ACÉTATE NEUTRE DE PLOMB, SEL DE SATURNE, SUCKE DE SATURNE
offre une saveur à la fois sucrée et astringente, avec un arrière-goût mé- ' tallique désagréable. .. . ,. ,
Localement, l'Acétate de Plomb exerce une action styptique sur les tissus et coagulante sur les matières albuminoïdes avec lesquelles il forme des composés en majeure partie insolubles dans l'eau et les acides. Des doses fortes introduites dans l'estomac déterminent une vive irritation de la muqueuse, avec sensation de brûlure, douleur à l'épigastre et vomissements. Absorbé en grande quantité à la fois, l'Acétate de Plomb va porter dans tout le système son action astringente; il diminue la sueur et les autres sécrétions, ralentit le pouls, abaisse la température et combat la tendance aux hémorrbagies. Mais, s'il est pris à petites doses longtemps répétées, il agit comme altérant et détermine la colique sèche, les paralysies, les névroses et tous les autres symptômes du saturnisme chronique qui seront décrits à l'article Plomb (voy. ce mot). J'ai vu le liséré saturnin se manifester au bord libre des gencives une douzaine de jours seulement après le début du traitement interne par l'acétate de plomb. Hérard rapporte un cas d'intoxication saturnine grave, survenue chez une femme qui n'avait pas pris au delà d'une dizaine de jours la dose quotidienne de 5 à 10 centigrammes de ce même sel plombique.
Usages - L'Acétate de Plomb a été principalement employé pour son action astringente, topique ou généralisée, particulièrement dans le flux muqueux du canal digestif, des bronches et des organes gémto-urinaires. C'est à ce titre qu'il a été conseillé dans le choléra et la diarrhée chronique, dans le catarrhe pulmonaire et contre les sueurs nocturnes et la diarrhée colUquative des phtisiques. C'est encore par la même raison qu on 1 a prescrit dans les hémorrbagies capillaires, spécialement dans 1 hémoptysie (Sirus-Pirondi), dans la salivation mercurielle et d'autres cas ou prédonunait quelque hypercrinie ou quelque relâchement de tissu comme la leucothTel la bfennorrhagie, l'ophtalmie catarrhale ou P-ulente es ^Aaies à suppuration profuse, les gonflements congestifs ou œdémateux On a encore prescrit l'Acétate de Plomb dans les névralgies (Ga^^dner), cont e la pneumonie (Strohl, Leudet), dans les cas d'anévrysmes (Koreff, Dupu tren), dans l'hypertrophie du cœur (Brachet) et contre la tuberculose .Beau,
Liébaut et Bernard). ^^r.r.or Mais l'usage prolongé de ce médicament, même à 1 extérieur peut donner
lieu soit à la colique de plomb (Maisonneuve), soit à des ^^'f;;"'^^^^^^ bles puisqu'il en peut résulter la paralysie ou l'épilepsie. U faut donc ne le prescrire d'une manière continue qu'avec la plus grande réserve, et seulement alors qu'on ne croit pas pouvoir le remplacer par équivalent^ Or ce cas est infiniment rare, si toutefois il se présente. Certes i ciat cachectique des sujets empoisonnés par le plomb semble bien contraire à l'évolution des maladies irritatives et inflammatoires, et Beau a pu penser nue par l'intermédiaire de cette altération de l'économie, il parviendrait a entr'aver la marche de la tuberculisation pulmonaire. Mais au prix de queiningers ce résultat serait-il obtenu, et les malades y trouveraient-ils