‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource] (volume 2)Chapitre 273 sur 276 · TROISIÈME ÉDITION · texte numérisé non relu

TROISIÈME ÉDITION

Revue et augmentée, 3 vol. grand in-8° avec portrait de M. le professeur

Trousseau. — - Prix : 30 fr.

Cette troisième édition a subi d'assez importantes modifications. Pour accomplir ce travail, M. Trousseau avait choisi son ancien chef de clinique, M. Michel Peter, aujourd'hui professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris et médecin des hôpitaux. Les deux premiers volumes ont été revus et corrigés d'après les inspirations et sous le contrôle de M. Trousseau. C'est en se conformant aux inspirations de son maître que M. Peter a modifié le troisième volume : alors l'illustre professeur avait ces>é de vivre ; mais il avait laissé des instructions qui ont été religieusemen suivies. Interprète d'un maître vénéré, M. Peter s'est efforcé de ne pas être inférieur à sa tâche, et de rendre fidèlement les,derniers échos de cette voix dont la savante éloquence s'est éteinte à jamais.

Parmi les additions les plus considérables à la troisième édition, on peut citer les Recherches sur la température dans les maladies, et, en particulier, dans les fièvres éruptives et la dothiénentérie, la dégénérescence granuleuse et cireuse des muscles et la leucocytose dans la fièvre typhoïde, la forme spinale et cérébro-spinale de cette affection; — l'application du sphygmogra.phe aux maladies du cœur et à l'épilepsie, du laryngoscope aux lésions du larynx, de Yophlhalmoscope aux affections du cerveau.

Indépendamment de ces additions^ dont on ne mentionne que les principales, un grand nombre de leçons ont été retouchées, quelques-unes môme refondues; ainsi la leçon sur Yaphonie et la cautérisation du larynx, gui a été complètement refaite, en raison des notions nouvelles fournies par 'le laryngoscope ; — la leçon sur la rage; — celle sur Y alcoolisme , où ont été introduites les recherches de précision dont s'est enrichie la science contemporaine. Après ces leçons, on peut citer comme ayant été le plus largement modifiées, celles sur Y aphasie, la maladie d'Addison, Yadénie, Yhématocèle pelvienne, Y infection purulente puerpérale, et la phlegmalia alba dolens.

Des observations de malades ont été ajoutées, toutes les fois qu'elles apportaient à la leçon une clarté plus grande ou de nouvelles notions.

J.-B. BAILL1ËRE ET FILS, RUE HAUTEFE UILLE, 19.

Dans une brillante introduction, M. Trousseau trace les conditions auxquelles un enseignement est profitable, puis il montre comment le médecin arrive plein de savoir et de capacité à la pratique de son art. En tête de l'ouvrage se placent les fièvres éruptives. M. Trousseau en signale ainsi l'importance. Il passe successivement en revue la variole, l'inoculation variolique, la vaccine, la varicelle, la scarlatine, la rougeole, la roséole, la dothiénentérie, le typhus. Les fièvres éruptives ayant offert à M. Trousseau les types les mieux caractérisés des maladies spécifiques, il s'arrête sur la question de la spécificité et de la contagion. M. Trousseau traite ensuite des exanthèmes , qui lui présentent un point commun avec les fièvres éruptives, l'éruption. De nombreuses leçons sont consacrées à lerythème noueux, à l'érythème papuleux, à l'érysipèle, aux oreillons, à l'urticaire, au zona, aux exanthèmes sudoraux, à la dothiénentérie.

M. Trousseau embrasse dans un tableau étendu les angines ; il parle successivement de toutes les espèces d'angines couenneuses de la gorge qui ont été confondues et donnent le plus souvent encore lieu à des erreurs de diagnostic, particulièrement de l'angine couenneuse commune (herpès du pharynx). Il décrit les angines gangréneuses par excès d'inflammation, survenant comme complication de maladies graves, qui débilitent profondément l'économie, puis comme complication des angines couenneuses, scarlatineuses, de l'angine diphthérique, enfin l'angine gangréneuse primitive et l'angine phlegmoneuse.

Le muguet, que bien des auteurs confondent avec les affections couenneuses, est l'objet d'un chapitre important. M. Trousseau étudie avec les micrographes les lésions pathologiques qui caractérisent le muguet, les diverses espèces de muguet, puis arrive au traitement. A propos de l'angine striduleuse, il établit le diagnostic différentiel entre le croup et le faux croup, il montre combien l'angine striduleuse diffère du croup pseudo-membraneux par sa nature, par le mode d'invasion des accès, par la marche des accidents, il donne ses caractères particuliers, son pronostic et son traitement.

M. Trousseau traite de l'angine diphlhérique et du croup, de la diphthérie maligne, des localisations diverses de la diphthérie, de la diphthérie buccale. Il étudie encore la nature, le mode de transmission de la diphthérie, les altérations du sang, les intoxications générales, enfin les perturbations apportées dans l'organisme par le principe morbide qui engendre la diphthérie. Le savant clinicien s'arrête longuement sur la nature, les causes, les caractères de la paralysie diphthérique, sur les formes graves qu'elle présente, sur sa terminaison trop souvent fatale, et le traitement à opposer à ces paralysies ; passe en revue les diverses médications proposées pour le traitement de la diphthérie et du croup, les procédés plus sûrs imaginés pour le cathétérisme du larynx, qu'il a expérimentés lui-même. M. Trousseau décrit ensuite le manuel opératoire de la trachéotomie. Il insiste sur les conditions dans lesquelles elle doit être pratiquée, sur le pansement, sur la cautérisation de la plaie, etc.

Nous mentionnerons seulement les principales affections bronchiques et pulmonaires qui occupent environ trois, cents pages. Ce sont : la dilatation des bronches et la bronchorrhée, l'hémoptysie, la phthisie pulmonaire, la gangrène du poumon, la pleurésie et les épanchements traumatiques de sang dans la plèvre, la paracentèse de la poitrine, les hydatides du poumon, les abcès pulmonaires, vomiques péripneumoniques, la pneumonie (la pneumonie franche exempte de toute complication, la pneumonie érysipélato-phlegmoneuse, avec délire, enfin la pneumonie du sommet), qui terminent le Tome Ier.

j.-B. BAILLIÈRE ET FILS, RUE HAUTE FEUILLE, 19.

Le Tome II commence avec la péricardile et la paracentèse du péricarde, et les affections organiques du cœur. Il parle ensuite de l'indication ou plutôt de la contre-indication de la saignée dans l'hémorrhagie et d'une manière plus générale dans l'apoplexie cérébrale. M. Trousseau appelle en passant l'attention du lecteur sur la valeur sémiotique de la paralysie faciale dans le cas où celte paralysie indépendante d'une affection portant exclusivement sur le nerf de h!i septième paire, se lie à une lésion de l'hémisphère cérébral du côté opposé: il dit ensuite quelques mots du diagnostic différentiel entre, le ramollissement du cerveau et l'hémorrhagie. Dans une autre leçon, M. Trousseau montre qu'on a singulièrement abusé de la congestion cérébrale pour expliquer des accidents cérébraux dans la production desquels celte congestion ne jouait absolument aucun rôle, que les prétendues congestions cérébrales apoplectiformes sont, beaucoup plus souvent qu'on ne le croit, en général, liées à l'épilepsie; enfin il prouve qu'indépendamment de l'épilepsie, un grand nombre de cas de prétendues congestions cérébrales, de ce qu'on appelle vulgairement le coup de sang, doivent être rapportés à ces accidents éclamptiques que l'on désigne sous le nom de convulsions internes. Les leçons suivantes sont consacrées à l'épilepsie, à la névralgie épileptiforme, aux convulsions de l'enfance, à l'éclampsie des femmes enceintes et en couches, à la tétanie, aux chorées (danse de Saint-Guy, chorée systématique ou rhythmique, tic douloureux et non douloureux, crampe des écrivains, chorées hystériques, toux hystérique), au tremblement sénile et à la paralysis agilans, à la fièvre cérébrale, à l'hémiplégie alterne, à la paralysie faciale ou paralysie de Bell, à la paralysie glosso-pharyngée , à l'alcoolisme.

Signalons d'une façon spéciale la leçon sur les névralgies ; il en indique les principales formes (symptomatiques, soit d'une lésion locale, soit d'une affection générale, rhumatismales, syphilitiques, etc.), et les divers traitements à leur opposer. Puis, sont développés la rage, l'asthme, la coqueluche et les complications qui surviennent^dans le cours de cette maladie, l'angine de poitrine étudiée comme symptôme d'une affection organique du cœur et des gros vaisseaux, ou comme maladie essentielle liée à une diathèse rhumatismale ou goutteuse, à la maladie de Graves, etc. Signalons ici cette intéressante et singulière maladie dont M. Trousseau cite quelques exemples pour la montrer sous différentes formes, dont il discute la nature et contre laquelle il signale les bons effets de l'hydrothérapie. Les leçons sur l'atrophie musculaire progressive, sur l'aphasie ont eu trop de retentissement pour que nous nous y arrêtions. Le Tome II se termine par l'étude des pertes séminales, de l'incontinence nocturne de l'urine, de la glycosurie, du diabète sucré, de la polydipsie et du rhumatisme cérébral.

Le Tome III débute par une étude clinique sur le verligo à slomacho lœso. Vient ensuite Ja dyspepsie, que M. Trousseau considère bien moins comme une maladie que comme un phénomène commun à un grand nombre de maladies, il en étudie les principales formes et expose ses divers moyens d'action pour la combattre. Il étudie ensuite la gastrite chronique, l'ulcère chronique simple de l'estomac, la diarrhée, le choléra infantile, l'allaitement, la première dentition des enfants, le sevrage, la dysenterie, la constipation, la fissure à l'anus, les occlusions intestinales, les coliques hépatiques, les calculs biliaires, les kystes hydatiques, l'ictère grave, la syphilis des enfants nouveau-nés, la goutte, le rhumatisme noueux, le rhumatisme articulaire aigu, l'endocardite ulcéreuse, les fièvres palustres (intermittentes), le rachitis, la chlorose vraie ei !es fausses chloroses, la cirrhose, la maladie d'Addison, la leucocythémie, l'adénite, l'aménorrhée, la fièvre ménorrhagique, Thémalocèle pel-

Page 1