CIGUË OFFICINALE OU GRANDE CIGUË
Les tiges souterraines du Trilicum repens, appelées racines de Ch'iendent, sont des parties jaunes, épaisses et succulentes du chaume, qui renferment, avec du silicate de potasse et différents sels, une provision de fécule et de sucre. Par la fermentation, elles donnent de l'alcool.
Leur saveur est douce, un peu sucrée, et leur décoction est extrêmement usitée en l^rance comme rafraîchissante, délayante, diurétique, autiphlogistique. On augmente son efficacité en l'additionnant de nitre, d'oxymel scillitique. Associée à la réglisse, la décoction de Chiendent constitue la tisane commune des hôpitaux.
CHOU ROL'GE. Sous-variété à feuilles rouges du Chou "pommé (Brassica oleracea capitata, DG). — Grucifères.
Angl. Red Cabbage. — AU. Braunkohl.
Le Chou, de même que les Crucifères en général, doit ses propriétés à une huile essentielle sulfurée, à une résine et un extraclif amers. La présence du soufre explique pourquoi le Bouillon et le Sirop de Chou rouge conviennent aux personnes dont la poitrine est délicate.
Au reste, l'alimentation par des substances naturelles chargées de soufre, telles que les œufs, les Grucifères, etc., donne des résultats excellents dans les affections herpétiques et les maladies des voies respiratoires. On a tort de négliger cette méthode de traitement hygiénique.
L'emploi topique des feuilles de Ghou, est un remède populaire contre diverses affections externes spontanées ou traumatiques. Elles peuvent rendre les mêmes services que les autres moyens d'occlusion : bandes de caoutchouc, enduits imperméables.
CIGUË OFFicii\ALE OU GUAîVDE CIGUË, Coniiùrn maculMum, L. —
OmBELLIFÈRES-Sm Y RNÉES .
Angl. Common or spolled Hemlock. — AH. Schierling.
Composition. — La grande Ciguë (Cicuta major, Lam.), commune dans les heux humides, fournit à l'analyse les substances suivantes : Cicutine on Conicine, acide conéique, huile volatile, résine, matière colorante, albumine, hgneux et sels. L'extrait étheré fournit en outre la rhizoconine, le rhizoconylène et la conamarine. (J. Harley.)
La Cicutine (conéine , conicine) est le principe actif de la Ciguë (voy. cet alcaloïde). Sa formule, G'« H' montre qu'elle est bien près des hydrures de carbone. L'acide conéique lui est associé à l'état de conéate de conicine. L'huile volatile est la substance à laquelle la plante doit son odeur spéciale.
Kékulé et von Planta envisagent la Conicine comme un mélange, en diverses proportions, de deux bases ternaires: la Conicine Cll^Az, et la Méthyl-Conine C^' H" As. A leur toar Grum-Brown et Fraser, faisant de la Conine l'alcaloïde véritable de la Cigûe et voulant la distinguer des produits complexes, désignés sous les noms de Cicutine ou de Conicine, l'appellent Gonine normale. Cette distinction est en effet nécessaire à l'intelligence des
faits expérimentaux ; avec elle nous pouvons nous rendre compte des différences observées dans l'intensité et la qualité des phénomènes physiologiques à la suite de l'administration des différentes espèces de Conicine du commerce, et qui sont en rapport, d'une part avec les manières d'agir particulières de chaque principe et d'autre part avec les variations de leurs proportions relatives. (Voy. Cicutine.)
Action physiologique. — La plante répand, surtout lorsqu'elle est froissée, une odeur fétide spéciale, comparée à celle de l'urine de chat, et qui peut causer à la longue une sorte de narcotisme.
Ingérée dans l'estomac k dose élevée ou toxique , elle produit l'ensemble des symptômes que nous décrirons dans l'article consacré k son alcaloïde (voy. Cicutine) et qui en font un poison stupéfiant.
L'usage longtemps continué de la Ciguë amène la sécheresse de la gorge et parfois une éruption cutanée. Les anciens croyaient que cette plante pouvait tarir le lait, s'opposer chez les filles au développement du sein, et chez les garçons atrophier les testicules. Celte opinion n'est pas confirmée par l'observation rigoureuse des faits, bien que dans un temps peu éloigné de nous on ait signalé la diminution de volume des mamelles. Une propriété mieux démontrée de cette Ombellifère est celle d'accroître assez souvent la sécrétion urinaire. Stôrck affirme que pendant son usage, les urines déposent un sédiment épais, glaireux, deviennent mordicantes, et exhalent une odeur nauséabonde : ce qui donnerait à penser que la Ciguë fayorise le mouvement de dénutrition ou détermine du catarrhe des glandes uro-
^''usAGES - Les usages de la Giguë officinale se rapportent k deux chefs principaux : tantôt on recherche sés propriétés fondantes, résolutives ; tantôt on utilise L puissance calmante, stupéfiante. Comme fondant ou altérant, la Giguë a été conseillée contre le cancer, les engorgements strumeux des sanglions les obstructions viscérales, les hypertrophies (m<'i7aZ..^, Piorry) du foie delà rate, du pancréas, du corps thyroïde, les tumeurs mammaires; contre les maladies de la peau, les affections syphilitiques, les hydropisies
A "itre dé calmant, de stupéfiant cérébro-spinal, la grande Ciguë s'emploie dans la coqueluche, la phlhisie, la toux spasmodique, la cborée, la nymphomanie le satyriasis, le diabète laiteux (galactorrhée), où elle agit sans doute Tétei natt'la sensibilité qui, par action réflexe, préside k la sécrétion lactée Elle sert encore k calmer les douleurs du rhumatisnie ou de la goutte de certains ulcères, des cancers encéphaloïdes et sqmrrheux ' 2;es D'iLmsTRATiON ET POSES. - La Giguë s'admmistre de trois macères k l'intérieur, par les organes digesti^fs; en applications topiques TuMa périphérie du corps, en inhalation, par les voies respiratoires.
Pour ' sage interne, Culîen préférait la poudre à la dose de 2 grammes paHour Pey ilhe, le s'uc frais k la dose de 60 centigrammes k 2 grammes . On ^'emploie plus 'que Vextrait en pilules de 5 k 10 centigrammes dont on