CHLOHÀTE DE POTASSE, SEL DE BERTHOLLET
donne lieu qu'à des symptômes obscurs chez l'homme en santé; mais chez les fébricitants il amène la sédation du pouls (Socquet, Isambert). Dans tous les cas il augmente les sécrétions urinaire et salivaire, quand la dose introduite est assez forte : 8 grammes produisent de la dmrèse, du ptyalisme bien marqué, une saveur salée persistante, et parfois un ûux biliaire dénoté par la couleur verte des matières intestinales.
On a remarqué (Stevens) que l'emploi interne du Chlorate de Potasse fait rou<-ir vivement les gencives. D'autre part, le sang extrait de la veine, dans les expériences de O'Shaughnessy, s'est montré rutilant et comme artérialisé ce qui semblerait confirmer les vues dequelques chimistes surlafaculté que' posséderait le Chlorate potassique décéder une partie de son oxygène. Cependant ce sel ayant été retrouvé inaltéré dans les urines, la salive, le lait le mucus nasal, les larmes et la sueur (Gustin, Isambert, etc.), il est umversellement admis que la décomposition prévue n'a pas lieu. Toutefois il se pourrait qu'une partie fût éliminée en nature, tandis qu'une autre portion serait réduite comme sembleraient l'indiquer mes expériences à 1 hôpital
J'ai vu en effet, la dose des chlorures doubler dans l'urine d un .sujet affecté de catarrhe pulmonaire et mis à l'usage du Chlorate de potasse. Et dans une autre circonstance, la proportion de Chlore : de 2,90 pour loÔogram. d'urine s'éleva à 4,30 - 3,34 - 3,83, d'après l'analyse d Adam sous l'influence de 6 grammes du médicament, bien que la diurèse se fut
généralement accrue.
L'abus du Chlorate de potasse peut conduire à un véritable erapoisonnemenî parfois mortel, ainsi qu'il résulte d'observations rnalheureusem^ déjà nombreuses. Les principaux accidents observés dans ^es cas ont été les' suivants : vomissements quelquefois incoercibles, diarrhée ohq^^e affaiblissement général, rigidité des membres, asphyxie chez les suj enlevés rapidement, et, dans les cas d'empoisonnement plus ; ^V^^^ effets éméLcathartiques signalés plus haut, il fiit constaté : un d ici re de l'affaiblissement du cœur, des gonQements douloureux ^ i^^^^^^^^ foie, des douleurs lombaires et une altération de l'urme, devenue o^^^^^^^^ en couleur, rare, albumineuse et chargée de détritus Brenner). Ma ^a^id-^^^ Halle, signale encore une sorte de diathèse hémorrhag.que avec l^ématur.e, mela^na. altération profonde du sang, dont ^'l^émoglobme pa..it décop^^^ posée. L'autopsie révèle des lésions du rein (Wegscheider) et de la rate, nature congestive. . .jMp.t
Le Chlorate de potasse n'est donc pas un médicament moffensU, etu
surtout mal supporté par les enfants. n,inrate
Substances synergiques, auxiliaires. - Succédanés. - A part e umo de Soude, il n'est guère de substance qui agisse absolumen à 1^ m» du Sel de BerthoUet. Ses auxiliaires sont les sialagogues ou les d'ureuqi salins pour son action sur les reins et les glandes saliva.res. Comme ox^énant^ il trouverait des analogues dans les sels ferriques. et probablempnt dans le bichromate de potasse et le peimyde de manganèse.
L IctLn physiologique du Chlorate de Potasse serait accrue, amsi que
CHLORATE DE POTASSE, SEL DE BERTIIOLLET. 631 son pouvoir cnratif, selon Riverend et Gaube, par l'association de ce sel à l'oxyde de fer, sous forme de chlorate double, et le chlorate ferrique jouirait de la môme puissance. Ces composés seraient les antidotes physiologiques et les contre-poisons chimiques des sels de mercure et d'arsenic, et constilueraient les agents prophylactiques par excellence de la stomatite mercurielle.
Substances antagonistes. — Les stimulants dillusibles, les diaphorétiques, les topiques astringents, et peut-être, à d'autres égards, les substances avides d'oxygène, contrarient les effets du Chlorate de Potasse, qui aurait pour incompatible le tannin (Nollet) et le cyanure de potassium dans une préparation magistrale ; tandis que l'iodure de potassium e4 un incompatible, s'il est ingéré avec le Chlorate de potasse, car il en résulte des eflets d'intolérance très rapidement.
Usages. — Jadis le Chlorate de Potasse était prescrit comme agent d'oxydation, et Simpson le donnait récemment dans la dernière période de la grossesse pour fournir le gaz comburant au fœtus, quand des hémorrhagies placentaires lui faisaient craindre l'insuffisance de la nutrition. Actuellement on en restreint l'emploi à une série d'affections ayant généralement pour siège les muqueuses et se caractérisant par des ramollissements, des ulcérations, de la gangrène, de la diphtérie; la nature étiologique des lésions pouvant d'ailleurs varier.
C'est ainsi que le Chlorate de Potasse est vanté contre la stomatite gangréneuse (Hunt, Sayle, Babington); contre la stomatite ulcéro-membraneuse (West, Moore, Blache, Bergeron, Isambert, etc.), et même contrôla diphtérie (Chavane, Garasse, Trousseau, Isambert); enfin contre la stomatite mercurielle (Blache, Demarquay, Bergeron, Gubler, Ad. Richard, Lasègue, Isambert, etc.). On l'a essayé aussi dans les affections aphtbeuses et le muguet, dans le scorbut (Fremy, Brault) ; dans les angines inflammatoires (Massart); dans les affections furonculeuses et anthracoïdes (Dietz, Brouillet, Kiiss); dans la syphilis (Allinghans) ; dans la fétidité- de la bouche et l'ozène (Galligo); dans les souffrances liées à la dentition (Bonaventi) ; dans les gingivites chroniques avec ou sans pyorrhée (Laborde); dans la prosopalgie (Chisholm, Herber, etc.); dans la glycosurie (Bouchardat) ; dans les ictères, simples ou liés à des engorgements hépatiques (Odier, de Genève); dans les bronchites, enfin comme diurétique éliminant l'acide urique (Isambert), 011 comme galactagogue (Harkin).
L'illusion n'est plus permise aujourd'hui sur la valeur d'un certain nombre de ces applications. Le Chlorate de Potasse ne saurait être qu'un palliatif insignifiant dans la syphilis ou le muguet, dans l'anthrax, la gangrène de la bouche ou la diphtérie infectieuse. Celle-ci, malgré les affirmations de Fachse et SeeligmùUer, qui voient dans la solution saturée de Chlorate de Potasse, à haute dose, le spécifique de la diphtérie, celle-ci, dis-je, n'est malheureusement pas guérie par ce médicament, puissant tout au plus contre les cas légers. 11 rend au contraire des services incontestables dans la stomatite ulcéro-membraneuse et triomphe véritablement dans la gingivite et la glossite mercurielles. Mais, daus ce dernier cas, le