‹ Commentaires th©♭rapeutiques du Codex medicamentarius [electronic resource]Chapitre 258 sur 384 · CHLORE · texte numérisé non relu

CHLORE

CHLORE, Chlorum.

Angl. : Chlorine. — AU. : Chlor.

A l'état combiné, le Chlore est partout, principalement sous forme de chlorure de sodium. L'acide chlorhydrique libre se trouve au voisinage des volcans. De plus, Sprengel prétend que les plantes marines exhalent du Chlore gazeux, surtout la nuit.

Le gaz Chlore est soluble dans l'eau, et, mis en présence des matières organiques, il les décompose souvent en s'emparant de leur hydrogène pour former de l'acide chlorhydrique.

Action physiologique. — Le Chlore est un irritant topique et même un poison corrosif en raison de son énergique affinité pour l'hydrogène. Sa vapeur irrite violemment les voies respiratoires et détermine une sensation de constriction, de suffocation, une toux convulsive, le spasme de la glotte et de tout l'arbre aérien. L'accès se termine d'ordinaire par une abondante sécrétion de mucus bronchique, mais il peut s'ensuivre une véritable inflammation des voies aériennes et des crachements de sang. Lorsqu'elle est très diluée dans l'air atmosphérique, la vapeur de Chlore ne fait pas tousser; seulement elle occasionne dans les organes respiratoires une sensation de chaleur accompagnée d'accélération du pouls et de la respiration, et suivie d'expectoration. Les ouvriers soumis à des émanations habituelles de Chlore souffrent de dyspepsie acescente et de différents troubles gastriques : symptômes pouvant être mis sur le compte de la digestion de l'épithélium par l'acide chlorhydrique formé aux dépens du chlore et dissous dans les liquides buccaux incessamment déglutis.

D'après Wallace, le Chlore gazeux dilué dans l'air ou la vapeur d'eau, mis en con tact avec la peau, produit localement une sensation de piqûre et de morsure accompagnée de sueur, d'afflux sanguin et quelquefois suivie d'une éruption papuleuse et vésiculeuse.

Les phénomènes généraux qui succèdent à l'ingestion du Chlore sont, outre l'accélération du pouls et de la respiration, le mauvais état de la bouche, du gosier et de l'œsophage, avec rougeur et parfois ulcérations aphtheuses de ces parties, l'amaignssement, enfin l'altération qualitative et quantitative des sécrétions urinaire et salivaire.

Absorbé par les surfaces tégumentaires et porté dans le sang, le Chlore se transforme, au moins partiellement, en chlorure alcalin, mais il paraît (Wallace cité par Pereira) qu'il se retrouve aussi à l'état de corps simple dans l'urine, puisque celle-ci posséderait alors des propriétés décolorantes ibleaching 'properlies).

En définitive, le Chlore est un irritant local, et par là un stimulant général. Agit-il aussi comme excitant dans le système circulatoire, où il semble pouvoir se maintenir en partie à l'état d'isolement ? La chose est douteuse. Quant à ses effets calmants et antiphlogistiques (Albers), ils ne sont pas non plus suffisamment établis.

Substances synei'.giques auxiliaires. - Les hypochlorites alcalins et terreux [Chlorure de soude, Eau de Javel, Chlorure de chaux) sont très semblables

034 ClILOUE.

pour leurs effets et leur mode d'action au Chlore libre. Seulement ils commencent par laisser dégager leur oxygène (Balard), qui, h l'état naissant, brûle énergiquement les matières organiques ; ensuite le Chlore devenu libre se comporte comme il vient d'être dit.

Les antiputrides en général, qu'ils agissent en produisant la coagulation, en altérant la composition chimique de la matière fermentescible ou du ferment, en exerçant une action toxique sur ce dernier, ou bien de tout autre manière, sont les analogues et peuvent devenir les auxiliaires du Chlore.

Substances incompatibles. - Toutes les substances facilement attaquables par le Chlore doivent être éloignées des préparations où ce métalloïde est appelé à agir en vertu de ses afBnités chimiques. De ce nombre sont : l'hydrogène sulfuré, l'acide cyanhydrique et l'eau de laurier-cerise, les matières colorantes, etc. Aussi a-t-on donné comme contre-poison du gaz sulfhydrique le Chlore, qui, à son tour, a été combattu chimiquementpar le gaz ammoniac et par la vapeur d'alcool ou d'éther. ^

Malheureusement toutes ces réactions chimiques ne sauraient s effectuer dans l'organisme ; il faut donc songer à d'autres moyens antidotiques.

Usages - Rarement le Chlore est usité pour son action irritante ou stimulante ; on l'emploie presque exclusivement comme antiseptique etdes-

'""LTmédecins ont fait respirer le Chlore dans les affections chroniques des poumons, dans la phtisie surtout. Cette pratique ne me semble ra lonnelle que dans certaines formes d'asthme et de bronchite che à âles vibrants, pour provoquer le flux muqueux et favoriser ainsi le etoui aux conditio^s'normales de la respiration ; ou bien dans a ^^^^^^ la gangrène pulmonaire. Encore serait-elle quelquefms périlleuse dans la preSe catégorie de cas et illusoire dans la seconde, fumigat^^^^^^^^ Chlore pur ou d'un mélange de Chlore et d'air ou de ^^P-^^^^^." ^Y^^^^]; de même que les bains chlorés (Ziese), ont été ^e^^-^^^^ ^J^^^^ ladies du foie. Nous avons peine à croire au suce s de ces ^^^Z:"^^^^^^^^ trouverions plus acceptables les inhalations de Chlore pouvant déteimmer par action réflexe une cholirrhée plus ou moins abondante.

Quelques personnes, faisant des données chimiques une app^^^^^^^^^ moins judicieuse encore, ont imaginé d'admimstrer le C^ore à n^^^^^^^ sous prétexte de neutraliser dans le sang les virus ou l^^—^ ducteurs de maladies générales dangereuses, telles ^^^^^ ^/^^"^^^^ ' si l'action chimique du Chlore était efficace par rapports aux fo^l^^es 1 îe ferait également pour détruire les globules sangui- e ar^^^^^^^^^ actes indispensables à l'entretien de la vie ; on, si elle ''«^^P^^^^! ///^^^^^^ elle serait nécessairement impuissante contre les agents " «J^^^^^^^^^^^^^^

„ahi 11 n'v a donc aucun fondement à faire sur de pareille;» spéculations. Ti n L s'aurait ni r que le Chlore ne puisse servir à la désinfection des navires, "mbres de malades et de tous les endroits clos qui ont été infectés par une affection contagieuse.

CHLORE DISSOUS, SOLUTION AQUEUSE DE CHLORE, EAU DE CHLORE. 635 Le Chlore est un réactif utile dans la recherche du brome, de l'iode et des sels de morphine. Ce n'est pas un antidote sûr de l'acide cyanhydr.que, de l'hydrogène sulfuré, du sulfhydrate d'ammoniaque et de la slrychnme

dans l'organisme. , ,

Modes d'administration et doses. - Les inhalations de Chlore se pratiquent à l'aide d'un bocal à double tubulure rempli jusqu'au tiers environ d'une solution aqueuse de Chlore. L'un des tubes amenant l'air du dehors plonge au fond du liquide ; l'autre, par lequel se fait l'aspiration, s arrête dans hi partie supérieure du flacon.

Contre les affections morbigènes,on fait usage de la Fumigation Guylonienne, mélange de sel marin, de bioxyde de manganèse, d'acide sulfurique et d'eau, duquel, parla réaction réciproque de ses composants, se dégagent continuellement des vapeurs de Chlore. Cette fumigation est aujourd'hui remplacée par le chlorure de chaux. On prépare aussi une pommade chlorée contre la gale, et de la charpie chlorée comme topique sur les plaies de mauvaise nature. Quant au Chiure liquide, il n'est plus employé depuis Toulmouche, qui l'avait recommandé en inhalations dans les maladies bronchiques.

CHLORE DISSOUS, SOLUTION AQUEUSE DE CHLORE, EAU DE CHLORE, Chlorum aquâ solutum.

Angl. : Chlorine water, solution of chlorine.

L'eau dissout, à la température de 20° et à la pression normale 2 136 de gaz Chlore, soit 6 s% 856 ; c'est à cette solution qu'on donne le nom A' Eau de chlore.

C'est un liquide qui peut jouir de toutes les propriétés du Chlore, mais dont les usages sont assez spéciaux. Il est utile lorsqu'il s'agit d'arrêter la décomposition putride dans une masse organique, ou de détruire surplace un miasme ou un virus. Appliqué sur un chancre syphilitique, par exemple, il en neutraUserait le pus spécifique à ce point que l'inoculation de cette humeur ne donnerait plus que des résultats négatifs. Introduit dans un foyer de putridité, il enlève instantanément aux liquides contenus leur fétidité et il en prévient la décomposition ultérieure. Projeté sur des débris organiques, sur des déjections animales, sur le virus morveux (Penet) ou vaccinal, il agit également comme désinfectant, antizymolique, et, je le répète, destructeur du virus. Mais c'est à tort qu'on attribue cette même puissance destructive à la vapeur de Chlore sur les miasmes infectieux répandus dans l'air atmosphérique. Malgré leur organisation inférieure, les microbes sont très résistants, et la faible proportion de Chlore avec laquelle on les met généralement en contact est insuffisante pour modifier leur vitalité. 11 n'en serait plus de même, ainsi que je l'ai dit déjà, dans un endroit bien clos et sous l'effort de masses énormes de gaz. Quoi qu'il en soit, on comprend qu'on n'ait obtenu aucun résultat sérieux de l'usage des aspersions d'eau chlorée, ayant pour but, dans les salles de malades, d'empêcher la propagation du choléra, de l'érysipèle, de la fièvre puerpérale, de

63G CULORHYDUATE D'AMMONIAQUE, CIlLORUaiî D'AMMONIUM, SEL AMMONIAC.

la variole et des diverses maladies contagieuses et infectieuses. Pas davantage on ne croira à refficacité de VEau de Chlore dans le traitement du typhus et de la dysenterie.

Par la voie stomacale on administre le Chlore dissous, dilué dans l'eau pure ou en potion: Chlore liquide, 2 grammes ; eau, 100 grammes, édulcorée avec du sirop d'écorce d'orange amère. On le donne aussi en garyainsme: Chlore dissous, 10 grammes ; eau, 200; dans l'angine maligne et l'angine scarlatineuse déforme pultacée ou gangréneuse. Et c'est un moyen désinfectant recommandable, en lotions sur les plaies gangréneuses ou fétides, et un bon collyre (de Graefe) contre l'ophtalmie purulente ou les granulations trachomateuses.

CHLORHYDRATE D'AMMONIAQUE, CHLORURE D'AMMONIUM, SEL AMMONIAC, Chlorhydras Ammoniœ seu ammonicus. Angl. : Hydrochlorate of Ammonia. — AU. : Gereinigter Salmiak. Le Sel ammoniac (HGl,AzH3), est en cristaux réguliers, incolores, sans odeur, d'une saveur piquante, solubles dans 2,7 d'eau froide, 8,3 d'alcool à 90° et S parties de glycérine. Gomme les composés ammoniacaux en général, il jouit de propriétés irritantes locales, et constitue un stimulant dilfusible en même temps qu'un agent de Uquéfaction du sang.

Introduit dans l'estomac en quantité modérée, il cause une sensation de chaleur, et, si la dose est forte, donne lieu à de l'oppression, à de la céphalalgie, à de l'excitation fébrile et à de fréquentes envies d'uriner. Une dose de 5 grammes a produit chez Rabuteau l'accélération circulatoire et l'élévation du chiffre de l'urée. A dose massive, il occasionne le vomissement, la diarrhée et la gastro-entérite, quelquefois la paralysie et la mort (Courten, Gaspard, Orfila, etc.). Son usage longtemps continué amène la dénutrition des globules sanguins, l'état aplastique de la fibrine, et consécutivement l'anémie.la langueur, la diathèse scorbutique, avec le ramollissement des tissus et les hémorrhagies multiples. Il ûuxionne les réseaux capillaires, stimule la sécrétion des muqueuses et en rend le mucus plus fluide et parfois extraordinairement abondant; enfin, s'il est aidé par une température élevée du véhicule et de l'atmosphère ambiante, il accroît également la sudation et provoque l'éruption menstruelle. C'est de plus un diurétique assez puissant (Bœker), qui accroît l'élimination des matériaux azotés de l'urine; on le retrouve en presque totalité dans cette sécrétion (Rabuteau).

Des aphthes et une éruption miliaire sont quelquefois la preuve de son élimination parles glandes muqueuses et sudoripares. Toutefois la fréquence des mictions signalées plus haut prouve suffisamment en dehors de 1 analyse chimique que l'élimination a lieu principalement par les reins.

Slbstances synergiques et ANTAGONISTES. — Voy. AMMONIAQUE. On ne lui connaît que des contre-poisons mécaniques.

Usages. — Le Chlorhydrate d'Ammoniaque est indiqué dans les cas morbides auxquels conviennent les stimulants diflusibles, spécialement l'Ammoniaque et ses préparations, ainsi que dans ceux qui se compliquent

CHLORHYDRATE D'APOMORPHINE. 637 d'une exagération de plasticité du sang, ou qui consistent en des engorgements glandulaires ou viscéraux.

A titre de stimulant diaphorétique, le Sel ammoniac est employé dans la fièvre catarrhale (Marrotte) ou rhumatismale, dans quelques affections chroniques, ou du moins apyrétiques, liées à la suppression des fonctions cutanées, et dans l'aménorrhée torpide, ou plutôt dans celle qui dépend soit d'une excessive plasticité du sang, soit de conditions locales contraires aux hémorrhagies par diapédèse. En qualité de fondant, désobstruant ou résolutif, le Chlorhydrate d'Ammoniaque est conseillé dans les inflammations chroniques du poumon, du foie, dans les engorgements des glandes mésentériques, de la prostate, etc. Le docteur Stewart en fait presque un spécifique de l'hépatite suppurée et le vante aussi contre la congestion et la torpeur hépatique et la dysenterie chronique. Comme fluidifiant, il peut rendre des services dans le catarrhe à râles vibrants et dans quelques circonstances analogues. On doit y renoncer quand il existe de la fièvre (Saucerotte), et ne jamais le prodiguer, de peur de déterminer la diathèse hémorrhagique. On comprend aussi qu'à titre d'alcalin il puisse rendre des services dans certaines affections gastriques atoniques. Mais c'est un fébrifuge infidèle.

A l'extérieur, on l'emploie comme résolutif sur les mamelles gorgées de lait, sur les gonflements lymphatiques, les tumeurs indolentes et les contusions.

Le Sel ammoniac entre aussi dans la composition d'un mélange réfrigérant (susceptible de donner une température de — 12 degrés centigrades, et dont voici la formule (Walker) : Sel ammoniac et nitrate de potasse, aa 5 parties ; eau, 16 parties. Ce mélange réfrigérant convient en applications topiques sur les tumeurs vasculaires et les anévrysmes.

Modes d'administration et doses. — Le Chlorhydrate d'Ammoniaque se donne à l'intérieur en pilules et en potion, à la dose de 25 à SO centigrammes répétée deux, trois ou quatre fois par jour. La potion (Barrallier) est aromatisée avec de l'infusion de mélisse ou de menthe et édulcorée avec du sirop d'écorce d'orange ou du suc de réglisse. Waldenburg a encore préconisé les inhalations d'une solution de 1 à 10 grammes, pour SOO grammes d'eau.

A l'extérieur, ce sel s'emploie en lotions, en gargarismes, et en colb/re. Les lotions se font, soit avec une simple solution aqueuse (de 23 à 50 grammes pour 500 grammes d'eau), soit avec la même dose en solution dans le vinaigre, additionné ou non d'esprit-de-vin. Pour injections dans la blennoi-rhagie et la leucorrhée, on ne met que 4 à 8 grammes pour 500 grammes d'eau.

En Angleterre, on emploie comme résolutif un emplâtre de Chlorhydrate d'Ammoniaque, dans lequel ce sel se trouve incorporé avec de l'emplâtre de plomb et de savon.

CHLORHYDRATE D'APOMORPHINE, Chlorhydras apomorphious.

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