AZOTATE OU NITRATE DE POTASSE, SEL UE NITRE, NITRE, SALPÊTRE. 5S
De môme que les autres sels neutres, notamment le chlorure de sodium et le sulfate de soude, le Nitrate de Potasse retarde la coagulation du sang extrait de la veine, et communique au sang noir une couleur rutilante qui se manifeste dans le cruor de la saignée chez les sujets empoisonnés par ce sel. 11 communique môme aux viandes salées une coloration d'un rouge vif que ne produit pas le chlorure de sodium tout seul. Cette rutilance permanente implique la persistance de l'oxygène dans les globules, et l'incapacité où ils sont de céder ce gaz aux tissus et de prendre en échange l'acide carbonique provenant des combustions interstitielles. Dès lors l'hématose demeure incomplète, si elle n'est pas sérieusement entravée. Nous concevons ainsi comment, à la longue, des doses exagérées produisent un état anémique et hydrémique caractérisé par la pâleur des hématies, l'accroissement du nombre des globules incolores, la diminution de la matière grasse et l'augmentation de l'eau (Lôffler). Dans l'intestin, le Nitrate de Potasse sollicite aussi l'exosmose du sérum au travers des parois des capillaires sanguins, et agit conséquemment comme purgatif hydragogue, lorsqu'il est ingéré en quantité suffisante ou suffisamment répétée.
Le Nitre passe rapidement dans les urines, sans décomposition, et l'excitation qu'il exerce sur les reins est une condition prochaine de son action diurétique.
Au résumé, l'Azotate de Potasse est diurétique, contre-stimulant, antiplastique et altérant par son action destructive des globules rouges, entant que sel de potassium. Ses autres effets n'ont qu'une importance secondaire.
Substances synergiques, auxiliaires. — Le Nitrate de soude est le succédané du Nitrate de Potasse, qui trouve des analogues dans le chlorate de potasse, le bromure de potassium et les sels neutres en général, soit comme sédatif de la circulation, soit comme modificateur de l'hématose, de la crase sanguine et delà nutrition, soit enfin comme diurétique. La digitale elle-même est un auxiliaire du Sel de Nitre.
Substances antagonistes. — Antidotes. — Les stimulants difTusibles aromatiques, alcooliques et opiacés, les astringents et les sudoritiques, ont une action contraire à celle du Nitrate de Potasse, et peuvent lui être opposés lorsqu'il a été introduit en masse trop forte dans la circulation. Le contre-poison chimique reste à trouver.
Usages. — Modes d'administration et doses. — Le Nitrate de Potasse est ordinairement employé comme diurétique à la dose de 2 à 4 grammes par jour dans un ou deux litres de tisane de chiendent ou de pariétaire, ou de quelque autre boisson rafraîchissante : limonade, décoction d orge, etc.
Si l'on veut obtenir ses effets sédatifs généraux, on élève la dose à 10 grammes et parfois à 20 grammes par jour, pris de la même façon. Cependant on peut également administrer le Sel de Nitre en poudre, mêlé à du sucre et de la gomme et enveloppé dans du pain azyme, ou bien délayé dans de 1 eau, ce qui constitue la tisane sèche. Gomme diurétique, le Nitrate de Potasse est indiqué dans les hydropisies, les épanchements séreux inûam-
5S8 AZOTATE Dlî PROTOXYDE DE MERCURE CRISTALLISÉ.
matoires, l'hydrothorax, elc, ainsi que dans les inflaoïmations de l'urèlhre et des organes génito-urinaires ; mais il ne faut y recourir qu'avec précaution toutes les fois que le rein est congestionné ou enUammé, comme d'ans la néphrite albumineuse aiguë, l'albuminurie scarlatineuse et môme le diabète albumineux chronique, au moment d'une poussée congestive. En qualité de contre-stimulant, le Nitrate de Potasse trouve son emploi dans les phlegraasies et les pyrexies, c'est-à-dire dans les affections caractérisées non seulement -par l'exaltation circulatoire et calorifique, mais encore par l'augmentation de la plasticité du sang. La contre-indication se tire du mauvais état des reins, de celui des organes digestifs et du sang. C'est ainsi qu'il a rendu des services dans la période inflammatoire de la fièvre typhoïde et des affections analogues, et surtout dans le rhumatisme articulaire aigu (Brocklesby, Gendrin, Martin-Solon, etc.); seulement il a fallu parfois administrer, en quelques jours, jusqu'à 360 grammes de la substance saline pour obtenir des résultats favorables, et les doses quotidiennes ont dû être portées en certains cas à 30, 40, 50 et 60 grammes : l'exemple n'est pas à suivre.
L'Azotate de Potasse a été conseillé aussi, le plus souvent à tort, dans plusieurs autres maladies, telles que l'ictère, la fièvre intermittente, le scorbut et même le choléra. Contre la première affection, l'emploi du Nitre est encore rationnel en ce sens qu'il y a indication de solliciter le vicaire du foie à un fonctionnement plus actif. Contre la seconde, son utilité est au moins douteuse ; dans les deux dernières enfm, il y a lieu de craindre qu'il ne soit nuisible. En définitive, les applications du nitre sont très limitées, et le plus souvent il peut être remplacé par des médicaments au moins aussi énergiques et n'offrant aucun de ses inconvénients.
Le Nitre sert encore à préparer avec le sel ammoniac un mélange frigoriflque qui abaisse la température jusqu'à 20° sous zéro.
Les principales préparations pharmaceutiques dont le Nitrate de Potasse est la base sont : Vémulsion nitrée (2 à 5 grammes de nitre dans 10 grammes d'émulsion sucrée) ; le vin nitré (vin de Chablis, 1 litre ; Nitrate de Potasse, 4 grammes); la tisane diurétique (Nitrate de Potasse, 1 à 4 grammes; infusion d'espèces apéritives, i litre; sirop des cinq racines, 60 grammes), et la poudre diurétique ou tisane sèche.
A l'histoire du Nitrate de Potasse se rattache celle des fujingaiiom improprement dites niireuses qu'on obtient en faisant fuser du Nitre sur des charbons ardents ou en brûlant du papier imprégné d'une solution de Salpêtre, puis séché (en Angleterre, touch paper). A la chaleur rouge, le nitrate est décomposé, l'azote est mis en liberté; une portion dg l'oxygène se combine avec le carbone du papier et forme de l'acide carbonique qui s'unit à la potasse. Une autre partie de l'oxygène se dégage et agit d'une manière souvent favorable pour la respiration chez les asthmatiques.
AZOTATE DE PllOTOXYDEDE MERCURE CRISTALLISÉ. - Voy. Azo TATE MERCUREUX CRISTALLISÉ.
BENZOATE D'AMMONIAQUE. oo9
AZOTATE DE SOUDE, NITRATE DE SOUDE. Nilras sodicus.
Angl. : Nitrate of soda. — AU. : Salpetersâures Soda, Natriumnitrits.
Le Niti'e rhomboïdal, AzO^NaO, crislallise comme son nom l'indique en rhomboèdres. Il se dissout dans 1, 2 d'eau, est hygroscopique et n'est que peu employé en médecine, bien qu'il possède les propriétés du Nitrate de Potasse et soit mieux toléré que son congénère par l'organisme.
Les recherches de Jovitzu et Rabuteau ont montré qu'il ralentit l'excrétion de l'urée et peut devenir un modérateur de la nutrition tout aussi bien que le Nitrate de Potasse.
On l'administrait autrefois comme purgatif à la dose de 13 à 20 grammes, dans les entérites et la dysenterie (Velsen, Mayer) ; comme antifébrile, dans les fièvres rhumatismales et gastriques (W. Hufeland). Son innocuité et de sérieuses propriétés thérapeutiques le recommandent à l'attention des médecins.
AZOTATE DE STRYCimiIVE, NITRATE DE STRYCHNINE. Nilras strychninus.
Angl. : Nitrate ofslrychnia. — Ail. : Salpetersâures Stryclmin.
U Azotate de Strychnine (WP2Az204,Azo3,HO), cristallisé en belles aiguilles, est soluble dans l'eau froide, peu soluble dans l'alcool, insoluble dans l'éther et renferme 84, 13 p. 100 de strychnine. Il a toutes les propriétés médicales de cet alcaloïde (voy. Strychine) et l'emporte sur lui en puissance immédiate grâce à sa plus grande solubilité, qui permet encore de l'administrer en injection hypodermique. Sa toxicité est aussi plus grande que celle du sulfate de strychnine, parce qu'il est plus soluble et renferme une proportion supérieure d'alcaloïde.
AZOTITE D'AMYLE. — Voy. Éther amylnitreux.
BENZOATE D'AMMONIAQUE, Benzoas ammomcus Angl. : Benzoate ofAmmonia. - AU. : Benzoésàures Ammonium. Le Benzoate d ammoniaque (AzHM10,G»"IPu3,H0) est extrêmement solub^ dans 1 eau, U absorbe même un peu l'humidité atmosphérique Des é-
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et p. 506) : elle modifie les muqueuse 1 1. J
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BENZOATE DE SOUDE
Les SYNERGIQUES du Benzoale d'Ammoniaque sont les préparaUon. q n venferrnt run de ses composants, et généralement tous les stimulants . fX^s les anliplastiques on fluidifiants ; ses antagonistes, sont les hynt s ;nts les i' Ingérants, les toniques du système vaso-moteur. ag" - i^^^^^^^^ .'ADMINISTRATION ET O0SES. - Le Benzoate d'Ammouiatrâtilisé comme diurétique dans le traitement de l'bydropisie ; '"r^e stt 1^^^ et comme sudorifique dans les affections ar
comme ^ '"^ . modificateur spécial de la muqueuse des or-
'''" ^r la Aspira iin, dans le catarrhe chronique des bronches avec ou L\"syn^ptôme?asthmâtiques ; enfin comme dialytique, dans la gravelle
"T;:u":is^^^^^^^^^^^ forme .iMa^e, mais on le prescrit ordinairemrat en poiio» à la dose de 10 à SO cenligrammes par jour.
G Taylor a vanté contre Valbuminurie scarlatineuse une pot. on composée de Benzoate d'Ammoniaque, 30 centigrammes; esprd d ethern.t.é, W luttes si op de tolu, 16 grammes; mixture camphrée, 32 gramm . Les dos iu Ben.oate ammoniacal et de l'alcool "1'"^-. tées d après Bouchardat, et ne peuvent convenir, selon lu,, qn aux albuminuries chroniques.
BENZOATE DE CHAUX, Benzoas calcicus.
Le Beraocue de f ^Te^ blanc, efflorescent, soluble
7 rX ^L d' al" f 0 t et^ ^'application spéciale en méde-
cine Sch^nn en fait le remède de Talbuminurie chez les femmes grosses, à la dose de 0,60 toutes les trois heures.
BENZOATE DE LÏTIIINE, Benzoas Ulkicus.
Angl. : ^^"^''f Vi^ïo^ UO est un sel cristallisé, altérable à la
Le Benzoate de hlhme, C^^H U ,L U, esi
lumière, soluble dans 3 5 P-^-^téTdVrat^e^^ de lithium)
cool à 90°. 11 a surtout les propriétés de sa base ^voy. „avelle uri-
: pourrait être d'une certaine utilité dans le tniitem n a^^ -
que en raison d'une action dissolvante (probable sm es sédim
?es ou les calculs formés d'acide unque (Ma sen . On ne ompte ^^P^ P
sur de pareilles propriétés, du ressort de la ctiimie pm i
tiques.
BENZOATE DE SOUDE, Benzoas sodicus f,enzoicum. An 'l • Benzoate of soda. - AU. : Benzoésdures Nalron, ^«''«r'^" , ^ Angl. . JJenzou rnuoQi uO cristallise en aiguilles qui s ei
Le Benzoate de soude, NaU,^ H u ,uu, crib ^ ^ f^^t peu dans
i .\ i'..ip sont so ub es dans 1 eau et se {llssol^tuL^ tfleurissent à 1 air, sont so.uu ^,^ule les propriétés phy-
l'alcool. Sa saveur est piquante do ice^^^^^ benzoïque, avec
siologiques et thérapeutiques des alcalins cl de i
BENZOATE DE SOUDE. 561
cette différence par rapport à ce dernier qu'étant bien soluble, il est plus rapidement absorbé, et qu'une fois introduit dans la circulation, il se comporte comme les autres combinaisons salines, en activant plus ou moins la sécrétion urinaire. Socquet et Bonjean le rangent parmi les meilleures préparations dialytiques, et l'associent au silicate de soude. II retrouve aussi des adjuvants dans les carbonates alcalins et spécialement dans ceux de soude et de lithine. Sa forte proportion de base le rapproche plus particulièrement des préparations alcalines ordinaires. On assure cependant que par son acide il est un puissant antiseptique, capable de détruire le poison dipbtérilique tout aussi bien que la quinine, dans le verre à expérience (Graham Brown). On conçoit donc qu'il ait été conseillé dans la diphtérie. Letzerich s'est fait avec Meinert le promoteur de ce traitement, peu apprécié d'ailleurs (Filatoff), prescrivant des doses de 5 à 20 grammes de Benzoate de soude à l'intérieur, et l'appliquant sur les surfaces envahies par les fausses membranes. Cette propriété supposée contre les germes infectieux des maladies contagieuses l'a fait proposer contre la coqueluche (Ed. Tordeus) et la phtisie, sans avantage pour cette dernière {Aug. Murri).
Et peut-être encore son analogie de composition avec l'acide salicylique a-t-elle conduit quelques médecins à l'essayer contre le rhumatisme articulaire. Macewan, en tout cas, compare le benzoate de soude à ce médicament sous le rapport de l'énergie thérapeutique.
En Angleterre, on utilise son action cholagogue (Rutherford) contre certames maladies du foie. Est-ce pour cela qu'il agit bien contre le catarrhe gastro-intestinal des enfants (Klemm, Gremser) ? C'est fort possible • ce serait une raison tout au moins de cette action. '
•î'^^'^"""'' inconvénients de 5 à 15 grammes de Benzoate de soude (Féréol) et même de 13 à 23 grammes (Lépine) comme antithermique, en nature ou mieux dissous dans une potion.
BEURRE D'Ai^T^MOL^E. - Voy. CnLORaaE (photo) d'ant,M0INE. BICARBONATES. - Voy. Gahbonates (bi).
BICIILORURE DE MERCURE — Vnv r„r«n
«i.ni.LJ«l.. — voy. CULORURE MERCURIQUE.
BICHROMATE DE POTASSE. — Vov TimnArAn, t s
voy. UIROMATE (bi) DE POTASSE.
BIIODURE DE MERCURE. - Voy Iodurf nn