JUJUBE
l'alcool Les proportions de résine varient beaucoup avec la provenance de la racine. Le Jalap de la Vera-Gruz n'en contient guère que y tandis que celui de Tampico en fournit plus du tiers de son poids (Southall). La moyenne est de 12 à 20 p. 100. x Action puysiologique. — Localement, le Jalap est un irritant. Appliqué sur la plèvre le péritoine et le canal intestinal des chiens, il occasionne une inflamm'ation partielle (Cadet de Gassicourt). Porté dans l'estomac des Carnivores, il détermine constamment une purgation énergique, tandis que chez lès Herbivores ses effets sont incertains (Gilbert, Donné) .
Chez l'homme, le Jalap est un purgatif puissant, sûrement cholalogue (Rôhrig et Rutherford), drastique même, mais inégal dans son action. 11 donne lieu fréquemment à des nausées, quelquefois à des vomissements, et assez souvent à des tranchées.
D'un autre côté, on lui accorde, un peu gratuitement, l'avantage de ne pas exciter la fièvre, et de ne pas laisser à sa suite une constipation aussi opiniâtre que les autres purgatifs. ^ , t i
Usages — Gomme purgatif énergique et passablement sûr, le Jalap est souvent employé dans les cas auxquels conviennent les drastiques. On doit l'éviter cependant lorsqu'il existe de l'inflammation ou de l'irritation du canal alimentaire, de la congestion sanguine des organes pelviens ou de la muqueuse rectale et de la tendance aux métrorrbagies.
Le Jalap est employé isolément ou en combinaison, surtout dans a constipation, les aflections cérébrales et cardiaques, les ty^ropisies, la rétention des règles et l'absence d'un flux héraorrhoïdal habituel. On le donne aussi comme vermifuge. Parmi les affections cardiaques, Sydney- Ringer distingue l'engorgement du cœur droit consécutif à 1 emphysème et à la bronchite, les rétrécissements et insuffisances des orifices comme plus particulièrement désignés à l'action déplétive du médicament.
Modes d'administration et doses. - La racine de Jalap, à peu près sans saveur, se donne en poudre dans du pain azyme, du sirop ou des confitures, à la dose de 1, 2, 3 grammes et au delà.
La décoction est une mauvaise préparation, maintenant abandonnée. La résine {extract of Jalap) se prescrit à la dose de 20 à 50 ou 80 centigrammes, en bols, ou dans les mêmes véhicules que la poudre de racine.^
La Teinture alcoolique de Jalap est plus usitée en Angleterre qu en France, où l'on emploie de préférence la Teinture de Jalap composée ou Eau-de-vie allemande, dans laquelle entrent aussi le turbith et la scammonée et qu'on donne à la dose de 15 à 30 grammes. ^ Les Anglais font usage d'une Poudre de Jalap composée, dans laquelle us mettent du bitartrate de potasse et du gingembre. Enfin le Jalap fait partie àeVElixir antiglaireux de Guillé, et de la fameuse Médecine de Leroy.
JUJUBE. Fruit du Jujubier, Zizyphus vulgaris, Lamk. ; Rhamttus Zizy-
b/iUS, L. - RHAMNACÉES.
Angl. : Jujube; Jujube-tree. - AU. : Brustbeere.
JUSQUIÂME NOIRE. 203 Le Jujubier est un arbre spontané en Provence et en Italie, dont une variété cultivée donne des fruits rouges, charnus, à saveur sucrée et un peu vineuse, qui sont agréables à manger étant frais.
Les Jujubes sont estimées adoucissantes, béchiques, et font partie des fmits pectoraux. On en prépare des tisanes délayantes et mucilagineuses que l'eau rend diurétiques et délayantes, en môme temps que calmantes pour les irritations bronchiques et pulmonaires.
La Pâte dite de Jujube est essentiellement constituée par de^ la gomme, qui en fait le principal mérite. Presque jamais on n'y fait entrer la décoction des fruits dont elle porte le nom ; mais, en revanche, on y ajoute souvent de l'opium pour lui communiquer des vertus anodines, naïvement mises sur le compte des Jujubes absentes. Celte décoction se prépare avec 40 à 90 grammes de fruits secs pour 1000 grammes d'eau.
JUSQUIAME IVOIRE, Hyoscyamus niger, L. — Solanacées. Angl. : Black or common Henbane. — AU. : Sckwarze Bilsenkraut. La Jusquiame noire est commune en France.
Toute la plante est active, mais le Codex ne prescrit que les feuilles et la semence. Il cite encore la semence de la Jusquiame blanche, Hyoscyamus albus, L., dont l'histoire se confond avec celle de sa congénère.
Composition. — L'analyse des semences de cette espèce indigène, faite en premier lieu par Brandes, a donné les résultats suivants : huile grasse, matière cireuse, résine insoluble dansl'éther, hyoscyamine en combinaison avec l'acide malique, et associée aux malates de chaux et de magnésie, à un sel de potasse et d'ammoniaque; sucre incristallisable, gomme, amidon, albumine, ligneux, et sels alcalins et terreux, silice, manganèse,, fer, etc. Après Brandes, F. Runge et, neuf ans plus tard (1833), Geigeret Hesse, ont isolé l'alcaloïde de la Jusquiame à l'état cristallisé, et Kletzinsty a cru pouvoir lui assigner la composition CisHi^AzO. Thorey, Hœhn et Reichardt ont obtenu l'hyoscyamine, cristallisée en rhombes ou en aiguilles. Erdmann, Kolbe, Rennard n'ont vu que des cristaux imparfaitement cubiques. L'alcaloïde pur est soluble dans l'alcool faible, l'éther, les acides étendus, et dans l'eau bouillante, mais insoluble dans l'eau froide et l'alcool absolu. Sa formule serait CsoH^sAzOe (Hœhn et Reichardt). Buchheim y a encore signalé un autre alcaloïde, la sikéranine, amorphe, non étudié.
VInjoscyamine est jin alcali végétal dont les propriétés sont semblables sinon identiques à celles de l'atropine. Chauffée avec de l'eau de baryte, elle se dédouble en hyoscine et acide hyoscinique. Elle est soluble dans l'eau, très soluble dans l'alcool et l'élher, possède un goût clcre, et sa solution, introduite dans l'œil, détermine la dilatation de la pupille.
Morris a retiré de la Jusquiame, par distillation destructive, une huile empyreumatique, identique par ses caractères chimiques avec l'huile empyreumalique de digitale, et douée des propriétés d'un poison puissamment narcotique.
Action physiologique. - A doses faibles et fréquemment répétées, la Jus-