SCEAU DE SALOMON
Usages. — La Scammonée convient parfaitement aux sujets dont les entrailles sont inactives et torpides, fort mal au contraire à ceux qui souffrent d'une irritabilité ou d'une phlogose des voies digestives. Elle rend particulièrement de bon,s services chez les enfants, à cause de son insipidité et de la petite quantité qu'il en faut pour les purger convenablement. On l'associe fréquemment au calomel, pour obtenir une purgation forte, et à quelques minoratifs, quand on ne recherche qu'un effet cathartique modéré.
Pour en assurer l'action, il serait peut-être utile de faire prendre concurremment une certaine quantité d'une préparation alcaline; cependant Rayer a trouvé que cette addition ne rend pas l'effet purgatif plus marqué. La Scammonée est employée dans la constipation opiniâtre et dans les affections vermineuses, spécialement chez les enfants. En qualité de purgatif hydragogue, elle est un agent de la médication résolutive dans les maladies cérébrales ou thoraciques, pulmonaires et cardiaques, et dans les hydropisies.
Modes d'administration et doses. — La Scammonée se donne en poudre, à la dose de 50 centigrammes à 1 ou rarement 2 grammes, enfermée dans du pain azyme, dans de la confiture ou simplement délayée dans du lait.
La résme de Scammonée se prescrit à la dose de 40 à 60 centigrammes, en potion, dans du lait sucré, et aromatisé d'essence ou d'eau de Lauriercerise (Planche), ou sous forme de savon et de sirojo vanillé. Le savon de résine pourrait être remplacé par un mélange de Scammonée et de savon médicinal.
On en fait une teinture alcoolique au dixième, et une sorte de sirop de Punch additionné de cette solution normale, à raison de 3 grammes, par exemple, pour 30 grammes de sirop, ce qui représente 30 centigrammes de substance active (Lepage). On prépare aussi des biscuits purgatifs à la Scammonée (Meynet), des pilules hijdragogues composées (Ghampouillon), et une poudre antiarthri tique purgative^ qui se prend à la dose de 2 à 5 grammes.
La Scammonée entre dans VElectuaire Diaphœnix, qui est un cathartique assez énergique, et par Ik dans la Potion purgative et le Lavement purgatif des peintres.
Insérée dans un coing qu'on faisait cuire pour corriger l'âcreté du purgatif, la Scammonée prenait anciennement le nom de Diagrède.
SCEAU DE SALOMOiv, Polygonatum vulgare^ Desf. — AsPARAGiNiES. Angl. Salomon's Seal. — Ail. SalomonssiegeL
Le Sceau-de-Salomon^ commun dans leè bois sablonneux, a joui d'une grande réputation contre les affections goutteuses et rhumatismales. Il est maintenant inusité.
Cependant sa racine et son fruit, ce dernier surtout, .jouissent, d'après Schroder, de propriétés émétiques. La racine était employée comme astringente, en application topique pour empocher le retour des hernies après leur réduction, et comme vulnéraire sur les contusions et les plaies. Les Russes
la prennent encore, à la dose d'environ 2 grammes, comme préservatif de la rage.
Son eau distillée a servi de cosmétique.
SCiiœi^AniTiiE DE i.-miiE, AndropogonSchœnanthus, L. — Graminées. Angl. Lemon grass.
Pereira soupçonne que trois espèces ont été confondues sous le nom à'Andropogon Schœmnlhus : le Schœnanlhe d'Amboine, celui d'Arabie et l'Andropogon cilratum, DC, auquel se rapporte indubitablement, selon lui, la plante indienne appelée Lemon grass par les Anglais. De Candolie est le premier qui ait remarqué l'odeur de citron exhalée par un Andropogon trèsvoisin de r A. Schœnantlius, et qui se soit servi de ce caractère pour distinguer ces deux variétés d'un même type. Cette odeur ressemble aussi à celle de la Mélisse officinale ou Citronnelle. Elle est due à une huile volatile qu'on extrait par la distillation, et qui nous vient de Geylan, Bombay et Madras, sous le nom de Leinon grass oil. Cette essence, d'une odeur mixte de rose et de citron, s'appelle en parfumerie, essence de Verveine, parce qu'en effet elle rappelle la fragrance spéciale du Verbena îriphyllos.
Le Lemon grass est employé comme diaphorétique, au début des rhumes, dans les Indes orientales et en Amérique, où il a été introduit depuis longtemps. Ce sont les feuilles dont on fait usage en infusion théiforme. Dans l'Inde, on se sert aussi des pétioles succulents, pour donner une agréable odeur à de certaines pâtisseries {curry, plur. curries.),
A la Martinique, on ne sait pourquoi, cette plante passe pour vénéneuse et abortive.
SCHŒRIAIVTHE OFFICINAL OU SCHŒNATVTHE ARABIQUE, AndrO-
pogon lanigerum, Desf. — Graminées.
Angl. CameVs hay Slraio; siveet smelling Rush. Cette Graminée couvre les deux Arables.
Elle possède une odeur aromatique et des propriétés stimulantes et diaphorétiques en rapport avec la présence d'une huile volatile. On l'administre à la doso de 2 à 4 grammes, en infusion théiforme.
Elle entre dans la ThéHaque et le Milhridate.
sciLiiE. Scilla maritima, L. — Liliacées.
Angl. Sea Onion, officinal Squill. — AU. Meerzwiehel.
La Scille maritime habite les rivages de la Méditerranée , en France, en Algérie, en Espagne et en Sicile.
Composition. — D'après les analyses de Vogel, Tilloy, Bucbner et Marais, on peut considérer les bulbes de Scille comme ayant la composition suivante : matière volatile et âcre, principe amer particulier {scilliline)^ résine, mucilage, gomme, sucre liquide, tannin, cellulose, citrate, tartrate et phosphate de chaux, avec quelques autres substances de peu de valeur.
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La matière ctcre est probablement volatile, bien que cela soit contesté car les bulbes perdent en partie leur âcreté par la dessiccation, et.Athanasius a pu tuer un chien avec 60 grammes d'eau distillée de Scille fraîche. L'amertume attribuée à cette matière appartient, selon Wiltstein, à un autre principe.
La Scilliiine (Vogel) est cristallisable, hygrométrique (Pereira la dit trèssoluble dans l'eau), déliquescente et insoluble dans l'eau (Boucbardat), trèssoluble dans l'alcool, l'e'ther et l'acide acétique, neutre aux papiers réactifs • d'un goût d'abord fortement amer, puis douceâtre (Pereira), ainsi que cela s'observe dans plusieurs glycosides.
La Scillitine est le principe actif de la plante. D'après les expériences de Marais et Gosselin, elle est toxique à la dose de 5 centigrammes, et produit une vive inflammation de l'appareil digestif, même à une dose moindre. Elle agit d'abord sur l'estomac comme vomitif et purgatif violent; le narcotisme survient ensuite, et la mort semble avoir lieu par la paralysie du cœur. Ap pliquée par la méthode endermique, la Scillitine agit plus rapidement et se montre presque exclusivement narcotique. Un lapin est tué en trente-sept minutes, et un chien en moins d'une heure et demie.
Dans la cuticule des écailles du bulbe, on rencontre de nombreuses raphides de phosphate ou d'oxalate de chaux.
Action physiologique. — A doses modérées, la Scille excite des nausées et des vomissements, rarement de la diarrhée. En plus petite quantité, elle ne donne lieu qu'à un accroissement de sécrétion des muqueuses bronchique et gastro-intestinale, ainsi que des reins, ou, à leur défaut, du tégument externe. L'action diurétique est la plus prononcée et la plus constante mais elle est d'autant moins manifeste que les effets éméto-cathartiques sont plus mtenses. Ces particularités ont reçu plusieurs explications, suivant l'idée qu'on s'est faite du mode d'action du médicament. Voici comment nous inter prêtons les phénomènes. La Scille agit principalement sur les premières voies etselon la dose,elle donne lieu, soità un simple malaise gastrique, accompagné seulement d'un peu de nausée, soit à des évacuations par le haut ou par le bas. Dans le premier cas, les sécrétions aqueuses des reins ou acciden tellement de la peau, se trouvent accrues; dans le second, cet'te hypercrinie ne se produit pas à cause de la puissante dérivation qui se fait du côté du tube digestif. En d'autres termes, l'impression faite sur la muqueuse gastrique est le phénomène primitif et fondamental, les autres symptômes sont secondaires et dérivent du premier par sympathie ou action réflexe P urT rendre conapte de la diurèse, il n'est pas besoin d'invoquer le passaee de^ prmcipes de la Scille à travers les glandes uropoié tiques. Nous' en 1 Ln
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reins est sans doute une cause de diurèse en même temps que de ralentissement du pouls et de sédation générale , seulement la clinique ne nous enseigne pas encore à discerner les symptômes dus à leur présence dans Je sang, de ceux qui se rattachent k leurs effets locaux sur l'appareil digestif. Toutefois on retrouve, dans le tableau de l'empoisonnement par la Scille, quelques traits qui rappellent les résultats des expériences de Gosselin et Marais. A dose excessive, la Scille agit comme un poison âcre qui devient indirectement narcotique ou stupéfiant. Les symptômes qu'elle produit sont des vomissements, des évacuations alvines, des coliques, la strangurie, des urines sanglantes, le refroidissement, une sueur visqueuse, des convulsions, la torpeur, le coma et la morl. A l'autopsie, on constate une violente inflammation, et parfois la gangrène de l'estomac et des intestins.
Substances synergiques, auxiluires. — Les agents de la médication émétique sont synergiques de la Scille pour son action sur l'appareil digestif comme pour ses effets diurétiques. Gomme stimulant direct de la sécrétion urinaire, elle aurait des analogues dans la Digitale et le bromure de potassium, et, sans doute, des succédanés dans quelques espèces de la même famille. En Chine, V Anemarrhena aspliodeloïdes est employé aux mêmes usages que la Scille.
Substances antagonistes. — Antidotes. — Les antagonistes de la Scille sont ceux des autres émétiques et des poisons acres, à savoir : les aromatiques, les eaux acidulés gazeuses froides, et, par-dessus tout, les opiacés. Ceux-ci en doivent être considérés comme les antidotes.
Usages. — La Scille est peut-être le plus efficace des diurétiques. Elle est employée comme telle dans les hydropisies dépendant d'une affection du cœur ou d'une dyscrasie, quand il n'existe aucune complication irritative ou inflammatoire du côté des organes digestifs. Elle agit de même quand on se borne, suivant la recommandation de Van Swieten , à obtenir la nausée, sans a'uer jusqu'au vomissement, parce qu'alors, conformément nos idées, l'irritation sécrétoire se porte vers le rein. La grande quantité d'eau soustraite au sang appelle l'absorption périphérique, et l'anasarque se réduit ou disparaît par ce mécanisme.
L'action expectorante de la Scille est beaucoup plus incertaine ; cependant on y a recours quelquefois avec avantage, non dans les affections thoraciques aiguës, mais dans les rhumes qui se prolongent, dans le catarrhe chronique simple ou compliqué d'emphysème. ^
Plus rarement on recherche les effets émétiques de la Scille, parce qu ils sont inconstants et ne s'obtiennent souvent qu'au prix d'une irritation fâcheuse de la muqueuse gastrique. Cet inconvénient est d'autant plus regrettable, que le vomissement est éminemment favorable, non-seulement à l'expectoration des mucosités bronchiques, mais encore à l'hypercrinie des canaux aériens.
Modes d'administration et doses. — La Scille se donne en poudre, &