‹ Commentaires th©♭rapeutiques du Codex medicamentarius [electronic resource]Chapitre 182 sur 384 · SAULE BLANC · texte numérisé non relu

SAULE BLANC

agréable que celle de sa congénère, rendrait les mêmes services, et s'emploie de la même façon.

SAULE BLANC, Salix alba, L. — SalicinéES. Angl. : Willow. — Ail. : Weide.

Le Salix alba, qui croît en abondance sur le bord de nos rivières et dans les endroits humides, ne se distingue de ses nombreux congénères indigènes, les Salix caprea, S. pentandra, S. purpurea, etc., par aucune vertu spécifique.

Composition. — L'écorce du Saule blanc, analysée par Pelletier et Caventou, a donné les principes suivants : matière colorante jaune, amère ; matière grasse verte; tannin, magnésie et acide organique. Plus tard Brugnatelli etFontana entrevoyaient un principe spécial, la Salicïne, que Leroux parvenait ensuite à retirer à l'état de pureté.

La Salicine (G^eHi^Qi*) est un glycoside (Wurtz) qui se rencontre tout formé dans la généralité des espèces des genres Salix et Populus. Elle est blanche, cristallisée ; 100 parties d'eau froide n'en dissolvent que 5 ou 6 parties, mais elle est beaucoup plus soluble à chaud et se dissout assez bien dans l'alcool. L'acide nitrique la transforme en Hélicine, qui renferme 2 molécules d'hydrogène en moins, et peut se dédoubler en glycose et en essence de spirée ulmaire, sous l'influence des alcalins ou bien par l'intervention de la levure de bière ou de la synaptase. Et, si l'acide azotique est très concentré, la Salicine est transformée en acide oxalique et acide picrique. De plus, elle se métamorphose directement en glycose et Saligénine, sous l'influence de la synaptase et même de la salive, ce qui implique un défaut de stabilité autorisant la supposition que la Salicine pourrait bien se détruire également en présence des ferments digestifs. On sait déjà que, dans certains organismes animaux, chez l'homme plus particulièrement, la Salicine est invariablement transformée en acide salicylique, et les insectes qui se nourrissent d'écorce de Saule produisent, dit-on, cette métamorphose.

C'est, d'ailleurs, une substance d'une amertume forte et franche, jouissant de propriétés toniques analogues à celles de la quinine, sans avoir au même degré l'inconvénient d'irriter l'estomac. La Salicine est absorbée et s'oxyde dans la circulation ; on la retrouve dans l'urine à l'état d'hydrure de salicyle ou acide salicyleux, Ci^H^O* et A'acide salicylique C^'^E^O^.

On l'emploie comme succédané du sulfate de quinine, auquel elle est inférieure en puissance antipériodique. Elle est cependant réellement fébrifuge (Cazin). C'est un tonique qui n'est pas à dédaigner dans la dyspepsie, la débilité générale avec anémie, dyscrasie et cachexie, et môme dans la fièvre intermittente. Elle se donne en poudre, à la dose de 50 centigrammes à 2 grammes dans du pain azyme, ou bien dissoute dans une infusion aromatique. On dit son action plus rapide quand elle est administrée simplement en poudre.

Duhalde et Halmagrand l'ont associée au cyanoferrure de sodium, et

3gg SCAMMONEIL D'ALEP.

prescrivent des pilules de 20 centigrammes de sel double, comme équivalent de 10 centigrammes de sel de quinine.

Dans ces dernières années, en présence des effets thérapeutiques obtenus avec les préparations salicylées, l'élude des applications thérapeutiques de la Salicine a été reprise. Les expériences de plusieurs médecins anglais, Maclagan, Sydney-Ringer, celles de Senator ont démontré que ce médicament possède en réalité la même action thérapeutique que l'A. salicylique dans le rhumatisme articulaire aigu et les pyrexies (Voy. A. salici/lique).

Action physiologique et usages. — L'écorce du Saule blanc est un amer astringent dont les propriétés sont dues à la présence du tannin, et principalement à celle de la Salicine. Son action physiologique se confond par conséquent avec celle de son principe immédiat. Les sijnergiques du Saule et de la Salicine sont ceux des amers et des antipériodiques (Voy. guinquina), mais nous leur assimilerons particulièrement l'écorce du peuplier tremble et la populine, considérées par quelques personnes comme identiques avec la Salicine ; celle du marronnier d'Inde et Vesculine, du pommier et la phloridzine, du frêne et la fraxine, lesquelles se rapprochent tout à fait de l'écorce du Saule et de la Salicine.

Cette écorce est employée en poudre et en décoction, soit à l'extérieur, comme astringent, sur des plaies, des contusions, etc., soit à l'intérieur, en qualité de tonique dans les troubles digestifs, les étals de langueur et de débilité consécutifs aux maladies aiguës, dans les hémorrhagies, les flux muqueux ; en qualité de fébrifuge, dans les fièvres intermittentes vernales, automnales et palustres ; enfin, à titre d'anthelminthique.

La poudre d'écorce de Saule se donne à la dose de 2 à4 grammes, comme tonique ■ de 10 grammes et plus comme fébrifuge, et la décoction se prépare avec 30 grammes d'écorce pour 500 grammes d'eau : à prendre depuis deux cuillerées jusqu'à une verrée chaque fois.

SCABIEUSE, Scabiosa succisa, L. — Dipsacées. Angl. : Field Scabious. — AU. : Ackerscabiôse.

Différentes espèces indigènes du genre Scabiosa sont employées en médecine comme amères et dépuralives: ce sont les Scabiosa arvensis, S. sylvatica et S. succisa. Celle-ci, la seule mentionnée au Codex, joint à l'amertume commune aux trois espèces un certain degré d'astringence. De même que ses congénères, elle est estimée dépurative, sudoriflque, et usitée comme telle dans les affections dartreuses avec déterminations morbides vers 1 un ou l'autre tégument. En outre, ses propriétés légèrement styptiques l'ont fait employer contre la leucorrhée, l'amygdalite et les ulcères atoniques.

SCAMMONÉE D'ALEP. Suc concret du Convolvulus Scammonia, L. — Convolvulacées- Convolvulées.

Angl. : Scammony. — AU. : Scammonium.

1 J'convolvulus Scammonia habite les haies et les buissons, en Grèce et dans l'Asie Mineure. Elle fournit une substance résinoïde, poreuse, noi-

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