisons d'Acide tannique avec des bases métalliques ou terreuses ayant déjà par elles-mêmes des qualités styptiques. Le Tannate de Plomb a tous les inconvénients des sels de Saturne; celui de Zinc n'a aucun avantage sur le Tannin seul ; le Tannate de Bismuth est inférieur au sous-nitrate, comme absorbant; enfin le Tannate d'Alumine n'est pas tout à fait défini.

Substances antagonistes, incompatibles. — Les fluidifiants du sang ou antiplastiques : les mercuriaux, les alcalins, l'ammoniaque particulièrement, sont opposés au Tannin.

En outre, pour éviter l'inconvénient de faire de l'encre et de noircir les lèvres, les dents et la langue, il ne faut pas administrer successivement du Tannin et une préparation ferrugineuse soiuble. On ne doit pas davantage l'associer aux autres sels métalliques, spécialement à ceux d'antimoine, non plus qu'à la gélatine et aux matières albuminoïdes, qu'il précipite.

Usages. — Le Tannin est fréquemment employé comme tonique et astringent : 1° dans les hémorrhagies du tube digestif, des poumons, des reins et de l'utérus; 2° dans les (lux muqueux, séreux ou purulents, soit topiquement contre la blennorrhagie, les flueurs blanches, la conjonctivite (Desmarres, Hairion, etc.), soit après absorption contre le catarrhe pulmonaire ou intestinal, les hydropisies et l'albuminurie (Garnier); 3° dans les cas de sueurs profuses, chez les fébricitants et les tuberculeux (Charvet, Woillez); k° dans les prolapsus de la muqueuse rectale, l'allongement excessif de la luette, et d'autres cas analogues; 5° dans les inflammations simples, pultacées et pelliculaires des muqueuses, spécialement dans les angines. On a voulu trouver dans le Tannin des propriétés anlhelminthiques qu'il ne possède guère. En outre, Chansarel l'a préconisé comme antipériodique. Scott Alison le considère comme efficace dans la dyspepsie atoniquc, dans la langueur nerveuse. Il l'emploie pour accélérer la formation des globules sanguins et retarder celle des produits hétéromorphes. Ce serait aussi un antidote contre les vomissements excessifs provoqués par l'Ipécacuanlia. Enfin, quelques

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