‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource] (volume 2)Chapitre 261 sur 276 · PRIX FRANCO PAR LA POSTE : 12 FR · texte numérisé non relu

PRIX FRANCO PAR LA POSTE : 12 FR

Les efïels que produit l'empoisonnement chez l'homme constituent une maladie accidentelle dont les symptômes, la marche, les formes diverses, les signes diagnostiques, les différentes terminaisons, les lésions anatomiques, le traitement constituent autant d'éléments indispensables à connaître et dont la médecine légale autant que la médecine pratique ont besoin, l'une pour en déduire la solution des questions nombreuses dont se compose l'expertise en matière d'empoisonnement, l'autre pour apprendre à prévenir, à reconnaître et à combattre une maladie toujours grave, une cause de mort souvent obscure. Et ce sont précisément ces éléments qui manquent presque

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complètement dans l'étude que l'on avait faite jusqu'ici de l'empoisonnement, aussi bien au point de vue de la pathologie et de la clinique que de la médecine légale.

Convaincu que tout ou presque tout était à refaire sur ce point, pénétré des devoirs que lui impose son enseignement, M. le professeur Tardieu s'est mis à l'œuvre et a repris par la base l'étude de chaque espèce d'empoisonnement. Recueillant les faits épars, il les a soumis à une exacte et minutieuse analyse, et s'est efforcé de reconstituer pour chacune d'elles le tableau fidèle de la maladie telle que chaque poison l'engendre chez l'homme. M. Tardieu est arrivé ainsi à donner aux applications que réclame la médecine légale un fondement solide, sur lequel pourront s'appuyer également la pathologie et la clinique de l'empoisonnement.

Les principes d'après lesquels ce travail a été conçu sont développés dans les considérations générales placées au commencement de cette étude. L'empoisonnement y est envisagé d'une manière plus vraie qu'on ne l'a fait jusqu'ici et étudié suivant une méthode plus médicale et véritablement clinique.

M. Tardieu s'est attaché particulièrement, après avoir fait connaître les conditions dans lesquelles il s'accomplit d'ordinaire, à donner une description étendue et aussi exacte que possible des symptômes et des lésions, de la marche et des différentes formes de chaque genre d'empoisonnement. Passant ensuite en revue toutes les questions médico-légales que peuvent faire naître les divers cas d'empoisonnement, il a cherché à fixer les éléments du diagnostic, à faire ressortir les signes tirés des symptômes et des lésions qui peuvent permettre de distinguer chaque espèce des maladies spontanées ou des autres empoisonnements avec lesquels on pourrait le confondre; il s'est efforcé de déterminer avec précision les doses auxquelles commence l'action vénéneuse de telle ou telle substance, le temps que chaque poison met à agir, la durée que peut avoir chaque empoisonnement. On ne niera pas que ces données n'intéressent au même degré le médecin légiste et le médecin praticien.

Mais il est un ordre de signes qui n'est pas moins indispensable que les précédents et dont l'expertise médico-légale ne peut se passer pour reconnaître et démontrer un empoisonnement; ce sont les signes que fournit la recherche du poison. C'est ici que l'intervention de la chimie est nécessaire; c'est à celte science qu'il faut demander le complément des indications obtenues à l'aide de l'observation

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clinique et de l'anatomie pathologique. Cette partie ne sera pas la moins intéressante, car M. Roussin, professeur agrégé à l'École impériale du Val-de-Grâce, y a consigné l'exposé de méthodes entièrement neuves et les résultats de recherches qui lui sont propres et qui ont pour garantie, outre sa science bien connue, l'expérience déjà longue qu'il a acquise des difficultés particulières des expertises en matière d'empoisonnement.

La chimie n'est pas la seule science sur laquelle doive s'appuyer la médecine légale pour éclairer les diverses questions que soulève l'empoisonnement. Plus que jamais, à notre époque, la physiologie lui vient en aide, et l'un des traits les plus intéressants et les plus originaux de cet ouvrage consiste précisément dans l'application méthodique de l'expérimentation physiologique à la recherche, à la démonstration de certains poisons, notamment des substances organiques sous l'influence desquelles l'économie vivante donne des réactions plus sensibles et plus sûres que tous les agents chimiques. Il y a là, dans l'histoire médico-légale de l'empoisonnement, une doctrine nouvelle qui a déjà rendu des services réels dans la pratique et dont l'avenir confirmera et fera prévaloir les avantages.

On a cru utile de donner pour chaque empoisonnement un choix d'exemples puisés dans la science ou dans la propre pratique de l'auteur; les uns consistant en observations cliniques propres à confirmer par le contrôle des faits particuliers, les descriptions pathologiques ; les autres comprenant des rapports et des expertises complètes, destinés à éclairer dans leur application pratique les questions médico- légales qui se rapportent aux principales espèces d'empoisonnement ; à cette occasion seront citées ou résumées d'une manière exacte les grandes affaires criminelles qui, tant en France qu'à l'étranger, ont à diverses époques suscité des,débats intéressants pour la science.

L'ouvrage est divisé en deux parties : la première qui comprend une Étude de l'empoisonnement en général, c'est-à-dire des circonstances dans lesquelles se produisent, dans la pratique de la médecine légale, les faits d'empoisonnement et les conditions d'expertise; du mode d'action des substances vénéneuses; des cas de mort naturelle et des maladies spontanées qui peuvent être attribuées à un empoisonnement; des procédés d'expertise à suivre en cette matière : autopsie cadavérique et exhumation, examen physique et microscopique, analyse chimique, expérimentation physiologique; et des questions médico-légales relatives à l'empoisonnement. La seconde

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partie comprend, outre les dispositions légales qui régissent la vente, l'achat et l'emploi des substances vénéneuses, et la statistique de l'empoisonnement criminel, I'Étude particulière clinique, chimique ET MÉDICO-LÉGALE DES PRINCIPALES ESPÈCES D'EMPOISONnement réparties en cinq groupes : irritants ou corrosifs (acide sulfurique, nitrique, chlorhydrique, oxalique, tartrique, potasse, soude, ammoniaque, drastiques) ; hyposthénisants (arsenic, phosphore, sel de cuivre, sublimé corrosif, sel de mercure, émétique, sel de nitre, sel d'oseille, digitale et digitaline); stupéfiants (préparations de plomb, belladone, atropine et les autres solanées vireuses, jusquiame, morelle, datura, tabac et nicotine, ciguë et conicine, aconit et aconitine, champignons, curare, chloroforme, alcool); narcotiques et nèvrosthèniqws (strychnine et noix vomique, acide prussique, cantharides).

Deux planches et cinquante-trois figures intercalées dans le texte éclairent et complètent les descriptions.

En résumé, ce livre n'est pas un traité dogmatique, ni l'histoire didactique d'une science spéciale ; mais une étude clinique de maladies accidentelles généralement peu connues, et un chapitre de médecine légale dont l'importance justifie l'étendue, et dans lequel est étudié, au point de vue de la pratique, un des genres de mort violente les plus redoutables, un crime que la justice ne saurait atteindre sans le secours de la science.

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