POIVRE NOIR
POIRÉE ou BETTE, /Jeta Cicla, L. — CHÉNOPODAGÉES. Àngl. Beet. — AU. Rùben-Mangold, Beet.
Le Beta Cicla est l'une des deux variétés cultivées du Beta maritima, commun sur nos côtes. L'autre variété est la Betterave, ou Beta vulgaris.
Les feuilles de Bette sont larges, tendres, insipides et émollientes, qualités qui leur valent deux emplois : l'un comme aliment herbacé, analogue aux Épinards, l'autre comme moyen de protection des surfaces excoriées ou atteintes d'inflammation.
Les feuilles de Poiréc, préalablement ramollies a la flamme ou sur une plaque chauffée, servent habituellement à couvrir les vésicatoires et à entretenir les suppurations.
POIVRE A QUEUE. — Voy. CïïBÈBE.
POIVRE OE GUINÉE. — Voy. PIMENT DES JARDINS.
POIVRE DE LA JAMAÏQUE. — Voy. PIMENT DE LA JAMAÏQUE.
poivre uo\G, Chavica officinarum ou Chavica Roxburghii, Miq. ; Viper longum, L. — PlPÉRACÉES.
Angl. Common long Pepper. — AU. Spanischer Pfeffer.
Le Chavica officiuuruni se trouve à l'état sauvage parmi les buissons, au bord des cours d'eau de certaines contrées de l'Inde, ainsi qu'aux Philippines, au Pérou et peut-être au Brésil. On le cultive au Bengale pour ses chatons de fruits.
( .< imposition, — Ceux-ci contiennent, d'après Dulong : matière grasse, acre, résineuse .', huile volatile, pipérin, extraclif azoté, gomme, bassorine, amidon, malates et autres sels.
L'huile volatile est incolore, d'une odeur désagréable et d'un goût acre.
Action imivsioi.uchjle et usages. — Le Puirrc long possède des propriétés physiologiques analogues à celles du Poivre noir, seulement inoins intenses (Cu lien, Bergius), bien qu'il soit plus âcre, selon d'autres auteurs. Il peut servir aux mêmes usages domestiques et médicinaux. Dans l'Inde, on le prend en infusion, contre les maux d'estomac, ou dans du miel, (outre le catarrhe pulmonaire. '
il entre dans le Mithridaie^ la Thériaque% le Diascordiutn^ X Emplâtre > pispastique, etc.
POIVRE NOIR, Pip rnigrum, L. — PlPÉRACÉES Angl. Black Pepper. — AU. Schwartzer Pfeffer.
Le Pi/» r tiigrum est cultivé dans 1 Inde et les îles adjacentes, ainsi (pi eu Amérique.
Composition, — Les fruits du Poivre mur. analysés par iviicticr. on
donné : résine molle acre, huile volatile, pipérin, extractif azoté, gomme, bassorine, amidon, acides malique et tartrique, potasse, sels de chaux et de magnésie, fibre ligneuse.
Le Poivre blanc, qui n'est autre que le Poivre noir décortiqué, n'a perdu aucun de ces principes immédiats, car Poutet y a retrouvé le Pipérin.
La résine de Poivre, soluble dans l'alcool et l'éther, moins dans les huiles volatiles, possède au plus haut degré les qualités acres du fruit lui-même. Elle a été employée contre la fièvre intermittente plusieurs fois avec succès par Lucas.
V huile volatile (C,0H8) reproduit également le goût et l'odeur du Poivre. On en a fait usage dans quelques formes de dyspepsie liées à la débilité générale. Selon Méli, elle jouit des mômes vertus fébrifuges que le Pipérin, peut-être parce qu'elle retient une partie de ce principe (Pereira).
Le Pipérin (C34Hl9Az06), découvert par OErsted, est cristallisé, insoluble dans l'eau froide, légèrement soluble dans l'eau chaude, assez soluble dans l'éther. L'alcool est son meilleur dissolvant. Il est insipide et inodore, ce qui ne l'a pas empêché d'être recommandé par plusieurs médecins comme antipériodique. Il passe même pour être d'un effet plus certain et plus prompt que le sulfate de Quinine, en même temps qu'il est moins cher. La dose est de 30 à 60 centigrammes en poudre ou en pilules. Plus de 3 grammes pris en vingtquatre heures (Saint-André) n'ont été suivis d'aucun inconvénient. Magendie a proposé d'administrer le Pipérin dans la blennorrhagie.
Action physiologique. — L'âcreté excessive du Poivre sur la langue se traduit, sur le tégument externe, par une vive irritation avec rougeur et vésication. Avalé en petite quantité, il donne une sensation de chaleur épigastrique, stimule l'estomac, active la digestion et excite la circulation. A forte dose, il irrite la muqueuse, occasionne une chaleur brûlante dans le ventricule, la soif, l'accélération du pouls, et, si l'ingestion se répète, une véritable gastrite (Wendt, Lange, Jager).
L'action générale du Poivre est stimulante et se manifeste par l'accélération du pouls, la chaleur et la sueur. Cette lièvre, au dire de Van Swieten, peut devenir ardente et dangereuse. Elle s'accompagne d'ardeurs d'urine, probablement d'albuminurie et d'hématurie, et parfois d'inflammation des voies urinaires et des testicules.
Les principes actifs du Poivre agissent sur les muqueuses à peu près comme les autres balsamiques, et diminuent considérablement l'activité du mouvement de formation du mucus et des cellules épithéliales. En traversant les glandes sudoripares, ils déterminent, comme ceux du Copahu, etc., des irritations fugaces, notamment Yurticaria evanida.
Usages. — Le Poivre noir est un des condiments préférés en Europe à cause de son arôme et de son action digestive. Il est efficace dans la dyspepsie atonique ou torpide, et indiqué principalement pour faire digérer les aliments douceâtres, aqueux, froids à l'estomac. Il ne convient pas, au contraire, chez