S2 ACIDE DORIQUE CRISTALLISÉ, ACIDE DORIQUE PUR
lui servent ensuite d'auxiliaires ; les émoUients, les relâchants, l'humidité froide en contact avec la muqueuse respiratoire, le contrarient dans ses effets toniques et stimulants.
Usages. — L'Acide benzoïque est employé moins comme stimulant diflusible que comme tonique des muqueuses et particulièrement de celle des voies respiratoires, enfin comme modificateur de la sécrétion urinaire.
Comme stimulant, il n'a pas une valeur égale à celle de plusieurs autres médicaments volatils. Comme tonique des bronches, il ne convient que dans le catarrhe chronique. Comme modificateur des urines, il n'est pas appelé à rendre tous les services qu'on serait porté à en attendre depuis la découverte de A. Ure, car il respecte l'acide urique, ainsi que semblent le prouver les expériences de Keller, et s'il se transforme aux dépens des matières protéiques du sang, on doit douter qu'il exerce une influence notable sur les maladies caractérisées par l'excès des urates alcalins. Toutefois il est permis d'espérer qu'en diminuant les matières alburainoïdes d'où dérive l'acide Uthique, on rendra plus complète la combustion de celles qui restent à éliminer. On peut donc le prescrire à titre d'essai dans la diathèse goutteuse. Gosselin et Robin ont signalé une application plus sûre : c'est l'emploi de ce médicament chez les sujets atteints de catarrhe purulent de la vessie, dont l'urine est ammoniacale. A l'extérieur, il peut rendre des services comme antiseptique. Modes d'administration et doses. - L'Acide benzoïque se donne en pilules de 10 centigrammes au nombre de 2 à 8 par jour.
On a recommandé contre les calculs urinaires (sans doute les calculs phosphatiques) et la diathèse urique une mixture benzoïque contenant : acide benzoïque, 1 gramme ; phosphate de soude, 10 grammes; eau distillée, 100 grammes; et sirop de sucre, 30 grammes; à prendre en trois fois dans la journée. Le phosphate de soude facilite la dissolution delacide benzoïque (Bouchardat).
L'Acide benzoïque fait partie du benjoin, du baume du Pérou etc., et i entre dans les Pilules balsamiques de Morton, qui contiennent : 6 grammes de cet acide et d'huile d'anis sulfurée, 9 grammes de gomme ammoniaque, 1 gramme de safran et de baume de tolu. Chaque pi ule est de 20 centigrammes. Dose : 4 à 10 par jour. Il entre dans quelques eaux hémostatiques (PagUari, Mentel).
ACIDE BENZOÏQUE PAR VOIE HUMIDE, Acidum benzoicum aquâ mediante paratum. - On le retire également du benjoin et ses propriétés sont celles du précédent.
ACIDE BORIQUE CRISTALLISÉ, ACIDE BORIQUE PUR, Acidum bori-
cum purissimum.
' Dorade acid. —kW.: Borsdure. , , rr
; . horioue (BoO^) existe en liberté dans les lagom de la Toscane, et combr^Îre^^^^^^^^ dans plusieurs substances minérales. C'est un
ACIDE CIILORIIYDRIQUE OFFICINAL, ACIDE CIILORflYDRIQUE PUR. 453
acide excessivement faible qui a passé pour un sédatif et un antispasmodique des plus efficaces, d'où le nom de sel sédatif que lui imposa Homberg. On lui a attribué encore des propriétés lithontriptiques, fort peu prouvées.
Mais il faut admettre qu'il jouit de propriétés antiseptiques puissantes et d'effets astringents qu'on peut mettre à profit dans biefi des cas : pansement des plaies, angines, vaginites, uréthrites (Ikelton-Hill, sol. à 2 p. 100), ophtalmies catarrhales. Je l'ai souvent employé avec succès contre la blépharite ciliaire, en solution à 4 p. 100, et dans les otorrhées (12. Labbée). Cette même solution s'appliquerait aussi bien à la préparation de gargarismes ou d'injections diverses. Lucas-Championnière en fait une pommade .•■ 6 grammes pour 30 grammes de vaseline, qu'il utilise avec grand profit contre l'eczéma, l'intertrigo et pour remplacer le cérat dans tous les pansements. On a encore préconisé le glycéi^é d'Acide borique contre la sueur fétide des pieds (Thin), et chaque jour les ophtalmologistes étendent son emploi en oculistique. J'ajoute encore le lint et la ouate à V Acide borique aux préparations maintenant usitées.
A l'intérieur on ne le prescrit que sous forme de crème de tartre soluble (Voy. Tarlrate borico-potassique), comme rafraîchissant et tempérant, ou bien comme antiseptique dans les maladies infectieuses (Atkinson).
ACIDE BR03I HYDRIQUE, Acidum bromhydricum.
kxïgl.: Hydrobromic acid. — AU. : Bromwasserstoffsàure .
Cet acide (HBr) se présente sous deux états : Acide bromhydrique gazeux, sans usage médical ; acide bromhydrique dissous, acide bromhydrique officinal, solution aqueuse d'acide bromhydrique, inusité également, et dont l'histoira se confondrait avec celle des bromures alcalins au point de vue de ses effets généraux ou autres. Massini le prescrit en solution à 10 p. 100, à la dose de vingt gouttes dans les affections qui réclament l'emploi du bromure de potassium ou du bromure de camphre.
ACJDECARBAZOTIQUE. — Voy. AciDE PICRIQUE. ACIDE CARBOLIQUE. — Voy. Acide phénique.
ACIDE CnLORIlYDRIQUE DU COMMERCE, ACIDE IIYDROCIILO- RIQUE, ACIDE MURIATIQUE, Acidum chlorhydricum
Angl. : Hydrochloric acid, Spirit of sait. - Ail. : Chlonvasserstoffsàure.
h Acide chlorhydrzque du commerce, qui est mêlé d'acides sulfurique et sulfureux, d acide nitreux, de chlore, de chlorure de fer et parfois d'arsenic doit être réservé pour l'usage externe. On peut l'employer comme caustique et pour la préparation de pédiluves ou môme de bains généraux exc tants, à la dose de 32 à 125 grammes dans le premier cas, ef à celle de 300 grammes dans une baignoire de la capacité de 300 litres.
^r^i^X^'^ ' — -I.ORIIYDR.QU.
454 ACIDE CHLOnilYDRlQUE OFFICINAL, ACIDE CULORIIYDRIQUE PUR. Angl. : Murialic Acid. — AU. : Sahsàure.
Les chlorures, et conséquemment V Acide chlorhydrique, sont répandus partout. Beaucoup d'eaux minérales, notamment celles de Balaruc, de Bourbonne, d'Uriage, de Niederbronn, de Salins-de-Moûtiers, de Saliesde-Béarn, leur doivent en partie leurs propriétés dominantes. Enfin, l'Acide libre s'exliale des volcans. Chevreul l'a constaté à cet état dans le suc du pastel [Isatis linctoria), et les physiologistes en admettent la présence normale dans le suc gastrique à l'état libre : 3 p. 1000 (Schmidt).
U Acide chlorhydrique dissous (HCl + Aq) est le seul usité en médecine.
Action physiologique. — L'Acide chlorhydrique partage la plupart des effets des oxacides (Voy. Acides sulfubïque et nitrique). Il s'en distingue cependant par quelques particularités. Sa vapeur, plus irrîtante, enflamme les yeux, provoque de violents éternûments, une toux convulsive, une sensation de suffocation très pénible, et détermine rapidement la mort chez les animaux qu'on force à la respirer. En outre, les ouvriers qui enlèvent les résidus de la fabrication de la soude artificielle voient leurs dénis s'amollir, devenir transparentes, et tomber tour à tour, privées de tous leurs sels calcaires par l'Acide chlorhydrique constamment dissous dans la salive (Dumas).
D'un autre côté, l'usage interne de l'Acide chlorhydrique doit avoir pour les muqueuses des conséquences particulières. Il exerce, on le sait, en solution dans l'eau au 1/1000, une action remarquable sur les substances protéiques qu'il dissout à demi, et transforme en matière gélatmeuse (Bouchardat). Or, cette action, avantageuse quand l'estomac renferme des aliments, ne peut-elle pas devenir nuisible lorsque l'Acide chlorhydrique dilué baigne à chaque instant une surface muqueuse ulcérée ou dépouillée d'épithélium ? La réponse me paraît devoir être affirmative.
Les effets locaux de l'Acide chlorhydrique concentré sont plus conformes à ceux de ses congénères. On peut dire seulement qu'il est le moins corrosif des trois principaux acides minéraux, et celui dont 1 eschare, qui est grisâtre, violacée, a la moindre consistance.
L'Acide chlorhydrique est probablement absorbé sans changement par l'estomac. Dans l'intestin il aurait sans doute le temps d'être en partie saturé par la soude avant de pénétrer dans le réseau capillaire sanguin. Parvenu dans la circulation, cet acide se trouve, comme tant d autres substances, incarcéré dans l'albumine du sérum, ce qui lui permet d'aUeindre les émoncloires avant d'avoir été totalement transformé en chlorure alcalin. Et comme il est entraîné en majeure partie avec les urines, il peut en accroître la quantité et leur communiquer une acidité artificielle, non pas directement mais bien par la mise à nu d'acides moins puissants que l'acide chlorhydrique lui-même. Pendant son séjour dans le sang, 1 Acide chlorhydrique exerce une action modératrice sur les phénomènes d hématocausie et agil comme tempérant ou sédatif. , ,^ ,
Ses SYNERGIQUES et AUXILIAIRES sont à peu près ceux des acides précédents. Il faut y joindre, comme digestifs, la pepsine, la diastase et la pancréalmc.
ACIDE CHLORIIYDRIQUE OFFICINAL, ACIDE CIILORIIYDRIQUE PUlt. 455 Ses ANTAGONISTES et INCOMPATIBLES, SeS ANTIDOTES et CONTRE-POISONS SOnt
assez exactement ceux de Vacide sulfurique (voy. ce mot).
Usages. - L'Acide chlorhydnque fumant sert à cautériser les aphthes, les plaies sanieuses. gangréneuses, atteintes de pourriture d'hôpital les ulcérations scorbutiques, les surfaces malades dans les stomatites ulcéromerabraneuse, mercurielle et gangréneuse, la diphtérie infectieuse et les angines malignes en général. On en a fait, dans ces dernières années, un usage abusif dans les angines couenneuses, mais on commence à reconnaître que la cautérisation, presque jamais indispensable, rarement utile, souvent nuisible, ne convient que dans les angines d'origine infectieuse, constituant l'accident primitif de la maladie et comparables à la pustule maligne, dans le charbon, ce qui est le cas infiniment rare (Gubler).
Dilué, l'Acide chlorhydrique sert à préparer une limonade agréable, ayant les qualités rafraîchissantes, tempérantes et légèrement astringentes, qu'-on recherche dans ce genre de boissons, recommandée dans quelques pyrexies : fièvre typhoïde, typhus, etc. Cet hydracide rend de bien autres services aux sujets affectés de dyspepsie atonique ou d'apepsie, c'est-àdire dont l'estomac languissant ne réagit plus sur les aliments, et sécrète trop peu de suc gastrique pour les digérer. Il facilite singulièrement la peptonisation des albuminoïdes et devient l'adjuvant nécessaire de la pepsine normale. S'il est vrai qu'il fasse défaut (Manassëin), dans le suc gastrique des chlorotiques, son indication est formelle chez ces malades. Je l'ai essayé dans quelques cas sans grands avantages (E. Labbée). Trousseau prescrivait souvent l'Acide chlorhydrique dilué (1 partie pour 100 d'eau) dans l'atonie stomacale, comme stimulant et adjuvant de la fonction digestive. Je l'ai conseillé avec succès dans ce cas, suivant cette formule ou à une dose un peu plus faible : 1 partie d'acide pour 150 d'eau. En excès dans le suc gastrique il arrête en effet plutôt la digestion.
A ce même titre, l'Acide chlorhydrique entre dans plusieurs préparations hygiéniques autant que médicales, notamment dans le Thé de bœuf de Liebig.
En solution étendue, l'Acide chlorhydrique produit de bons effets dans la diarrhée des jeunes enfants ayant pour origine une irritation catarrhale de l'intestin, et associé à des amers et à des toniques, il passe pour être très efficace dans les affections hépatiques, scrofuleuses et vénériennes. Il a été fréquemment ordonné à l'intérieur, pour acidifier les urines et dissoudre les dépôts phosphatiques qui s'y forment, lorsqu'elles sont habituellement ammoniacales. Je le prescris encore dans ce but.
Enfin les émanations de gaz chlorhydrique ont été employées à titre de désinfectant.
Modes d'administration et doses. — Pour l'usage externe, on emploie l'Acide chlorhydrique concentré et même fumant, qu'on applique sur les surfaces malades à l'aide d'un pinceau de charpie ou de blaireau.
Incorporé dans du miel coulant (I gramme d'acide fumant pour 15 grammes de véhicule), l'Acide chlorhydrique forme un co//u/o«Ve employé contre
ir.e ACIDE GIIUOMIQUIÎ CRISTALLISÉ.
les angines sphacélo-diphlériques. Le gargarisme d'Acide hydrochloriqiie (Ricord) renferme la môme quantité du principe actif dans 200 grammes d'eau de laitue avec 50 grammes de miel rosat.
On prépare unpédiluve chlorhijdrique avec 30 à 60 grammes d'Acide dans quelques litres d'eau. Il en faut 300 grammes au moins dans une baignoire, pour faire un bain stimulant. A l'intérieur, on n'emploie que l'Acide cblorhydrique très dilué, soit dans l'eau pure, soit dans des boissons émollientes (décoction d'orge acidulée) ou amères. On donne une cuillprée à soupe de la solution à 1 p. 100 contre la dyspepsie. En outre, cet acide sert à aciduler les préparations de pepsine.
La Limonade chlorhyd^nque se fait avec 2 grammes d'acide officinal dans un litre d'eau.
ACIDE CHROMIQUE CRISTALLISÉ, Acidum chromicum. Angl. : Chromic Acid. AU. Chromsaure.
h' Acide chromique (GrO^,HO) est un produit de l'art. Le chrome est un métal peu répandu dans la nature où il ne semble jouer aucun rôle important. Cependant la découverte récente et inattendue de ce corps dans l'eau minérale d'Aulus (Ariège), analysée par le savant hydrologue F. Garrigou, accroîtra sans doute l'intérêt que les médecins lui accordaient jusqu'à présent.
Action physiologique. — Le peroxyde de chrome est, selon la dose, un simple irritant ou le plus violent des caustiques.
Appliqué en petite quantité sur la peau, il teint l'épiderme en jaune et cause une sensation de chaleur, de cuisson suivie de rubéfaction du derme. En plus forte proportion, il détermine au bout de dix minutes des douleurs plus vives, assez pénibles et persistantes, en même temps que l'escharification de la peau. Une masse encore plus considérable du caustique détruit les tissus à une grande profondeur, en leur communiquant une coloration successivement jaune rougeâtre, brune et noire et formant une eschare sèche. Les muqueuses sont encore plus vivement attaquées que la peau. Telle est la puissance de cette action corrosive, que de petits animaux, souris, oiseaux, peuvent être dissous en un quart d'heure sans qu'il reste trace de leurs poils, de leurs plumes, de leurs os ni même de leurs dents (Heller). Elle égale donc celle de l'acide sulfurique.
Les ouvriers qui manient l'Acide chromique soufTrent d'ulcérations fort douloureuses aux mains et aux parties accessibles ; les accidents qu'ils éprouvent seront signalés ailleurs (voy. Bichromate de potasse).
A l'intérieur, l'Acide chromique agit également comme poison corrosif d'une extrême violence, et donne lieu à tous les symptômes de gastro-entérite, de péritonite avec accidents cholériformes, qui caractérisent les empoisonnements par les acides minéraux les plus énergiques. En solution étendue il agirait comme vomitif (Delpech). Injecté sous la peau, il a produit des altérations gastro-intestinales et de l'albuminurie (Gergens).
L'Acide chromique doit, dit-on, sa puissance destructive à la facilité avec
ACIDE CHROMIQUE CRISTALLISÉ. 457
laquelle il cède son oxygène aux substances combustibles. D'après les résultats de son action- sur les matières ternaires, hydrocarbonées, j'ai lieu de penser que, tout en cédant une partie de son oxygène pour passer à l'état de sesquioxyde de chrome, il se comporte plutôt comme l'acide sulfurique, c'ést-à-dire que, pour satisfaire son avidité pour l'eau, il s'empare des éléments de celle-ci et laisse à nu le charbon.
En effet, un pinceau de charpie trempé dans une solution concentrée d'Acide chromique s'échauffe au bout de quelques instants, fait entendre un bouillonnement, se boursoufle, dégage quelques vapeurs, et tombe en deliquium noirâtre. La température produite s'élève jusqu'à 108° centigrades (Busch). Des phénomènes semblables s'observent lorsque l'acide est mis en contact avec des tissus vivants.
Substances incompatibles. — Contre-poisons. — Les bases et les substances hydrocarbonées, en saturant les propriétés électro-négatives de l'Acide chromique, en lui fournissant l'eau dont il est avide, diminuent nécessairement ses propriétés corrosives et nuisent à son action caustique.
On lui assigne comme contre-poison chimique une mixture d'eau de chaux avec du lait et du blanc d'œuf.
Je pense que l'eau fortement sucrée et chargée d'amidon aurait une efficacité suffisante et pourrait être employée en cas d'urgence.
Usages. — L'Acide chromique est un agent trop redoutable et trop difficile à manier pour qu'on le donne à l'intérieur ; il est réservé pour les applications topiques, et le bichromate de potasse le remplace dans la médication interne.
Hannover l'a employé le premier pour les préparations microscopiques qu'il durcit; mais la première application thérapeutique en a été faite par E. Robin qui s'en est servi pour cautériser des chancres.
Gomme d'autres caustiques, l'Acide chromique en solution très étendue n'agit que comme dessiccatif et styptique ; en solution plus forte, il devient un cathérélique ou un escharotique ; enfin, sous forme solide ou en solution concentrée, il constitue un caustique peut-être supérieur à tout autre sous le rapport de l'intensité d'action.
Pour l'appliquer, il convient de se servir d'une baguette de verre ou d'un pinceau d amiante. Cependant on peut aussi en arroser une couche de charpie préalablement étalée sur la tumeur qu'il s'agit de détruire La lidnnn'nn"'^' ^''''^''^'j' fans le tissu vivant, et le carbonise en donnant heu à de cruelles douleurs qui s'apaisent au bout de quelques heures et sont dissipées e lendemain. Une inflammation éliminalLe suc cède et amène après que ques semaines la séparation de la masse escha i fiée Pendant cette action topique, l'Acide chromique peut être absorbé en proportion assez considérable pour donnpr lip., ?.\in. i a !
458 •'^CIDE CITRIQUE.
On s'est servi quelquefois (Ure) de l'acide chromique solide cristallisé, pour détruire des excroissances. Magitot fait usage de la poudre, ou bien du liquide concentré résultant de la déliquescence de l'acide chromique, pour cautériser les gencives fongueuses, les aphthes, etc. Les dents, selon lui, ne seraient pas attaquées par l'acide.
Comme astringent, la solution faible s'emploie dans l'œdème du scrotum, dans l'eczéma, l'engorgement du col utérin ou son épithélioraa (Verneuil, Busch). Comme caustique, on fait usage de la Solution officinale d'Acide chromique (Coc^ecc), à parties égales d'eau et d'acide, pour modiûer les ulcères de mauvaise nature, l'état granuleux de la conjonctive palpébrale (Serre, d'Alais) ou de la membrane du tympan (Ménière), tuer les dermatophytes de l'herpès, du pityriasis versicolor, etc. (Pardou, Magitot), détruire les tumeurs vasculaires, les indurations du col utérin, les verrues, les choux-fleurs, le lupus, les cancroïdes, le squirrhe et l'encéphaloïde, le psoriasis goutteux de lalangue (James Paget), les syphilides secondaires des muqueuses (Henry T. Buttin), les polypes du larynx (Isambert). les ulcères syphilitiques du palais, etc. On fera varier d'ailleurs le titre de la solution suivant les circonstances.
ACIDE CITRIQUE, Acidum citricum.
Angl. : Citric Acid. AU. : Citronensàure.
V Acide citrique (C>2H50",3H0) est répandu, à l'état libre ou en combinaison avec la potasse, dans un grand nombre de fruits : citrons oranges, cerises, groseilles, framboises, et presque tous les fruits rouges. La tomate et les fruits des solanées lui doivent sans doute leur acidité car Silvestri a découvert une forte proportion d'acide citrique dans une plante de la famille, originaire du Mexique, le Cyphomandra betacca. La ^^eur acide en est très forte, mais en même temps très agréable, lorsque la dilution est
'""Quanfà son action physiologique et thérapeutique, elle se confond avec celle des autres acides végétaux, et généralement avec celle du citron (voy. ce mot), dont l'acide citrique est le principe actif.
V Acide citrique est donc employé pour composer des boissons rafraîchissantes, tempérantes, utiles dans l'embarras gastrique, la fièvre de -iiême nom, les affections hépatiques, le rhumatisme articulaire, la A^Nre typhoïde et les maladies septiques ou putrides, ainsi que dans le scorDui, pourriture d'hôpital, etc.
La Limonade citrique se prépare avec 1 gramme d acide dans un ii re d'eau, aromatisée avec quelques gouttes d'alcoolat de citron et convenablement sucrée, ou bien avec 60 grammes de Sirop d'Acide citrique. D après a formule du Codex, ce sirop contient 10 p. 1000 d'acide citrique, et on peiu
formule au l-ouo-j-, «-o oi^w^» ^.v^^.wv..*« p. - .jino l<»
y ajouter 20 grammes d'alcoolature de citron. Ce mélange constU^^^^^ Sirop de Limon ; on obtient le Sirop d'Orange, en se servant d alcoolature
US cL^i°srui's'p.'épl'^n[ sous le nom de Limonade sèche une poudre corn-
ACIDE CYANHYDRIQUE, ACIDE HYDROCYANIQUE OU PRUSSIQUIÎ. 459
posée de 1 partie d'acide citrique pour 32 parties de sucre, avec essence de citron ou d'orange, q. s. pour aromatiser, dont on met une cuillerée dans un verre d'eau.
ACIDE CYANIIYDKIQUE, ACIDE HYDROCYANIQUE OU PRUSSIQUE,
Acidum cyanhydricum.
Angl. : Prussic Acid. — Ail. : Blausdure.
UAcide cijanhydrique (HCy = H, G^Az) n'existe ordinairement pas tout formé dans la nature, mais il peut être retiré d'un grand nombre de plantes qui exhalent généralement l'odeur d'essence d'amandes amères, et particulièrement de beaucoup d'espèces de Rosacées appartenant aux tribus des Pomées et des Amygdalées, ainsi que de la bourgène et de l'ergot de seigle.
Action physiologique. — UAcide p7-ussique est certainement l'un des poisons les plus violents et les plus subtils, principalement pour les animaux à sang chaud. Une seule goutte de cet acide anhydre portée dans la bouche ou sur la conjonctive fait périr un chien en quelques secondes. Quand il touche la cornée, celle-ci devient blanche et opaque ; il s'écoule un flot de larmes. Les principaux phénomènes observés sont des convulsions, la perte du sentiment et des mouvements volontaires.
Chez l'homme, on a eu malheureusement l'occasion d'observer plus d'une fois ces effets véritablement foudroyants de l'Acide cyanhydrique à la dose de quelques centigrammes ; on lui attribue même la mort de l'illustre Scheele. En ce cas on n'observe aucune lésion cadavérique appréciable. Quand la mort se fait attendre davantage et que ce délai permet l'analyse symptomatique du fait morbide, on constate ce qui suit : amertume de la bouche, chaleur dans le gosier et l'estomac, nausées, salivation ; sentiment d'étourdissement et de défaillance; respiration difficile, lente ou .fréquente, interrompue par des soupirs; pupilles ordinairement dilatées; pouls faible et même insensible, refroidissement, perte du sentiment et du mouvement ; puis, si l'issue doit être funeste, coma suivi de mort. Ces phénomènes se déroulent dans l'espace d'une demi-heure, rarement en quelques heures. Il s'y joint parfois des convulsions toniques et cloniques.
Ajouté au sang veineux VAcide cyanhydrique le rend rutilant et néanmoins dans les lésions observées après la mort et qui se bornent à un état hyperémique des viscères, on note une coloration noirâtre du sang qui est fluide, visqueux et huileux. Les organes sentent manifestement l'Acide prussique. Schonbem a reconnu que le sang rendu rutilant par l'Acide cyanhydrique brunit au contact de l'eau oxygénée, ce qui fournit le moyen de déceler a présence du poison. Lécorché et Meuriot ont constaté que les globules du sang noirâtre, diffluent, trouvé sur le cadavre, ont perdu toule affimté pour 1 oxygène et les raies de l'hémoglobine observées au spectroscope se montrent élargies et moins nettement définies
Si la dose n'est pas toxique ou si l'organisme résiste,- le sujet accuse de la Céphalalgie, du trouble de la vision, de l'anxiété précordiale, des malaises
460 ACIDE CYANIlYDRlQUli;, ACIDE HYDROCYANIQUE OU PRUSSIQUE.
nerveux, des veiiiges, des étourdissemenls, de la dyspnée, de la fatigue et de la somnolence. Le pouls est tantôt lent, tantôt fréquent. 11 existe assez souvent de la salivation, quelquefois de la diarrhée, comme à la suite de l'ingestion des préparations de fleurs de pêcher.
Pendant ce temps-là l'haleine exhale une odeur appréciable" d'amandes amères, témoignant de l'excrétion de l'Acide cyanhydrique par les voies respiratoires, et démontrant du môme coup, la résistance de ce composé à l'action comburante de l'oxygène dans la circulation. La présence à l'état normal du sulfocyanure de potassium dans la salive me porte à penser que l'Acide prussique doit s'éliminer en partie par cette voie, et que l'irritation sécrétoire qui en résulte explique le ptyalisme observé. Il y a lieu de croire également qu'il en passe un peu par les reins.
Au résumé, l'Acide cyanhydrique, de même que les autres narcotiques ou stupéfiants, exerce une irritation locale, révélée par la sensation de brûlure dans le tube digestif et par la rougeur de la muqueuse. Cependant la salivation, la nausée et la diarrhée ne me paraissent -pas devoir être mises uniquement sur le compte de cette action topique; je les considère aussi comme des effets indirects de l'action générale, laquelle est analogue à l'asphyxie. D'après les expériences de Millon, l'Acide cyanhydrique jouit d'une propriété de contact fort remarquable qui lui permet, par sa seule présence en quantité très minime, de s'opposer à l'oxydation et aux dédoublements de certains produits organiques. D'autre part, de récentes expériences (Dumas) démontrent que les composés cyaniques entravent ou suppriment les fermentations, ce que j'explique par une action toxique sur les organismes inférieurs jouant le rôle de ferments. Il est donc vraisemblable que l'Acide cyanhydrique se comporte de même dans le torrent circulatoire, et que, mettant obstacle à l'accomplissement de l'hématose par son action catalytique et toxique sur les hématies, il supprime ainsi l'influence vivifiante du système nerveux, et arrête instantanément le jeu de toutes les grandes fonctions. D'où l'anesthésie cutanée et rétmienne, amyoslhénie volontaire, les convulsions par abincitation, la torpeur intellectuelle, la dyspnée, etc. . j ,•
L'anoxémie entraîne en même temps au début l'augmentation de 1 action tonique des fibres contractiles de la vie organique, et conséquemment l'accroissement du mouvement péristaltique intestinal, amsi que cela se voit dans les expériences sur les animaux où l'on surcharge le sang veineux d'acide carbonique (Brown-Séquard). Que l'oxygène soit exclu ou qu U soit mis dans l'impossibilité d'agir, le résultat est le môme.
D'ailleurs les vivisections démontrent la réalité de cette action directe sur le sang, indirecte sur l'appareil nerveux. Mis en contact avec les troncs nerveux dénudés, l'Acide cyanhydrique reste sans effet; appliqué sur la muqueuse hnguale, il empoisonne malgré la section préalable des neris de
''^Q°X''peut être maintenant l'action de l'acide prussique sur le système nerveux central?
ACIDE CYANHYDRIQUE, ACIDE HYDllOCYANIQUE OU PRUSSIQUE. 461
La violence formidable de son action toxique, qui amène la mort en quelques instants dans une insensibilité absolue et la résolution musculaire la plus complète, d'autre part les troubles profonds de la respiration et de la circulation sont autant de faits qui appellent l'hypothèse d'une localisation toxique sur le bulbe. Agit-il sur les autres régions du système nerveux? C'est ce que nous ne saurions affirmer dans l'état de la science. Lors des intoxications lentes relativement, les accidents cérébraux, les convulsions, l'anesthésie font justement songer à des effets sur l'encéphale et la moelle épinière; toutefois de pareils troubles peuvent être secondaires et résulter de l'état asphyxique si particulier dans lequel l'acide cyanhydrique plonge l'organisme. Kolliker a cependant noté, lors de cet empoisonnement, de la paralysie des nerfs, marchant de la périphérie au centre.
Pour résumer les effets du poison, je dirai qu'en dehors de son action stupéfiante sur les éléments anatomiques, si évidente en ce qui concerne les hématies, il paraît d'abord stimuler les grandes fonctions de respiration, circulation, pour les ralentir bientôt et les paralyser. Quant à son action sur la température, elle est manifeste seulement avec les doses fortes.
Substances synergiques, auxili-aires. — L'essence d'amandes amères ou de laurier-cerise, ce qui est tout un, possède une action pharmacodynamique entièrement semblable, à l'intensité près, à celle de l'Acide prussique et peut en être considérée comme le seul succédané. Les substances qui s'opposent au conflit de l'oxygène avec le sang, telles que l'arsenic et l'antimoine ; celles qui, comme les astringents, resserrent et anémient les tissus ; les sédatifs et les stupéfiants qui sont en même temps toniques des nerfs vaso-moteurs ; les réfrigérants, y compris le froid ; enfin toutes les circonstances qui diminuent les phénomènes de l'hématose, agissent dans le même sens que l'Acide cyanhydrique et en favorisent les effets.
Substances antagonistes, incompatibles. — Antidotes, contre-poisons.
Les antagonistes de l'Acide cyanhydrique sont les stimulants difiusibles et la chaleur, les opiacés, la belladone dans une certaine mesure et mieux, d'après Preyer, l'atropine, l'antidote jusqu'à présent le plus sûr, ou ses homologues, rhyoscyamine,laduboisine, etc., les alcalins à petites doses (?), et toutes les conditions de suractivité des phénomènes de combustion dont le sang est le théâtre. En conséquence, les alcooliques, l'opium, le phosphore, les inhalations d'oxygène pur, sont les antidotes dynamiques de l'Acide prussique. Ses contre-poisons chimiques sont les substances avides d'hydrogène, spécialement le chlore. Ce métalloïde, non plus que l'iode et les corps oxydants, ne doit être associé à l'Acide hydrocyanique. Il en est de môme des composés d'argent et des oxydes métalliques, pouvant donner naissance à des composés insolubles.
Usages. .— Les préparations sédatives, stupéfiantes et par excellence conlre-stimulantes, qui ont l'Acide cyanhydrique pour base, sont spécialement mdiquées dans les cas où l'excitation du système nerveux se rattache à des phénomènes d'hypérémie et de phlogose. C'est donc avec raison que les praticiens prescrivent ce médicament dans les maladies infiammatoires