LIN
Angl. : Ground Ivij. — AU. : Gundelmann.
Le Lierr'e terrestre croît abondamment dans les lieux ombragés. Son odeur, très forte, estpeu agréable, sa saveur est chaude et amère. Cette plante active est stimulante àlafois et tonique comme les autres Labiées amèresaromatiqiies. Elle mérite d'ôtre recommandée dans les affections catarrhales des muqueuses, principalement de celles des voies respiratoires, pour lesquelles, du reste, son emploi est vulgaire. Le Lien'e ter7'estre agit comme tonique vasculaire et comme anticatarrhal, ou quelquefois comme diurétique dans les affections des reins et des organes génito-urinaires. Il est stomachique, et cette propriété se trouve à un degré élevé dans les Galles, ou pommes de Terrète, produites i^ar un Biplolepis, et qui se mangent en Orient, où le^Lierre terrestre en porte plus souvent que dans nos climats.
Le Glechoma hederacea passe aussi pour vulnéraire, vermifuge et antipériodique.
On le donnait en poudre, en pilules; on en administre encore le suc à la dose de 30 à 60 grammes ; mais c'est l'infusion théiforme qu'on emploie presque toujours (2 à 4 grammes dans 200 d'eau bouillante). Les anciennes préparations officinales, à l'exception peut-être du sirop, sont entièrement abandonnées.
LIMAÇON. — Voy. Escargot.
LIMON. — Yoy. Citron.
LIN, Lt'num usitatissimum, L. — Linacées. Angl. : Common Flax. — AU. : Flachs, Lein.
Le Lin est cultivé partout en Europe pour sa filasse, dont on fait de la loile, et pour ses semences, qui servent à différents usages industriels ou médicaux.
La /Z/asse (angl. : Flax, aU. : Flachs) est formée de ligneux à peu près pur On la file pour en faire de la toile, qui, blanchie et usée, est utiUsée par le médecm et le chirurgien sous forme de compresses, de Landes elle
Les semences ou graines de Lin (angl. : Lmseed, ail. • Leinsamen) nré
les résultais suivants : le g at o^W S " """^ ueuse, colorante, extraelif a^e aveo 1 ? "î""'
™U,„e, substances albu^LTes l-Z etc '
' '"^"'"Wo et probablement analogue a la Cellu-
«,|g us BLANC.
lose L'huile de Lin est éminemment siccative surtout en présence de la litharee c'est-à-dire oxydable et transformable en une matière solide, élastique, ayant l'apparence d'un vernis. Elle possède une odeur et un goût particuliers. L'alcool la dissout, mais elle est beaucoup plus soluble
dans l'éther. , ... . ,.
Action physiologique. — Les semences de Lin sont nutritives, mais constituent un fort mauvais aliment (J. Bauhin), émoUientes et adoucissantes. Insérées en nature, elles sont laxalives à la manière de la graine de moutarde blanche, mécaniquement. Bouillies entières, dans un nouet delmge qu'on exprime, elles donnent leur mucilage pour injections et lavements émollients. Ce môme mucilage, sous le nom de Bandobne, sert :\ lisser et agglutiner les cheveux. Réduites en poudre ou farine, ellgs font la base des cataplasmes émollients de l'usage le plus. vulgaire et l'un des moyens habituels de la médication antiphlogistique, résolutive et calmante Ces cataplasmes sont souvent arrosés de laudanum. Emulsionnées dans leau, elles constituent une boisson réfrigérante, calmante et diurétique, utile dans les affections des voies urinaires.
Vhuile de Lin, difficilement attaquable par les sucs digestifs, agit comme laxatif par l'intermédiaire d'une sorte d'indigestion. C'est un utile vermifuge contre les ascarides lombricoïdes. Toutefois on s'en sert généralement pour tout autre chose. Les instruments chirurgicaux tels que : bougies sondes etc., dits de gomme élastique, sont fabriqués avec un moule de toile sur lequel on accumule des couches successives ^l^-l^f^Lin épaissie par ébullition prolongée sur de la litharge, qu'on laisse sécher à 1 air et se
'ta gr'aine de lin et sa farine rancissent assez facilement par oxydation de l'huile, c'est pourquoi on a proposé (Derheims) pour les usages m éd, eaux les semences privées de leur huile. Je recommande volontiers cette utile modification.
LIS BLANC, Lilium candidum, L. — Liliacées. Angl. : Common white Lily. — AIL : Weisse Lille.
Cetle belle Liliacée, originaire de l'Asie et cultivée dans tous les ]ardins. porte des fleurs blanches, dont l'odeur suave, mais trop ^^'^^"^ °" respire dans une atmosphère confmée, occasionne f ^/^^^f.f ^^^^^^^^^^^^^ vomissements, les symptômes d'un empoisonnement véritable, et quelque
''II: pT— s'et les parfumeurs la recueillent dans des véhicules appropriés : l'alcool, les corps gras. Vhuile de Lis, ^^^^ Limante et anodyne; ou l'emploie rarement en tnject.n dans les douleu ntérines plus souvent dans les maux d'oreille, les gerçures et les plaies superficielles. L'eau distillée de fleurs de Lis a été préconisée contre la toux. Les Inîhères et le pollen sont considérés comme stimulants et antispas-
yo^o" ^« ^^^^"^ '''''' légèrement piquante qu'il perd par
LOBÉLIE ENFLÉE. 219
la cuisson, forme alors une pulpe visqueuse, douce et sucrée, utilisée comme aliment par quelques peuplades, mais réservée en Europe pour la confection de cataplasmes émoUients et maturalifs.
LIVÈCHE, Levisticum officinale, Koch. ; LigusHcum Levisticum, L. — Ombellifères-Angiîlicées.
Angl. : Common Lovage. — AU. : Offizineller Liebstôckel.
La Livèche, spontanée dans les Pyrénées et les régions montagneuses du midi de la Grance {Ache de montagne), est une plante active, intermédiaire entre l'Angélique, dont elle est naturellement voisine, et les Ombellifères fétides. Son odeur est aromatique et fragrante, sa saveur chaude ; elle laisse exsuder un suc jaune, gommo-résineux, analogue à l'Opopanax. On fait usage de ses semences et des racines en infusion (8 et 20 gr.), en teinture vineuse ou alcoolique, à l'intérieur et à l'extérieur, comme stimulant diffusible. C'est un agent delà médication excitante et antispasmodique dont on a tort de se priver aujourd'hui.
LOBÉLIE ENFLÉE, Lobelia inflata, L. — Lobéliacées.
Angl. : Bladder-podded Lobelia, Indian Tobacco. — Ail. ; Lobeliakraut.
La Lobélie enflée, ainsi nommée à cause de ses capsules vésiculeuses, est une plante originaire de l'Amérique du Nord.
Composition. — Elle renferme, selon Hereira : principe volatil, lobéline, acide lobélique, résine, chlorophylle, gomme, extractif, caoutchouc et fibres ligneuses. Il faudrait y joindre, d'après Reinsch : cire, stéarine, gluten, et des sels de potasse, chaux, fer et manganèse, à acides organiques et inorganiques.
IS huile volatile, ou principe odorant de la Lobélie, possède l'odeur et le goût âcre et nauséeux de la plante.
La Lobéline, principe âcre et alcalin spécial, se trouve en plus forte proportion dans les semences et la racine. C'est un liquide jaune, légèrement aromatique, plus léger que l'eau, dans laquelle il se dissout, plus soluble dans l'alcool et l'éther, l'essence de térébenthine et l'huile d'amandes douces. La Lobéline est peut-être volatile (Bastik), mais non sans altération (Pereira); elle se combine avec les acides pour former des sels C'est le pnncipe actif de la plante. A la dose d'un centigramme environ, elle cause des vomissements au chat; en quantité cinq ou six fois plus considérable, elle détermine la prostration immédiate, et dans un délai de quelques minutes la résolution des membres et la dilatation des pupilles
Vacide LobéUque a été confondu d'abord avec l'acide gallique. Enfin, la resme est d une excessive âcreté.
l'anZ' ^^^^l^^^^^^"-^; L'appellation Indian Tobacco est justifiée par icien 'd. l^r; TT f ' I^^bélie enflée par les pra-
ToZ ; ''"^^ «^"«^^'^"^ d'âcreté dans l'arrière-
mvd hHn. H T'''''' P^^'Sative, diaphorétique, contre-stimulante,
mydiialique, etc., de la part des deux agents.
220 LOBÉLIE ENFLÉE.
A petite dose, la Lobélie enflée excite, à la manière de toutes les substances émétiques, un état nauséeux favorable à la sécrétion des liquides buccaux et bronchiques ainsi qu'à celle de la sueur. Des doses plus fortes poussent aux vomissements, d'oti le nom d'Essence émétique {émette Weed) donné à la plante. Des vomissements violents, reliés par des nausées incessantes et très pénibles, sont quelquefois suivis de purgation avec sueur copieuse et prostration extrême. Ces symptômes, ordinairement précédés d'étourdissements, de céphalalgie et de toux, sont accompagnés parfois de sensation de picotement dans tout le corps, jusqu'aux extrémités des doigts et des orteils, de douleurs aiguës dans les voies urinaires pendant la miction. Administrée par le rectum, la Lobélie enflée produit le même malaise, le même mal de cœur, avec sueur profuse et résolution générale des forces, qui résulte de l'action du Tabac (EUiotson). Des doses excessives amènent de semblables symptômes à un degré plus intense, et même la mort, précédée d'une horrible anxiété et de mouvements convulsifs.
On peut croire que la Lobéline est réellement le principe actif de la Lobélie. Or voici ce que nous savons sur le mode d'action de l'alcaloïde. Il paralyse les nerfs moteurs, déprime l'excitabilité de la moelle, abolit le mouvement volontaire et le pouvoir coordinateur des mouvements ; ralentit le pouls, pour l'accélérer ensuite ; diminue la pression vasculaire, puis l'élève; paralyse les nerfs pneumogastriques et accélère les mouvements respiratoires; élève la température et ensuite l'abaisse (Isaac Otl). En résumé la Lobélie a une action profonde sur le bulbe, la moelle et les nerfs moteurs, tout à fait comparable à celle du Tabac.
Substances synergiques, auxiliaires. — D'autres espèces de Lobelia, notamment le Lobelia sypkilitica, L. (Angl. : blue Cardinal), le Tabac, jusqu'à un certain point les Solanées vireuses, agissent dans le même sens que la Lobélie enflée.
Substances antagonistes. — Antidotes, Les antagonistes de la Lobélie sont les mêmes que ceux du Tabac (voy. ce mot); signalons particuhèrement le Café.
Usages. — La Lobélie enflée est conseillée principalement comme antispasmodique, et surtout dans l'asthme (Cutler) et les désordres des organes respiratoires. Dans l'asthme, elle agit à la fois par son action directe sur l'appareil respiratoire et par l'hypercrinie muqueuse, ainsi que par le relâchement général qui résulte de l'état de nausées et de vomissements où le sujet se trouve plongé. Fourrier s'en loue, en effet, beaucoup dans celte affection comme dans d'autres dyspnées. Par extension, on la donne aussi dans le croup, la coqueluche et l'asthme catarrhal. Elle serait utile dans le faux croup ou angine striduleuse (J. Andrew). A l'exemple de Bidault de Villiers, Eberle l'a employée comme émétique dans l'angine couenneuse; de plus', il s'en est servi comme succédanée du Tabac dans la hernie étranglée. Récemment Butler a obtenu par la teinture de Lobélie, dans trois cas de tétanos, des succès qu'il rapporte en partie aux effets sudorifiques, et à l'action éliminatrice du poisou morbide, cause supposée du maL