Q SCILLE
violent - le narcotisme survient ensuite, et la mort semble avoir lieupar la paralysie du cœur. Appliquée parla méthode endermique, la SciUitineagil plus rapidement et se montre presque exclusivement narcotique. Un lapm est tué en trente-sept minutes, et un cbien en moins d'une heure et demie.
Et maintenant les recherches relativement récentes de Husemann, de Gœttingue, nous apprennent que la Scillipicrine, poudre blanche amorphe très amère, soluble dans l'eau, possède une action puissante sur le cœur, dont elle ralentit les battements et qu'elle arrête en diastole.
La Scillitoxine, amorphe, brunâtre, insoluble dans l'eau et dans l'éther, soluble dans l'alcool, très irritante topiquement pour les muqueuses, est aussi un poison cardiaque plus énergique que le précédent, arrêtant le
cœur en systole. , ui j
La SciUine, poudre jaune, insipide, peu soluble dans 1 eau, soluble dans l'éther et l'alcool, est au contraire beaucoup moins active que les précédentes sur le cœur. , , , i. •
Quant à la SciUaine, de Jarmested, c'est une poudre blanche ou jaunâtre, sans odeur, amère, un peu soluble dans l'eau, l'éther et le chloroforme, très soluble dans l'alcool. Elle est douée d'une action éméto-cathart.que et reproduit absolument les effets de la digitale.
Il serait beaucoup plus simple de conserver le nom de Scilhtine, pour désigner le principe de la SciUe, et de l'appliquer au produit réellement utile et défini de ce médicament quand on sera parvenu à s'entendre sur sa nature et sa préparation. . . . , ^ -f
ACTION PHYSIOLOGIQUE. - Topiqucmcut, la SciUe fraîche produit sur la peau de l'irritation qui peut aller jusqu'à la vésication.
A doses modérées, la Scille excite des nausées et des vomissements arement de la diarrhée. En plus petite quantité elle ne ^onne heu qu ^ un accroissement de sécrétion des muqueuses bronchique et gastro-inte t, nale, ainsi que des reins, ou, à leur défaut, du tégument ex erne. L ac on diurétique est la plus prononcée et la plus constante, «l^^. ^^^^^^^^"^^"J moins manifeste que les effets éméto-cathartiques ^««^ Plus mten e . G particularités ont reçu plusieurs explications, suivant 1 idée qu on s e.t a te Su mode d'action du médicament. Voici comment nous mterprétons les phénomènes. La Scille agit principalement sur l^s premières voies et se^n fa dose, elle donne lieu, soit à un simple malaise gastrique, «J'^°™P^«f seulement d'un peu de nausées, soit à des évacuations par le P ^
le bas. Dans le premier cas, les sécrétions aqueuses des ^^ins, ou accido tellement de la peau, se trouvent accrues; dans le sec°"^\^«^^;.f^P'''^^^^^ nie ne se produit pas à cause de la puissante dérivation qui J^" ^^^^^^ du tube digestif. En d'autres termes, l'impression faite sur la m"^"eu^« gastrique est le phénomène primitif et fondamental, les -très symptômes font secondaires et dérivent du premier par sympathie ou action réflexe Pour se rendre compte de la diurèse, il n'est pas besoin d'invoquer le passage des principes delà Scille à travers les glandes uropoiétiques Nod fons autant de la diminution de fréquence du pouls, qm est réelle, ma.s
SGILLE. 371 qui s'observe indépendamment de toute cause spéciale, chaque fois qu'il existe des nausées et des vomissements.
Ce n'est pas à dire pour cela que les principes actifs de la Scille ne puissent être absorbés : ils le sont certainement, et leur élimination par les reins est sans doute une cause de diurèse en môme temps que de ralentissement du pouls et de sédalion générale, seulement la clinique ne nous enseigne pas encore à discerner les symptômes dus à leur présence dans le sang, de ceux qui se rattachent à leurs effets locaux sur l'appareil digestif. Toutefois on retrouve, dans le tableau de l'empoisonnement par la Scille, quelques traits qui rappellent les résultats des expériences de Gosselin et Marais.
On ne saurait, en définitive, mettre en doute l'action cardiaque et cardio-vasculaire de la Scille, d'où résultent le ralentissement du pouls et l'augmentation de la tension artérielle, et, secondairement, l'action diurétique. A dose excessive, la Scille agit comme un poison âcre qui devient indirectement narcotique ou stupéflant. Les symptômes qu'elle produit sont des vomissements, des évacuations alvines, des coliques, la strangurie, des urines sanglantes, le refroidissement, une sueur visqueuse, des convulsions, la torpeur, le coma et la mort. A l'autopsie, on constate une violente inflammation, et parfois la gangrène de l'estomac et des intestins; de plus, le cœur est arrêté en systole (Husemann).
Substances synergiques, auxiliaires. — Les agents de la médication éhiétique sont synergiques de la Scille pour son action sur l'appareil digestif comme pour ses effets diurétiques. Comme stimulant direct de la sécrétion urinaire, elle aurait des analogues dans la digitale, le muguet des bois et le bromure de potassium, et, sans doute, des succédanés dans quelques espèces de la même famille. En Chine, V Anernarrhena asphodeloides est employé aux mêmes usages que la Scille.
Substances antagonistes. — Antidotes. — Les antagonistes de la Scille sont ceux des autres émétiques et des poisons âcres, à savoir : les aromatiques, les eaux acidulés gazeuses froides, et par-dessus tout, les opiacés. Ceux-ci en doivent être considérés comme les antidotes.
Usages. — La Scille est peut-être le plus efficace des diurétiques. Elle est employée comme telle dans les hydropisies dépendant d'une affection du cœur ou d'une dyscrasie, quand il n'existe aucune complication irritative ou inflammatoire du côté des organes digestifs. Elle agit de même quand on se borne, suivant la recommandation de Van Swieten, à obtenir la nausée, sans aller jusqu'au vomissement, parce qu'alors, conformément à nos idées, l'irritation sécrétoire se porte vers le rein. La grande quantité d'eau soustraite au sang appelle l'absorption périphérique, et l'anasarque se réduit ou disparaît par ce mécanisme.
Hirtz préconise les préparations de Scille, l'extrait en particulier, dans 1 albuminurie avec anasarque, sans tenir compte des lésions rénales, assurant qu elle dissipe l'œdème et dégorge la glande malade en stimulant sa fonction.
L action expectorante de la Scille est beaucoup plus incertaine ; cepep-