SAVONS
d'une saveur légèrement alcaline, complètement soluble dans l'eau distillée et dans l'alcool affaibli. De plus, les savons et les corps gras en général, ainsi que les essences, se servent de dissolvants mutuels.
A.CTION physiologique. — Le Savon exerce une action irritante sur la peau dénudée et sur les muqueuses, principalement sur la conjonctive. Dans la bouche, il excite en outre, par action réflexe, l'afflux de la salive; dans l'intestin grêle, il stimule les sécrétions pancréatique et biliaire, et, directement ou par l'intermédiaire de cette bypercrinie, il sollicite la contractilité intestinale. De là résulte une tendance à la diarrhée, ou même une véritable purgation lorsque la dose est suffisante. Mais, avant de parvenir au duodénum, le Savon traverse l'estomac, dont il trouble les fonctions, moins sans doute par la saturation des acides gastriques que par la mise en liberté des acides gras provenant de sa décomposition. Quoi qu'il en soit, le Savon diminue l'appétit et entrave le travail digestif.
Dans la circulation, l'Oléate de Soude se comporte à la manière des alcalins (voy. Bicarbonate de Soude, page 398). Il s'élimine probablement en partie par les reins, car les vétérinaires l'emploient comme diurétique.
Usages. — Les usages du Savon médicinal sont nombreux et variés. On utilise ses propriétés antacides dans les empoisonnements et quand on n'a pas d'autre alcalin sous la main ; mais il ne convient pas autant que les carbonates sodique, calcaire ou magnésien dans la dyspepsie acescente.
Gomme purgatif il n'est pas employé seul, mais associé à d'autres substances cathartiques : rhubarbe, scammonée, onguent mercuriel, etc., pour vaincre la constipation habituelle ou stimuler la sécrétion biliaire.
Le Savon médicinal est aussi administré comme altérant pour résoudre les engorgements glandulaires et viscéraux, spécialement les états morbides, tels que cirrhose et oblitération des conduits biliaires, confondus sous le nom d'obstructions du foie ; dans ces derniers cas, il agit en outre par ses propriétés cathartiques.
On s'en sert rarement en qualité de diurétique et de dialytique ou litkonlytique, bien que son mélange avec l'eau de chaux ait été considéré par quelques praticiens comme le meilleur agent de dissolution des calculs uriques ; son action relâchante et les inconvénients qu'il présente au point de vue des fonctions gastriques s'opposent à l'emploi prolongé de doses élevées.
L'usage du Savon à l'intérieur est préconisé contre les calculs biliaires. On fait valoir sa faculté de dissoudre un quart de son poids de cholestérine, et la facilité qu'il rencontre à pénétrer dans le foie dès qu'il est pris à doses assez faibles pour ne pas provoquer d'effets purgatifs. Mais les minimes quantités qui passent ainsi dans la sécrétion hépatique ne sauraient avoir sur les calculs biliaires qu'une action dialytique insignifiante. En revanche, elles peuvent prévenir la formation de nouveaux dépôts de cholestérine.
À l'extérieur, le Savon amygdalin, comme ceux de toilette, peut servir â nettoyer la surface cutanée de la couche de matière épidermique et sébacée