GAÏACOL
GAÏACOL. — Gaiacolum.
Angl. : Guaiacol. — Ail. : Guaiacol.
Form. : C^'H^O'. Il est en cristaux prismatiques, incolores, fusibles à 28°,5 •en donnant un liquide qui reste en surfusion jusqu'à très basse température (Codex). Soluble dans ^iO (Catillon) à 60 fois son poids d'eau à 20° ; 7 fois son poids de glycérine offic. (Catillon dit 5) ; très soluble dans Talcool, l'éther et l'acide acétique.
Obtenu delà créosote, c'est un liquide incolore, à odeur aromatique, retenant toujours un peu de phénol. On le prépare cMmiquement pur, par synthèse (Choay) : Methylorthodioxybenzol.
Préconisé par Sahli comme succédané de la créosote, en 1888, dans le traitement de la tuberculose.
Action physiologique. — Elle est tout à fait comparable à celle de lacréosote : le Gaïacol est doué de vertus balsamiques et antibacUlaires ; c'est en outre un stimulant de la nutrition. Il s'élimine par l'urine dans la proportion de 55 p. 100.
Les effets locaux du Gaïacol sur la peau sont des plus intéressants. En badigeonnage sur une assez étroite étendue du tégument externe, il fait baisser la température générale de l'homme bien portant ; mais l'abaissement est surtout des plus remarquables chez les fébricitants. Dans ce dernier cas la chute a été parfois de plus de quatre degrés. Ce fait fort curieux a été signalé par Sciolla et vérifié maintes fois depuis (Guinard, Robillard, Desplats, Barol, Stolzenburg, etc.). Son interprétation estàtrouver. L'efl'et antithermique ne peut être attribué à l'absorption du Gaïacol, très limitée. Guinard admet plutôt une action sur les centres de thermogenèse, par excitation périphérique.
Le Gaïacol agit encore localement sur la peau comme anesthésique, lorsque la sensiljihté de ce tégument est exaltée par un état névralgique (Desplats, Ferrand, Balzer).
Les usages de ce médicament sont ceux de la créosote, qu'il peutrempla- •cer (Sahli) ou suppléer quand ily a intolérance de l'organisme pour celle-ci. ■On s'accorde à dire, avec le docteur Main, que le Gaïacol est inférieur à la créosote dans le traitement de la phtisie. Ceci résulte aussi de mes observations personneUes. A Tintérieur encore, utiles effets dans le diabète (T. Clemens).
D'autre part, l'action antithermique locale de cette substance n'a pas donné jusqu'ici de résultats importants dans le traitement des pyrexies, malgré les observations d'abord encourageantes de Montagnon, Kravkoff, Lacroix dans la fièvre typhoïde. On lui reproche de provoquer des sueurs au moment de la défervescence, des frissons quand la température s'élève à nouveau, sans parler d'accidents de collapsus quand la dose est un peu lorte. Il ne faut pas dépasser 4 grammes.
L'action anesthésique locale a été uliUsée avec plus de profit dans les névralgies (Aporti), et cont e les douleurs de l'orchite blennorrhagique (Balzer ■et celles de l'amygdaUtc aigur.
54 GÂLLATE BASIQUE DE BISMUTH.
].e Gaïacol s'administre h la dose de 0 gr. 23 à 1 gr. 50 pro die, en pilules de 0 gr. 10 ; en injection hijpodermique, dissous dans l'huile d'olives stérilisée, associé h riodoforme ; vin; solution alcoolique; lavements; en badtçieonnages sur la peau (Sciolla), dans une étendue d'un décimètre carré, à. la dose d'un gramme en nature, ou bien en pommade à 5 p. 100. L'action a nti thermique est augmentée si l'on recouvre la région d'un enduit imperméable.
11 existe un carbonate de Gaïacol, excellent médicament déjà usité, bien supporté, s'employant aux doses du Gaïacol, neutraUsant des toxines tuberculeuses, dont il facilite l'éhmination; un Gaïacol io do formé (Picot), dont les vertus thérapeutiques sont discutées (Grasset), malgré quelques faits favorables de Winkler; un benzoate de Gaïacol, antiseptique de l'estomac, sans action dans la phtisie (Sahh), même à la dose de 3 grammes.
Comme antiseptique le Gaïacol est inférieur au phénol (Kuprianow).
GALLATE BASIQUE DE BISMUTH. — Sub gallas bismuthicus. Ang\. et k\\. : Dermatol.
Le Dermatol, nom plus usité de ce composé, est une poudre jaune de soufre, un peu analogue d'aspect à l'iodoforme, inodore, presque msipide, insoluble dans l'eau, l'alcool, l'éther et les acides étendus.
Introduit dans la matière médicale par Heinz, A. Liebrecht et Rosenthal, en 1891 , comme succédané de l'iodoforme.
Propriétés. - Usages. - Le Dermatol est à peu près dépourvu de toxicité, à doses faibles ou élevées (Rognez) ; il traverse en effet les voies digestives sans se décomposer et paraît doué de quelques propriétés antiseptiques (Chtchegloff les nie absolument), moms évidentes toutefois que
celles de l'iodoforme. . ■ x • .
C'est surtout un astringent local, un dessiccatif, pms un cicatrisant, uti- Usable pour les pansements cMrurgicaux surtout. On l'a employé, au heu de l'iodoforme, comme topique des ulcères cancéreux et syf'l^^.^q^^ senthal), et pour activer la cicatrisation des plaies quand celles-ci sont bien aseptiques, détergées et en voie de granulations (Sackur).
Il donne les meilleurs résultats dansles cas de brûlures, d'ulcères simple, ou variqueux, dans les dermatoses humides et les otorrhées. ContiY^dique auand les plaies sont torpides. UtiUsé encore dans la blennorrhagie et (Wa-ner et J. Teissier) les douleurs du rhumatisme chronique, toujours comme topique (en pommade). 11 est, en effet, ^"•'^Igf q"^' ^^^.^^.^
A l'intérieur il combat avec beaucoup d'avantages les diA ei.e. ^ ané d'entéiitesetparticulièrementladiarrhéedestuberculeux(ColosantietD^^^^^^
Modes D'ADMINISTRATION ET DOSES. -A l'intérieur on admuistre^^^^^^^^^^^^ Loi en poudre, à la dose de 2 à 6 grammes, dans ^es cachets A ^ c'est la poudre en nature qu'on applique sur les plaies, ^"/"^J orm deVm«.«rfc, avec l'axonge ou lavaseUne, au dixième de , , e, u ^lme, àegaze dermaiolée, au chxième. On associe parfois ce topique au talc et îi l'amidon (dans les dermatoses).
HYDRASTININE.
IIOMATROPINK. — Homalroplna.
Kngl.: /Joinalr opina. — k\\. : IJo77ialropinum.
Form. : C^^l-^^AzO". Coi-ps cliimique, cristallisé en petils prismes incolores, sans odeur, à saveur amère ; peu soluble dans l'alcool et le chloroforme. Cette base se combine avec les acides sulfurique, chlorhydrique, saUcylique, bromhydrique, pour former des sels reproduisant ses propriétés médicales. Découverte par Ladenburg, en 1880.
Son (ictio7i physiologique n'a pas été recherchée.
On sait seulement qu'à dose assez forte elle détermine chez l'homme des vertiges, la perte de mémoire, le ralentissement du pouls, l'accélération de la respiration, le refroidissement des extrémités et des sueurs profuses (Ziem). Voelker apudonner, à dose fractionnée, jusqu'à Ogr. 60 de cet alcaloïde sans provoquer autre chose que de la sécheresse de gorge, de la lourdeur de tête, des vertiges, mais sans mydriase.
La dilatation pupillaire, en application topique, est le fait capital de son histoire. Une solution au 1/100, instillée entre les paupières, dilate la pupille au bout de sept à dix minutes ; cette dilatation persiste trois heures seulement ; il y a quelques légers troubles d'accommodation qui se dissipent aussi après trois heures. Avec l'atropine la mydriase est plus lente à s'établir, plus complète et dure de vingt-six à trente-deux heures; les troubles d'accommodation ne se dissipent que lentement. La duboisine a les quaUtés intermédiaires et doit être placée entre les deux mydriatiques.
L'Homatropine est donc désignée pour les examens du fond de l'œil, car elle n'impressionne l'organe que durant quelques heures. En revanche, elle a moins d'action dans les ophtalmies que les deux autres alcaloïdes, ses congénères.
A l'intérieur elle n'a donné aucun résultat contre les sueurs des phtisiques.
Les collyres d'Homatropine sont à 0 gr. 03 pour 10 grammes d'eau distillée. Ils n'ont pas d'action irritante.
HYDRASTINE. — Hxjdrastina.
Angl. : H;/drastin. — Ail.: Hijdrastin.
Voy. Hydrastis Canadensis, p. 20.
HYDRASTININE. — Bydrasiinina.
Angl. : Hydrastinin. — AU. : Hydrastimn.
J'ai dit déjà que ce principe, C^^H'^AzO'', résulte de l'oxydation do l'hydrastine (Freund et Will). C'est une poudre blanche peu soluble dans l'eau, mais formant avec la plupart des acides des sels solubles dans ce Uquide. Saveur fort amère.
Action i-uysiologique. — Se rapproche beaucoup de celle de l'hydrastine. D'après Falk, eUe est particulièrement remarquable sur le système vasculaire, dont elle stimule la contractiUté, plutôt directement, en agissant sur les fibres musculaires des vaisseaux ou bien sur les terminaisons
o6 LACTÂTE DE STRONTIANE-
nerveuses dans les vaisseaux, qu'en atteignant les centres vaso-moteurs. Ce n'est pas, comme l'hydrastine, un poison du cœur; elle tue en paralysant le centre respiratoire. Par ses effets vaso-constricteurs elle augmente la pression du sang et ralentit les mouvements du cœur. En cela elle l'emporte sur l'hydrastine.
Usages. — On utilise surtout ses propriétés hémostatiques, en gynécologie plus particulièrement. L'Hydrastinine arrête les hémorragies liées à une lésion de la muqueuse ou des vaisseaux, plutôt que celles résultant d'un état atonique de l'utérus; elle serait, en effet, dépourvue d'action stimulante sur la fibre musculaire utérine, donc non ocytocique (Czempin, Strassmann). On peut, par suite, la prescrire contre les hémorragies de la grossesse. Falk affirme que dans plusieurs cas de métrorrhagies de diverses natures il l'a vue plus active que l'ergot. En Russie on l'a utilisée contre l'épilepsie.
Modes d'administration et doses. — L'Hydrastinine étant peu soluble, on lui préfère ses sels, le chlorhydrate surtout, pour les prescriptions. C'est en injection hypodermique, solution à 10 p. 100, qu'on obtient ses meilleurs effets. Elle n'est pas irritante et ne cause aucune douleur. La dose est deO gr. OS àO gr. 10 centigrammes. Elle est aussi ordonnée par la bouche, en solution ou mieux en pilules de 0 gr. 05; une à deux pro die.
lODURE DE SODIUM. — [Corrigendum).
Le sel officinal est celui qui cristallise dans l'eau au-dessus de 40°. Il €st alors en cristaux cubiques, anhydres, qui constituent Ylodure de sodium officinal.
Le Codex me paraît admettre, à tort, l'usage de l'Iodure de sodium hydraté, du commerce, à la condition de multiplier la dose médicale prescrite par 1,213, ce qui n'est guère pratique.
LACTATE DE STRONTIANE. — Lactas stronlicus.
Form. : C6H^Sr0^3H0. — Sel neutre, très soluble dans l'eau.
On n'a pu jusqu'à présent indiquer les e/fds physiologiques des sels de Strontiane tels que le sulfate, le tartrate, le chlorure, etc., le lactate. Laborde a, en effet, donné à un cliien 9i8gr.80 de tartrate de strontiane, en 11 jours, soit 37 gr. 30 par jour, sans produire aucun effet. Or le Lactate de strontiane est tout aussi inoffensif, à peine parait-il être un peu dmrétique, et peut-être produiL-il l'antisepsie des voies intestinales.
Séè lui reconnaît des vertus analogues aux alcalins sodiques. Je pense qu'U agit par son acide et, de même que les lactates alcaUns, comme
€upeptique. . .
G. Paul l'a essayé contre l'albuminurie. Il a vu 1 albumme dimmuer,
mais la néphrite n'a pas été modifiée.
Duiardin-Beaumetz a émis l'opinion que ce sel diminue la formation des toxines dans l'intestin, si facile dans l'albuminurie, d'où ses effets utiles chez les albuminuriques.
MIÎNTIIOL. 57
On administre le Lactate de slrontiane à la dose de 6 à 10 grammes par jour, en solution aqueuse, et ens?>op ; Sp. d'écorces d'oranges, 200 grammes ; Lactate de strontiane, 30 grammes.
MENTHOL. — Mentholum.
Angl. et AU. : Menthol.
Appelé encore camphre de menthe, ce corps, C-^H-'OS se tire de l'essence de menthe du Japon. Il est en aiguUles prismatiques, transparentes, incolores, d'une odeur particulière rappelant l'essence de menthe poivrée, très peu solubles dans l'eau, très solubles dans l'alcool, l'éther. D'ahord étudié par Markuson et Macdonald, 1877-79.
Action PHYSIOLOGIQUE. — Elle est très mal connue. On dit qu'il exerce sur le système nerveux central une action stimulante d'abord, paralysante ensuite. La sensibiUté, les mouvements réflexes, les mouvements volontaires disparaissent et la mort survient par paralysie du bulbe (Pellacani). Une cataracte aux deux yeux se produit au moment de la mort (Gharrin €t Roger).
Rosenberg aurait administré jusqu'à 6 et 9 grammes par jour de Menthol h des phtisiques sans déterminer d'autre accident qu'une hémoptysie ! Il est doué de quelques propriétés antiseptiques.
Mais, ce qui caractérise surtout ce médicament, ce sont ses effets antalgiques et anesthésiques locaux, qui le rapprochent (Rosenberg) de la cocaïne, et aussi la réfrigération qu'iï produit à la surface de la peau quand on 1 étale à sa surface. Ce n'est pas l'évaporation du Menthol qui cause cette sensation de fraîcheur; elle se développe, en effet, même quand on supprime 1 évaporation à l'aide d'une cloche de verre. Goldscheider invoque, pour expUquer ce fait, une excitation locale des nerfs de la thermahté, toute subjective, vu que la température s'élève plutôt au lieu d attouchement.
r^^^ZT ~ ^ Pomto'.-'k, WeUl, Huchard, Blondel l'ont admi-
, , T""" aotiémétique, agissant môme contre les vomis-
sements de la grossesse. Dana le vante comme antinévralgique - ScITi comme ant.calarrhal et antispasmodique; Rosenberg. contrée h 1 ieroZs ' Comme anesth sique et analgésique local. Rosenberg, Bêcha» n, ! ^; .llTc Hrrl"T =l>ez dermalades°'attaC
du pharvnx oendnnTnl , , '"'""''■'"''^e 1=> muqueuse du nez et • Lson ,L derm ,r Il calme les déman-
Modes d'administration et nn^pc n^, , • dosedeO^r 9s x , ^ — On peut prescrire le Menthol à la
de 0 gr. 2o à 1 gramme, dissous dans l'alcool (esprit de menthol, à 1 p. 50
58 MÉTHYLACÉTANILIDE.
d'alcool), en pilules ou capsules (dissous dans l'huile), pour le traitement interne.
Comme topique calmant, il est usité en Uniment (20 p. 100 dhude d'oUves), pommade (10 p. 100), emplâtre, incorporé h l'emplâtre sunple (5 p 100), crayons ou cônes (on le fond dans des moules spéciaux pour produire les crayons dits aniimigraine); en inhalation, h' l'aide d appareils inhalateurs spéciaux.
MÉTHYLACÉTANILIDE. — Methylacelanilidum.
Ansl- et AU. : Exalgine, . -,. r, *
Découvert, en 187-4, par Hoffmann, bien étudié par Dujardin-Beaumetz elBardet, 1889, ce corps, employé couramment sous le nom d ^xa/^me, a pour formule : C"H^-0^ [C^H^CnrAz)]; U est en cristaux prismatiques mcolores, solubles dans soixante parties d'eau froide, deux parties d eau chaude ; très soluble dans l'alcool.
Action physiologique. - L'Exalgine fait partie du groupe des médicaments analgésiques-antithermiques et se place à ^^*^^é de 1 acétamhde de l'antiDvrinet de la phénacétine, dont eUe reproduit 1 action a quelques nuancesprès. Elle est toxique chez le chien et le lapin Ces animaux succombent après avoir présenté les ^'^f'^'l^'^^^^l^^ anesthésie générale, crises convulsives épileptif ormes, abaissement de la t^^Zl paraly'sie des muscles de la motiUté, ^^^^^ ^^^^^^^^^^ Le sang est alors très altéré, couleur jus de pruneau, et renferme de la
"c~ïm:;une dose de 16 grammes a produit un empoisonnement grav atec vertige giratoire, analgésie complète, co-ulsions cloniques ou Ipileptiformes, coma, cyanose, asphyxie ^^^^^f ^.f^/j^^"^^^^^^^^ a encore noté la rigidité des muscles de la nuque, la dilatation pupillaire,
"^^^^^^ voire thérapeutique ^^elqu^s sy^tôm. simplement désagréables ont été notés : -.^*^f^^' ^^/^^^^ d'oreille, obnubilation de la vue, cyanose, anune légère. D aprcs baudi neau les doses fortes réduisent l'oxyhémoglobme. fCaudinpau
L'éUmination parait se faire en grande partie par les ^ems [Ga^^^^^^^ et Bardet). L'urine est diminuée, elle contient beaucoup dmchcan et l'urobiUnc (Marandon de Montyel). Action antiseptique faible
I Exal-ine semble porter son effort sur les centres ner^eux, pour les parais ? ou ^s parési'er. D'après Marandon de Montyel, c'est un pu.san agent de dénutrition, conlh^mation de l'i-g^meuse theoiae de I^b^ J^^^ Svoir que les troubles sensitifs, thermiques et trophiques sont tiois leime.
"uf f s' - L Sine est surtout analyésia.te^ôi que douée de vertus ^Z^:^ i^vralgies coiestives en particulier : névralgies
NAPHTOL. S9
vulgaires et même viscérales. Elle rend encore des services contre les douleurs rhumatismales, musculaires ou articulaires, les douleurs fulgurantes du tabès (Fraser); les crises del'an^o?' pecloris (Ferreira), l'insomnio et les céphalées chez les psychopathes (Edward Younger); enfin dans la chorée (Loventhal, Moncorvo) et les laryngites tuberculeuses (Désiré). Elle diminue la glycosurie du diabète, mais c'est tout. Son action thérapeutique m'a paru plus étendue que celle de l'antipyrine, laquelle ne calme bien que les algies de la tête, et aussi plus profonde. Elle ne détermine que fort rarement les éruptions à la peau si communes lors de l'administration de l'analgésine.
Modes d'administration et doses. — L'Exalgine s'administre facilement en cachet de 0 gr. 13 à Ogr. 25, deux et quatre fois par jour, aux repas (Desnos) pour éviter les effets désagréables. Très soluble dans l'alcool, on peut la prescrire en potion avec du rhum, du cognac ou du kirsch, sans dépasser jamais la dose quotidienne d'un gramme. IncompatibiUté, dans un cachet, avec l'acide salicyhque. Aux enfants, Moncorvo donne de 0 gr. 03 h 0 gr. 30 pro die.
NAPHTOL a. — Naphtolum a.
Angl. : Naphtol. — Ail. : Naphtol.
Aussi nommé Naphtolum a, C^oH'O^, ce corps est en aiguilles brillantes, incolores, d'une odeur de phénol, à peu près insolubles dans l'eau, à froid, plus solubles à chaud ; très solubles dans l'alcool, l'éther, le chloroforme, la benzine.
Il possède les mêmes propriétés que le Napthol p, mais U est plus de moitié moins toxique et enfin lui est supérieur comme antiseptique et plus insoluble (Maximowitch); donc il devrait être préféré pour les besoins de la pratique à son congénère, plus usité et officinal. Son équivalent antiseptique est 23, par rapport au subhmé coté 100.
NAPHTOL |5. — Naphtolum p.
Corps cristalhsé, mV0\ formant des lamelles brillantes, d'une légère odeur de phénol, d'une saveur acre et brûlante, solubles dans 1000 parties d'eau froide, 75 d'eau bouillante, très solubles dans l'éther, le chloroforme et la benzine.
Recommandé par le Codex, h défaut d'indication spéciale dans une prescription médicale. Mis en honneur par le professeur Bouchard, en 1887.
Action physiologique. - Les naphtols sont des phénols, dérivés de la naphtahne;ils sont donc caractérisés par leurs propriétés antiseptiques. Celles-ci ont été bien indiquées par Bouchard et Maximowitch. Une dose de Ogr. 10 p. 100 (Naphtol a), 0 gr. 13 (Naphtol p), met obstacle au déveoppement des microbes de la morve, de la mammite des brebis, du choléra des poules, du charbon bactéridien, des staphylococcus albus et aweus, du microbe du clou de Biskra, du bacille de la fièvre typhoïde, etc. A la dose de 0 gr. 20 à 0 gr. 23 p. 100, ils empêchent la germination du bacille
60 NAPHTOL.
de Koch. Les deux naplitols s'opposent aussi à la putréfaction des matières organiques.
L'équivalent antiseptique du Naphtol a est 0 gr. 12 ; celui du Naphtol fi est de 0 gr. 15.
Ces deux Napthols sont peu toxiques vu leur faible solubiHté ; mais en f aciUtant leur absorption, on arrive à trouver que chez l'animal l'équivalent de toxicité devient 0,08 par kilogr. : crises convulsives et mort lors d'une attaque.
On a vu chez l'homme ces mômes crises dans les empoisonnements, crises épileptiformes (Callot, Ménard, Gérard Marchand), avec coma; mort
lors d'ua accès.
Rossbach a signalé l'hémoglobinurie naphtolique.
Synergiques. — La naphtaline est un synergique des Napthols ; elle est plus toxique et (Bouchard) moins antiseptique; peu usitée. L'/tyrfro-JiapAio/ doit être cité également ; mêmes propriétés.
Usages. — Ils sont fondés sur la propriété antiseptique puissante et relativement inoffensive de ces agents. Insolubles, Us traversent sans presque s'altérer les voies digestives, et produisent surtout leur trajet une antisepsie complète. D où l'emploi des Naphtols dans les maladies microbiennes de l'intestin : fièvre typhoïde, entérites, etc., puis dans certames dyspepsies atoniques avec ectasie. Ils peuvent même agir contre les helminthes. .
Les usages externes sont très importants. Kaposi a le premier employé le Naphtol, et c'est contre certaines dermatoses : psoriasis, eczéma, ichlyose, séborrhée du cuir chevelu, prurigo, etc., qu'il le prescrivait. D'autres thérapeutes l'ont conseillé dans le traitement des dermatoses parasitaires.
Aujourd'hui les médecins, guidés par les beaux travaux de Fernet, emploient surtout les Naphtols contre les tuberculoses locales : ulcérations, adénites, tuberculose osseuse (Reboul); plus rarement comme antiseptique dans les angines microbiennes ou autres, les otites suppurées, les ophtalmies catarrhales, les métrites ulcéreuses.
Modes d'administration et doses. - C'est le Naphtol ^ que 1 on prescrit, à tort je le répète, presque toujours à Vintérieur; en poudre, dans un ,:achet; en potioyi, dissous à la faveur d'une préparation alcooUque ou dans le looch huileux, h la dose de 1 à 4 grammes (Équiv. de toxicité, :i6 gr.). A l'extérieur, pommade, au dixième ; eau naphtolée, à 0 gr. 20 par htre d eau. L'eau boriquée saturée favorise la solubiUté du Naphtol. Collodxon: Naphtol S 0 gr. 75 ; alcool camphré, 1 gramme ; collodion ricmé, 10 grammes (Poirson) ; glycéré : naphtol, 1 gramme ; glycerme, 20 grammes ; eau, 80 grammes.
En associant deux parties de camphre à une partie de Naphtol, on produit le Naphtol camphre, Uquide onctueux, à odeur de camphre, msoluble dans l'eauf miscible h. l'alcool, l'éther, les huiles fixes et volatiles, mcolore. €'est un très puissant antiseptique qui remplace avantageusement les Naphtols dans leurs appUcations médico-chirurgicales et, surtout, dans le
PARALDÉHYDE.
traitement des affections tuberculeuses locales ; Fernet la même injecté dans le poumon tuberculeux ; Rendu, dans la cavité abdominale, chez les sujets affectés de péritonite tuberculeuse.
D'autre part, si l'on ajoute au Naphtol |â fondu la moitié de son poids de soude caustique, on a la Microcidine, de BerUoz, d'un pouvoir antiseptique supérieur de dix fois à celui du phénol, de vingt-huit fois à celui de l'acide borique. Elle n'est pas caustique ni irritante, et s'emploie en solution à 3 ou ii p. 100 pour les besoins de la cMrurgie, comme antiseptique. C'est une poudre blanche, altérable à l'air.
NARCÉINE. — Le Supplément du Codex donne la formule du Sirop deNarc^ine : Narcéine pure, 1 gramme; acide chlorhydrique pur, 1 gramme; alcool à 90, 28 grammes; sirop de sucre préparé à froid, 970 grammes. 20 grammes de ce sirop contiennent 2 centigrammes de l'alcaloïde. On peut le prescrire à la dose de 30 à 60 grammes. La Narcéine est peu toxique ; elle possède les propriétés très atténuées de la morphine, c'est-àdire qu'elle est hypnotique, analgésique et anexosmotique.
OXYDE DE BISMUTH HYDRATÉ. — Oxydum bismuthicum. Angl. : Oxide of Bismuth. — Ail. : Wismuthoxyd.
On l'obtient en le précipitant de l'azotate neutre de bismuth par un excès d'ammoniaque. Il est en poudre blanche.
Van der Corput l'a préconisé comme succédané du magistère de bismuth. Il est bien évident que cet oxyde peut être un absorbant énergique des gaz et acides des voies digestives, supérieur sous ce rapport au sousnitrate ; mais ce dernier sel doit agir aussi par son acide, mis en liberté dans le gros intestin plus particulièrement par l'hydrogène sulfuré.
L'Oxyde de bismuth s'emploie aux mêmes doses que le magistère de bismuth, dont il a toutes les applications.
Le carbonate de bismuth me paraît son succédané naturel.
L'Oxyde de bismuth entre dans la composition de la poudre d'Odier : Oxyde de bismuth, 5 grammes; magnésie calcinée, sucre, 30 grammes. — F. s a., doses de 1 gramme. Elle est douée de propriétés absorbantes et antacides.
Il entre encore dans le cosmétique blanc de perle : Em de rose, 0',S6, Oxyde de bismuth, 113 grammes.
PARALDÉHYDE. — Paraldehyda.
Angl. : Paraldehyde. — AU. : Paraldehyd.
Form. : (Cir-O^)-". C'est un liquide Umpide, incolore, neutre, à odeur de pomme de remette, à saveur brûlante ; miscible à lelher et à l'alcool ; soluble dans 8 fois son poids d'eau, à froid, moins soluble à chaud. Découverte, en 1829, pai- Weidenbusch ; proposée, en 1883, par Cervello.
Action pijys.ologiqlk. - La païaldéhyde n'est toxique, chez le cliien, quà 2 grammes par kilogramme. Une dose mortelle produit les effets
PARALDÉHYDE.
suivants: anesthésio complète, perte des i^édexes, ralentissement du pouls, diminution de la tension artérielle, chute de la température, mort par arrêt de la respiration et asphyxie. On peut entretenir la vie par la respiration artificielle.
En définitive elle agit successivement sur le cerveau, la moelle épinière et le hulbe pour les paralyser.
A dose élevée, non toxique, cette substance montre des qualités hypnotiques remarquables. Les animaux s'endorment, sans aneslhésie marquée, sans troubles circulatoires évidents; leur température s'abaisse, la diurèse est souvent plus abondante; vaso-dilatation périphérique; exhalation moindre d'acide carbonique.
Chez l'homme, l'effet hypnotique est aussi manifeste, le plus souvent rapide, parfois précédé d'un peu d'excitation ou d'une légère ivresse, assez durable (quelques heures). Le sommeil paraldéhydique se rapproche de celui du chloral, avec rêves ou cauchemars dans quelques cas ; il n'est pas suivi d'un réveil désagréable. — Rarement on observe les accidents : crampes d'estomac, vomissements (Desnos) ou rash scarlatiniforme (Sommer). Diurèse, diaphorèse (Bokaï, Desnos, Morselh et Bergesis) manifestes. La Paraldéhyde n'est aneslhésique et analgésique qu'à doses élevées, dangereuses.
L'usage prolongé peut déterminer des accidents analogues à l'alcooHsme chronique (Von Kraft-Ebling), causer Thémoglobinurie et produire des symptômes comparables à ceiix de l'anémie pernicieuse (Prôhner). La Paraldéhyde altère le sang : l'hémoglobine peut être transformée enméthémoglobine.
L'élimination a heu très activement par les voies pulmonaires, à ce point de produire parfois de l'écume bronchique et de la congestion œdémateuse de la muqueuse des bronches. Probabihté d'éhmination par les reins également.
D'après Dujardin-Beaumetz, il y aurait antagonisme et même antidotisme entre la Paraldéhyde et la strychnine ; elle prévient, en effet, le strychnisme et peut le guérir (Cervello).
Usages. — La Paraldéhyde est un excellent hypnotique, rapide dans son action, sans influence fâcheuse sur le cœur, et dont l'usage (Hey) peut être prolongé; mais elle n'est pas analgésique, à dose thérapeutique, et elle donne à l'haleine une abominable odeur;d'aldéhyde (haleine d'ivrogne), sans omettre à. son passif quelques troubles digestifs. Inférieure au chloral, elle est supérieure au sulfonal assez souvent.
En psycliiatrie elle rend debons services chezles alcooliques, les maniaques, etc. Elle peut être administrée dans l'insomnie des cardiaques et des fébricitants (Desnos). Elle est contre-indiquéc dans les affections pulmonaires.
Modes d'admimistkation et doses. — Une dose de 2 k 4 grammes suffit le plus souvent. Si l'on échoue (8 p. 100), il est inutile d'augmenter. On l'administre en solution, dans un liquide alcooUque; en potion, aromatisée avec la teinture de vanille; en lavement, en émulsion avec jaune d'œuf,
RÉSORCINE.
n" 1. V injection hypodermique est mal supportée par le tissu cellulaire.
QUASSINE CRISTALLISÉE .— Quassina cristallisata. Angl. : Quassin. — AU. : Çimsin cryst.
Form.: C'H'-O^». Cristallisée en lamelles rectangulaires, solubles dans 30 parties d'alcool à 85 cent., 2 de chloroforme, 400 d'eau à 23°. Ce principe, découvert par Winckler, en 1835, est extrait des Quassia aviara et Quassia simarouba; il est obtenu pur par le procédé Adrian et Moreaux.
Action physiologique. — Elle a été assez peu étudiée. Nous savons par Gampardon que la Quassine stimule les sécrétions de toutes les glandes digestives, principalement des glandes saUvaires, gastriques; celles du foie et du pancréas, et que de cette façon, eUe active les digestions et favorise l'appétit, quand on Fadministre à dose faible. De plus, c'est un stimulant des fibres musculaires des voies digestives, d'où l'activité et la rapidité plus grandes des digestions. C'est donc un amer donnant de l'appétit, un stomachique et un digestif. La Quassine est particulièrement encore un stimulant des fibres lisses, dont l'action est hien appréciable sur la vessie.
A dose forte elle cause de la céphalalgie, du malaise général, des vertiges, des nausées, de la diarrhée (action cholagogue), des vomissements, la perte de l'appétit, la sécheresse de bouche et la dysurie.
A dose très forte, son action se rapproche de celle des poisons convulsivants.
Elle a pour antagonistes le chloral et le chloroforme ; pour auxiliav'es, les alcahns et pour synergiques les amers purs.
Usages. — La Quassine combat avec avantage la perte de l'appétit chez les sujets fatigués, anémiés ou chez les convalescents ; faciUte les selles, les digestions chez les sujets constipés et chez ceux qui sont atteints de dyspepsie alonique. Elle possède la curieuse propriété de faire disparaître de l'urine l'odeur produite par les asperges. Proposée encore pour favoriser l'expulsion des calculs biUaires et rénaux.
On l'administre aux doses de 6 à 15 milhgrammes (dose Max.), en pilules, granules, dragées.
RÉSORCINE. - Resorcina.
Angl. et Ail. : Resorcin.
Form.: G'^H^G''. Corps cristallisé en prismes rhomboïdaux, incolores, se sublimant au-dessous de 276",o; très soluble dans l'eau : i p. Al à i^",^, 2 p. 28 à 30", plus soluble encore dans l'alcool et l'ôther; d'une saveur sucrée désagréable, d'une odeur de phénol et d'à. bcnzoïque.
Découverte, vers 18C0, par lllassivelz et Barth ; introduite en Ihérapoulique par Andeer, H. CalUas et Dujardin-Beaumetz. Analogue de l'orcinc, de Forsrille, d'où son nom.
ÂCTio.x PHYSIOLOGIQUE. — Très voisine de celle de l'a. phénique. La Résorcine est antifermentescible à 2 p. 100, antiputride à 2 p. 100. Son
()4 RESORCINE.
action locale est nulle sur la peau intacte; irritante et légèrement analgésiante sur les muqueuses.
Toxique chez les animaux, à 1 gramme par kilogramme. On constate alors : chute sur le côté, mouvements convulsifs localisés, puis convulsions générales épileptif ormes, perte de la sensibihté, respiration irréguUère et accélérée, mouvements du cœur précipités, pression sanguine très augmentée, élévation de la température (CalUas), abaissement thermique (Andeer) ; mort par arrêt du cœur. Congestions viscérales intenses, sans que le sang paraisse modifié.
Avec une dose de 0 gr. 30 par kUogramme, mêmes symptômes très réduits et fugaces.
Éhmination principale avec l'urine, soit en nature ou bien en produits de
transformation.
Les hautes doses, chez l'homme (Andeer prit 10 grammes), donnent des troubles sensoriels, des vertiges et des convulsions cloniques, avec perte de connaissance.
Les doses faibles, longtemps continuées, amènent la dépression des forces, causent de la céphalalgie, des vertiges, des troubles des organes des sens, des convulsions.
La Résorcine frappe surtout les centres nerveux : cerveau, bulbe et moeUe épinière. Elle est moins toxique que l'acide phénique.
Synergiques. - Outre ses congénères de la série aromatique, on peut citer: le Résorcinol, corps résultant de la fusion d'un mélange de Résorcme et d'iodoforme ; poudre amorphe, à odeur d'iode, insoluble dans 1 eau, antiseptique et cicatrisant, pouvant aussi rendre des ser^dces dans les dermatoses démangeantes. La Phénorésorcinn, mélange de 67 A. phemque, 32 Résorcine, fondu et additionné de 10 p. 100 d'eau (Reverdm).
Antagonistes. - L'hydrate de chloral et le chloroforme empêchent les accès convulsifs; les préparations alcoohques ont été préconisées
comme antidotes. c-u ■ -, *
Usages. - La Résorcine est autithermique, surtout chez les febricitants; elle a donc été prescrite dans les pyrexies, mais sans grand proht Elle est plus utile comme antiseptique , c'est un succédané du phénol, moms
irritant, moins toxique.
Plusieurs médecins s'en louent contré la fièvre intermittente, ce serait, disent les Anglais, la quinine des malheureux (quinine of poor). C est encore un agent précieux pour produire l'antisepsie intestinale dans les divers catarrhes gastro-intestinaux.
Ses usages importants sont surtout ses usages externes. Elle a les indications chirurgicales du phénol, pour le pansement des plaies en géiieral et des ulcères simples, scrofuleux, syphUitiques en particuUer. C est en outre un bon topique dans les otites suppurées, les uréthntes ou vagimle^ blennorrhagiques, les piqûres anatomiques (antidote de la nécroloxme. dit Andeer). les chéloïdes, l'anthrax, l'érysipèlo (en inj. hypod.,;. la diphtérie, ia coqueluche, les ulcérations tuberculeuses du larynx u'ulvérisations
SÂLIGYLATE BASIQUE DE BISMUTH. 6b
laryngées). Les dermatologistes, à la suite d'Unna, prescrivent fréquemment la Résorcine comme topique contre le pityriasis capUis, la séborrhée sèche, l'eczéma séborrhéique de la face, et môme (Ihle) contre l'herpès tonsurans, le sycosis et les teignes.
Modes d'administratioiv et doses. — On prescrit, à l'intérieur, la Résorcine à la dose de 1 à 3 grammes, en polioii; parfois en lavement; plus rarement on pratique Vinjeciion hypodermique: sol. à 5 ou 10 p. 100.
Pour les usages chirurgicaux, sol. de 1 à 2 p. 100 dans l'eau distillée stérilisée. Contre les blennorrhagies, soL à 3 p. 100; les dermatoses, pommades, de 10 h 30 p. 100.
SALICYLATE D'AIN'ALGÉSIINE. — Salicijlas analgesinicus. Angl. et ail. : Salipi/rin.
Porm. : C-^IP^Az^O-. Cette combinaison d'A. saUcyhque et d'analgésine est en cristaux incolores, inodores, en forme de paillettes, d'une saveur un peu amère et sucrée, solubles dans 200 grammes d'eau à 13° et 2o d'eau bouillante, assez solubles dans le chloroforme, l'alcool et l'éther.
Proposé, en 1890, par Guttmann, de Berhn, sous le nom de Saliprjrine.
La Sahpyrine renferme pour 100 parties, 37,7 d'analgésine et 43,3 d'A. saUcyhque.
Son action physiologique rappelle complètement celle de chacun de ses composants.
A dose thérapeutique un peu trop élevée, 0. KoUmann a vu de son emploi des accidents assez inquiétants : vomissements, érythème vaso-moteur . envies fréquentes d'uriner, insomnie, vertiges, agitation, mydriase, perte de la parole, état syncopal.
Elle s'éhmine par l'urine, ou tout au moins trouve-t-on dans celle-ci de l'A. saUcyhque.
Elle est douée de propriétés antithermiques, et, par suite, de vertus analgésiques comme ses composants, utilisées surtout dans le rhumatisme articulaire aigu Les phtisiques atteints de fièvre s'en trouvent bien parfois; la température fébrile s'abaisse de 1 à 2 degrés ; H y a production de sueur, mais sans frisson ou malaise. On a encor^ utiûsé'ses vertu In talgiques contre les névralgies et la dysménorrhée
La SaUpyrine s'administre h la dose de 2 à. 3 grammes Gnifman,.
cotac. ''^ ' ^'^"'^"^'^ ^^^°°^^é' thé chaud et
SALICYLATE BASIQUE DE BlSIVirmi c/ ; / ,
Ce il ttn t / ~ '■ ^^^■^'""''^
solub e dat ""f''' '""'"'''^ ' P'^^^ ^^'^ dans 1 eau,
Le sel acide renferme (JaiUet) près de la moitié de son poids d'oxyde. f-iiBi.En et r.AUBÉE, Supplônient, 189.5. 5
^6 SALICYLATE DE CRÉSOL.
41 p 100 d'A. salicyUqiie combiné, le reste en acide saUcyUque libre el eau. Acides ou basiques, les SaUcylates de bismuth du commerce sont de composition très variable. Le SaUcylate basique, à 61 p. 100 d'oxyde, est le sel
■officinal. „ ^ , . ,.
C'est un composé très peu stable, se dédoublant facilement dans 1 intestm .en ses deux éléments, lesquels agissent chacun de leur côté. Par lui-même et -race à son insolubilité, il devient un excellent topique pour les voies ,di-estives et, comme il est doué de propriétés antiseptiques, il peut facilement produire l'antisepsie de ces voies. En effet, pendant son usage, les selles perdent leur odeur, et l' auto-infection par les matières intestinales • est notablement réduite. -, .
Une pareille action, jointe à sa quaUté d'antilhermique, avait fait supposer que le SaUcylate de bismuth pourrait rendre de grands services dans les maladies infectieuses avec lésions intestinales, la fièvre typhoïde narticuUèrement. D'où les essais de Vulpian, en 1882, peu encourageants, de Desplats, de Bouchard, ultérieurement, plus satisfaisants. L affection est ^râce au médicament, rendue supportable, moins pémble, sans que son cours soit abrégé ou que les compUcations puissent être é^n.tees Le professeur Bouchard le recommande volontiers encore dans la dilatation Stomacale, toujours à titre d'antiseptique. Il peut d'aUleurs être utihse avec profit dans le catarrhe stomacal ; dans les diverses variétés d enterites pour combattre la diarrhée, même chez les phtisiques
A l'extérieur. Desplats le préconise dans le traitement de 1 ulcère simple, comme topique antiseptique. 11 pourrait agir aussi contre les catarrhes du
T1P7 du vaain, etc.
On Vadn^ndlre en cachet ou potion, à la dose de 2 à 6 grammes par jour fractionnée. Souvent associé au naphtol. à la magnésie, au bicarbonate de soude, etc.
SALICYLATE DE CRÉSOL. — Salicylas cresolicus. Anel et AU.: Cresalol.
Form.: C^4P(C'''H'^0«). Corps cristalUsé; insipide, odeur de salol, msoluble dans l'eau, peu soluble dans l'alcool.
Obtenu par le chimiste Nencki; introduit en thérapeutique vers iSJU. Appelé encore Crésalol, paracrésalol, saUcylate de crésylol, il résulte de la combinaison du Crésol avec l'A. saUcyUque. Le Grésol est un houK.^^^ supérieur du Phénol, obtenu impur, par distUlation entre 200 et 210 degrés du -oudron de houille, et mieux, pur cette fois, par synthèse suivant Te procédé de notre éminent chimiste Friedel. Ce Crésol est supérieur au phénol comme pouvoir antiseptique (Delplanque) ; de plus U est quatre fois
T — Z ÎÏ:^«o que nous étudions, est tout . fait l'analogu du SaUcylate de phénol ou Salol (Voy. ce mot) ; eUe en a le propriétés et les appUcations; elle se prescrit aux mêmes doses et de la même façon.
SALICYLATE DE NAPFITOL. 67
SALICYLATE D'ÉSÉRINE. — Salict/las eserinicus.
Angl.: Salici/late of physostigmine. — AH.: Physostigmin salictjlat.
Form. : C^»fP'Az^OSG'''H''0'''. Corps en cristaux prismatiques, incolores ou un peu jaunâtres, solubles dans 150 parties d'eau froide, 22 d'alcool à 95 et à 15». Il renferme 66,6 d'ésérine, et 34,4 d'A. salicylique.
Ce sel, très stable, a été proposé par Merck, en 1879, pour remplacer l'ésérine dans ses applications thérapeutiques. Il a, en effet, toutes les propriétés de sa base et se conserve beaucoup mieux que le sulfate ou le bromhydrate. On le prescrit aux mêmes doses : 1 à 2 milligrammes, à l'intérieur; en collyre, à 0 gr. 05 ou 0 gr. 10 p. 100.
SALICYLATE DE NAPHTOL [î. - Salicylas naphtolicus p. Angl. et AIL: Betol, [Naphtalol).
Form.: C^»H«(Gi'^H«0^). Corps cristallisé en lameUes incolores, presque modores, msipides, insolubles dans l'eau froide, solubles dans 140 parties d'alcool k 95, et à 15», très solubles dans le chloroforme, assez solubles dans l'éther et la benzine.
Plus connu sous le nom de Bétol, ce médicament a été tout d'abord préparé par Nencki et bien étudié, en 1887, par Kobert, Sahli et Lépine Il se rapproche beaucoup, par sa constitution cliimique comme par ses propriétés thérapeutiques, du Salol, étudié ci-après, d'où les noms de Naphiol-salol, Salinapktol qu'on lui a donnés.
Ingéré par l'estomac il se dédouble dans l'intestin en acide saUcyMaue ' et naphtol p, lesquels agissent chacun de leur côté : le premier anrès absorption, le second localement. Le Bétol combine donc les propriétés de ses deux éléments, c'est par conséquent un antiseptique, un désinfec' tant, un analgésianL Son acide se retrouve dans l'urine à l'état d'acide sahcylurique après absorption.
11 est d'aUleurs peu toxique, beaucoup moins à coup sûr que le phénol e moms encore que le salol. Celui-ci contient, en effet, 10 p 100 en Zs d acide sahcyhque d'une part, et, de l'autre, son acid phémque est p us actif et toxique que le naphtol. emque est plus
aiRu II V est b eVl^^^ """''^f' ^"'"''feme articulaire
aigu. 11 y est men tolère, sans causer de vertiges de rrinh^ioin-- a
bourdonnements d'oreHle. C'est un médicam nt prédeu^^^^^^^^^^^
antisepsie intestinale, grâce à son dédoublement dans LtLk so^^^^^ 1 influence du suc pancréatique et du suc intestinal T p R,..n T son emploi dans les dyspepsies •ifonim,!rJ ?. . ^ ^'''''''^ '"'^'^ associé au salicylate'de Su r aux ' n ^''""''''''^ sine. etc. KéaUse aussi par soT^s^l^ vV ^^ T'' ^^^^^^^^^^'^^ P-^P"
désagréable neut Atr^ r..- ^^tol, dune saveur qui n'est pas
cineStUerou dl^^^^^ '"T'"'^" clans une ;.o/eo«, dans du lait (médefractionnée dose est de 1 à 3 gr..
jj, SHUCYLATE DE PHÉNOL.
SALICYLATE DE PHÉNOL. - Saliajtm pkemlicm.
fÔ™ C.'hHC''h;'0'). Poudre cristalline, Manche, d'une odenr et dVne saveur aromatiïu ^VécM^^. insoluble dans l'eau (".de solub e driO parties d'alcool, très soluble dans la ben.ne, la vaseUne, les huiles nxes et les essences^ composé a été découvert par
.e'n^rerSrerinlXt dans notre matière médicale par SabU, en .880. 11 contient 60 d'acide sa» et «de^^^^^^^^^^^ ^^^^^
Ac,.,o» P»--»™; ; - u"yr,es organismes intérieurs, par son antiseptique et, h ce *'''^',^ . ^'.'^Vest un agent d'antisepsie assez ''c:: sr é;S;re"st':"ent:: . et S^^rammes. (BoucbardO '"sur'l s — supérieurs ses effets sont variables vu ,u^d est^es insoluble, et s'absorbe mal ^^^^"-^ ^dé'^^^^^^^^^^
rence favorables, ou bien il n'a pas lieu du tou •
du cœur, puis une élévation de la t^mpé ature^ température atteint 40». Ihélium des reins. ^^,>tûiip rhp/ l'homme, à doses sou-
.':t^t -bL-tiT^— » - —
de Salol sans être bien incommode.) dans le coma, après
de connaissance, etc. • ^ n« tvnnvp en effet, dans
L'éUmination du Salol se fait par ™X'r pvoduits
l urine, de l'acide saUcylunque et de 1.^ de Pf ^„,';,„„,eur
tassique. analeésiques-antilhermiques et les phé-
,,rrr:n7— S sl^llo au's..,..«e, qui sera étudié Ua
^"ÏÏr-t:t.olestantisepUq^^^^^^^^^^^^^^^^
z::^:^:^^ rt'qU..es.uL rée. mtéré,.
SALICYLATE DE PHÉNOL.
Gomme source d'acide salicylique il a été employé, et avec succès, dans le rhumatisme articulaire, aigu et subaigïi, voire même (Jacquemart) chronique, et contre les manifestations rhumatismales delà gorge et de l'œil. Mieux supporté que le saUcylate de soude, il lui est notablement inférieur dans tous ces cas.
Analgésique, il a pu calmer des états névralgiques. ?]st-il bien l'égal (Klœfeld) de l'antipyrine? C'est douteux.
Le Salol se décompose assez facilement dans l'intestin, miheu alcahn, au contact du suc pancréatique et de la bile, peut-être aussi (Lépine-Aubert) des microbes intestinaux, en ses deux éléments ; il peut donc assurer ainsi l'antisepsie intestinale, d'où ses usages dans les entérites, celles des jeunes enfants surtout, affectant l'intestin grêle ; dans les dyspepsies intestinales (Hirtz); dans la fièvre typhoïde, où il manifeste encore ses qualités d'antithermiqiie; dans le choléra, où il agit bien (Lôwenthal) contre le bacille, et même dans la fièvre jaune (Ferreira). Malheureusement son action est lente quand il y a de la fièvre, car les sécrétions du pancréas sont ralenties, partant le dédoublement est retardé ou nul.
Ses produits d'éhmination par les reins assurent dans une certaine mesure, assez restreinte, l'antisepsie des voies urinaires. On Ta donc administré dans le catarrhe de ces voies et aussi contre la blennorrhagie (Dreyfous, Hirtz, Talamon). Enfin Lutz l'a beaucoup préconisé dans^la phtisie fébrfie, contre laquelle nous sommes si peu armés; et Nicolaïer dans le diabète.
A l'extérieur le Salol a de nombreuses et bonnes appHcations. Mais c'est à tort qu'on l'a vanté comme succédané de l'iodoforme. Il est utile pour le pansement des ulcères de toute nature : simples, gangreneux, scrofuleux, syphihtiques ; comme topique des plaies cMrurgicales, des brûlures (Perrier), des pustules de variole (Talamon), de certaines dermatoses • impétigo, sycosis; enfm dans l'otorrhée (SahU). Dans tous ces cas sa poudre protège les lésions, de plus elle est partieUement décomposée (Panuh) par les pyogènes qui dès lors restent inactifs, ce qui faciUte la réparât on des tissus lésés ; le Salol est un cicatrisant «paraiion
Peut-on compter sur le Salol pour faire le diagnostic d'une lésion du pancréas ou bien pour déterminer l'état de la motricité stomacale 'c'
d^rZtridté^rtom T P^"^^-^-' - atraiblilsemeni
de la motricité stomacale retardent sa décomposition et, par suite le pas-
MonKs n-AnMT^,.:. ' ''P'^*'^ 1 ablation du pancréas.
LfdTsl dW ; ? ^^^^"^^ au-dessous de deux ans.
donne le sll n ''^'^'-'-^Hnè.s dans les afl^ections rénales. On
'oc-ra^co;!^' ^ ^"^P'^^^'l» ^'^^ 'ooch huileux;
^^n Z^ '^^ ''^'y^^'' ^« l^i^»^"^'». «te. ; rarement en
3o"r2mer ^''"^"^'''^ d'^^"^^^^^^<^« douces,
STROPHANTINE.
A l'extérieur, on le prescrit en pomma^ie / 4 grammes pour 30 grammes de vaseline (et non d'axonge); en poudre fine. On prépare encore un co//odion salolé ■ Salol, 4 grammes, élher, A grammes ; collodion élastique, 'ogrrmts-un^ Eau de Bolot, 100 grammes; Salol, .à
o orammps' — une ouate salolée. , ,
Qu^d on combine parties égales de Salol et de camphre on a le Salol SZé liquide sirupeux, incolore, odeur forte moms irritant que le naphtol Camphré, topique très utile dans les alTections catarrhales dune. Pt de l'oreUle, ou pour le pansement des plaies.
^ Isalovhène qui est encore un Salol, préparé par Bayer et propose par Gv—' ^1891, est en cristaux blancs, insolubles dans l'eau, ou à peu Brès solukes dans l'alcool et l'éther, inodores, insipides.
Dans le Salophène le phénol est remplacé par l'acétylparamidophénol, qui n'estas tLique. La composition est de ol p. 100 d'A. sahcyhque. contre 49 d'acétylparamidophénol.
Comme le Salol le Salophène se dédouble dans l'mtestm au contact du suc pancréatique; 84 p. 100 enwon (Siebel) subissent ce dedoublemen
C'est pourquoi le Salophène agit surtout par son acide sabcyhque et comme 11711 a ses applications : contre le rhumatisme articulaire plus ^pSement dans la' médecine infantile (Drews). parce qu'û est peu toxique. C'est aussi un analgésique et un antiseptique.
Il se prescrit en cachet, à la dose de 3 à 5 grammes par jour.
*iAflCYLATE DE SOUDE. (Com^entfwOT.)
et sèl soluble dans son poids d'eau et non pas dans 10 parhes d ea»
froide.
STROPHANTIÎVE.
tt .tr: «el^li ptt:— du S.„p.antus Ko^M
„epf 'co. d.. r:
excess ve la p us g ande connu; (Butlin), peu so.nble dans îC iCde so^uble dans l'afcool, insoluble dans l'éthe. La semence 1,, Knmbé en renferme de 0,« ii 0,B0 p. 100 (Arnaud). , ^ „ ,
ACT N Pn'" 0.00.0... - Elle est tout à fait comparable à celle du Stro'rantus ofllcinal, cependant la Strophantine a une pl.armacod, naun.
"".r^lffreUe a des effets très irritants, injectée sous la peau. Comme Localemen eue a d s „„<,ueuses, mais de plus longue
durr'(Gle;5 - ophtalmologie en raison de l irritation
"r^t^ t'ijrrr: S-es tuem m. dUen de ff UUo- " WP.i«és vaso-constrictives sont de toute évidence, étudiées avec
SULFATE DE SPARTEINE.
le néphrographe de Roy (Sée et Gley); elle diffère eu cela du Strophantus dont l'action sur les vaso-moteurs est peu marquée.
L'action diurétique est nulle (dans les cardiopathies).
A petite dose, chez l'iiomme, elle agit en deux ou trois minutes,, injectée sous la peau : céphalalgie, bourdonnements d'oreUle, nausées, vomissements, ralentissement du pouls, augmentation de la pression du
sang.
Usages. — Ce sont ceux du Strophantus. Mais ce principe est très toxique, très irritant; nous n'en recommandons pas l'emploi. La Stropliantine d'Arnaud est irréprochable. On pourrait l'utiliser à la dose de 2 à 4 dixièmes de milUgramme, en granules de 1 décimilUgramme, plus rarement en injection hypodermique.
SUBLIMÉ CORROSIF. — Deux formules nouvelles sont inscrites dans le Supplément du Codex, relatives à ce sel. Ce sont les suivantes :
1° Papier au chlorure mercurique et au gulorure de sodium.
Chaque feuUle de ce papier donne par immersion dans un litre d'eau, une solution de sublimé à 0,25 p. 1000. C'est là un moyen commode de préparer extemporanément les solutions de sublimé nécessaires aux besoins de la chirurgie ou de l'obstétrique.
2° Poudre de sublimé corrosif et d'acide tartrique.
Elle se compose de : Chlorure mercurique pulv., 2 gr. 50 ; acide tartrique ■ pur, pulv., 10 grammes ; soluté alcoolisé de carmin d'indigo sec à 5 p. 100, X gouttes. Divisez en dix paquets.
Chaque paquet dissous dans un Utre d'eau, donne la solution de sublimé à 0,25 p. 1000, utilisée lors de l'accouchement pour les besoius de l'antisepsie. Rien de plus facile que de graduer la force des solutions antiseptiques avec cette poudre d'une solubilité rapide; elle est en outre facile à conserver.
SULFATE DE SPARTEINE. — Sulfas sparleineus.
Angl. : Sulphate of sparline. — Ail. : Schwefelsuiiren Sparfein
Form. : G-H-AzSS^H^O«. Le sel cristallisé avec 5 molécules d'eaureprésente le Sulfate de spartéine officinal. Il est en cristaux incolores très solubles dans l'eau, solubles dans l'alcool, insolubles dans l'éther ' d'une saveur très amère. C'est le plus stable des sels de Spartéine! l'alcaloïde du Spartium scoparium.
Action physiologique. - Ce sel n'a pas d'effets irritants pour la peau ou pour les muqueuses ; mais en badigeonn^ge sur la peau il abaisse la température fébrile à la façon du gaïacol (1 à 5 degrés) et fait pâlir les surfaces congestionnées (érysipèle, exanthèmes).
Administi-é aux animaux à dose to.xique, il détermine des trcmblemonls généraux, de l'm coordination des mouvements, de l'hypercxcitabilité rellexe, des convulsions toniques ou cloniques, puis la résolution musculaire par paralysie des nerfs. Le cœur et la respiration, d'abord accélérés,
SULFATE DE SPARTÉINE.
ralentissent leurs mouvements, la pression sanguine baisse (Masius), le collapsus survient, très profond, avec arrêt du cœur et de la respiration; mort par asphyxie (De Uymon).
Chez l'homme bien portant, Ogr. 45 ne donnent lieu à aucun effet physiologique (Legris); 0 gr. 30 causent des vertiges, des éblouissements, du mal de tête, des palpitations, des fourmillements dans les membres, tous accidents fugaces, et (Prior) de la diurèse.
La Spartéine s'élimine par les reins.
En définitive, cet alcaloïde, à dose toxique, exagère le pouvoir excitomoteur de la moelle, puis l'abolit; il paraît aussi abolir l'excito-motricité des nerfs périphériques, à la façon du curare ou encore de la cicutine, avec laquelle il a, d'ailleurs (Fick, 1873), une analogie de composition. Il paralyse aussi les terminaisons des fibres sensitives et détermine l'anesthésie locale des tissus.
Laborde a montré que la Spartéine a surtout une action élective, prépondérante sur le cœur, due à une influence bulbo-myélitique d'une part, et, de l'autre, à une action sur l'appareil nerveux ganglionnake de ce viscère. Comme agent cardiaque, elle viendrait après la digitale, et se rapprocherait aussi (Léo) de l'iodure de potassium. Au dire de Cushny et Matthews elle prolongerait la diastole ventriculaire tandis que la digitale agirait surtout sur la systole.
La majorité des physiologistes dénient à la Spartéine tout pouvoir sur la pression sanguine et sur le centre vaso-moteur.
Usages. — La Spartéine est un tonique cardiaque d'une réelle énergie, agissant sur le cœur seulement et d'efl'ets nuls sur la circulation périphérique, un « cardiaque pur » (Gapitan), d'où ses applications thérapeutiques assez nombreuses. On peut la prescrire toutes les fois que le myocarde a flécM et que l'action du cœ.ur a besoin d'être soutenue ou régularisé!-. Sous son influence l'organe bat avec plus de force et de régularité ; il peut lutter avec avantage contre les causes qui s'opposent au cours régulier du sang.
Il n'est donc pas surprenant de la voir recommandée dans la plupart des cardiopathies, qu'U s'agisse de lésions valvulaires mal compensées, avi'c surmenage du cœur, ou de dégénérescence peu marquée du myocarde, et même d'asthénie cardiaque dans les pyrexies, les affections pulmonakes. les lièvres infectieuses, et aussi de faiblesse cardiaque chloroformique (ici l'admiiiistratiou de la Spartéine est préventive), etc. Son action cùrativc est toujours rapidemeiit obtenue; en cela elle est supérieure à la digitale, un peu lente dans ses effets, mais elle lui est inférieure sous le rapport de la puissance.
Dans l'asystolie avancée la Spartéine n'a pas d'action suffisante, bien qu'eUe ne soit pas tout à fait dépourvue d'effet diurétique (Lewaschew. Rhode), sans doute parce qu'elle est sans effet sur la circulation périphérique. Elle réussit bien à. modérer les tremblements d'origine diverse, puis contre l'arythmie nerveuse, l'asthme cardiaque et (Clark) le goitre exophlal-
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mique dont elle serait le spécifique! Huchard la préconise, associée à l'iodure de potassium, dans la cardio-sclérose. Enfin c'est une ressource pour les malades qui ne supportent pas la digitale.
A Vextérieur, Guinard et Geley prescrivent la solution au vingtième en badigeonnage contre l'érysipèle et comme antithermique.
Modes d'administration et doses. — Le Sulfate de Spartéine s'administre à la dose de Ogr. 05 à 0 gr. 25 pro die, en pilules, potion, sirop : 0 gr. 30 pour 300 grammes de sirop d'écorces d'oranges ; en capsules (Houdé) de 0,02 ; en injection hypodermique: solution au cinquantième, soit 2 centigrammes par gramme, c'est-à-dire par seringue de Pravaz.