AMANDES
amandes amères qu'on mâche, celle du kirch ou d'une infusion de feuilles de laurier-cerise. Elle est soluble dans 30 parties d'eau, et en toute proportion dans l'alcool oul'éther.
Dussart a obtenu une essence artificielle identique avec l'essence naturelle en traitant l'hydrure de benzoïle par l'acide cyanhydrique.
Comme l'eau distillée de laurier-cerise, l'essence d'Amandes amères atténue ou fait cesser l'odeur d'un grand nombre de substances organiques : essences hydrocarbonées ou sulfurées, préparations de valériane, produits animaux empyreumatiques ou fétides, castoréum, musc ; mais celle du musc résiste plus que toutes les autres.
Propriétés physiologiques. — Les Amandes amères doivent leur vertu à l'acide cyanhydrique qu'elles produisent par la fermentation de l'amygdaline. Leur essence, quand elle est puj^e, est aussi inoffensive que l'huile d'amandes douces; mais elle peut renfermer jusqu'à 14 p. 100 d'acide prussique.
Quand les Amandes amères sont ingérées en excès, quand on introduit ensemble dans l'estomac d'un animal l'amygdaline et l'émulsine, lesquelles prises isolément sont inoff'ensives, on détermine un empoisonnement cyanhydrique.
A doses faibles, elles ont des vertus sédatives analogues à celles de l'eau de laurier-cerise.
Substances synergiques, auxiliaires. — Les amandes d'un grand nombre de fruits de Rosacées, les fleurs de quelques espèces de cette famille, les feuilles du Cerasus Lauro-Cerasus, peuvent remplacer les Amandes amères. L'acide cyanhydrique agit dans le même sens.
Les composés chimiques qui entravent les oxydations, tels que l'acide arsénieux ou les antimoniaux, les toniques sédatifs du système vasculaire et les circonstances quelconques qui diminuent l'hématose, sont des auxiliaires pour l'essence d'Amandes amères.
Substances antagonistes, incompatibles. — Antidotes, contre-poisons. — Les antagonistes dynamiques sont les stimulants et toutes les conditions favorables à l'activité respiratoire.
Les antagonistes chimiques sont ceux de l'acide cyanhydrique (Voy. ce mot).
Usages. — Les propriétés calmantes de l'essence (impure) et de l'acide cyanhydrique, que la fermentation développe dans les Amandes amères, font employer assez souvent l'émulsion de ces dernières, soit à l'intérieur, dans les affections des voies respiratoires et la dysménorrhée douloureuse, soit à l'extérieur, dans les maladies cutanées irritantes. On ne s'en sert plus contre les fièvres intermittentes.
L'essence d'amandes amères se comporte avec les principes odorants de la sueur comme avec ceux des substances organiques indiquées plus haut, en sorte que j'ai eu l'idée de mettre à profit cette propriété pour combattre une affection repoussante ; la fétidité des aisselles et des pieds, à l'aide d'une poudre composée de carbonate de chaux et de farine ténue d'Amandes amères aromatisée avec de l'essence de ces mômes amandes.