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MERCURE PURIFIÉ

la sève de nos arbres fruitiers, dans lelactucarium et le suc des Chicoracées, dans les Champignons, les Algues saccharifères, etc. ; c'est aussi un des produits de la fermentation visqueuse ou muqueuse des liqueurs sucrées. La Mannite cristallise en prismes orthorhombiques, blancs, d'un éclat soyeux, d'une saveur faiblement sucrée; elle est insoluble dans l'éther, peu soluble dans l'alcool absolu et même dans l'alcool hydraté, qui n'en prend pas un centième de son poids, et très soluble dans l'eau (6p,6). Sa solution dissout abondamment la chaUx, et, mêlée à du sulfate de cuivre, elle empêche la précipitation de l'oxyde cuprique par les alcalis. Elle est sans action sur la lumière polarisée et se transforme en glucose au contact des matières albumiiioïdes (Berthelot).

Action physiologique et usages. — La Mannite a des propriétés laxatives faibles ou douteuses, et l'expérience (Pereira, Rabuteau) n'autorise pas à la considérer comme le principe actif de la manne. Il n'y a donc pas lieu de s'en servir dans la médication évacuante; mais on pourrait, à mon avis, utiliser son action de présence lorsqu'il s'agit de faire absorber un sel de cuivre sans avoir à craindre la décomposition de celui-ci par les liquides alcalins de l'économie, ou bien sa faculté dissolvante, quand on veut dissiper les taches calcaires de la cornée, comme dans le cas de Gosselin. Je pense aussi qu'il y aurait lieu d'en instiller la solution entre les paupières chez les sujets affectés de leucoma ou de cercle sénile. Les auteurs qui la croient aussi utile que la manne conseillent de l'administrer à la même dose ; je pense qu'il en faudrait donner beaucoup plus que de la manne en larmes, et surtout que de la manne grasse, pour obtenir des efTets équivalents,

MARBRE BLANC. — Voy. CARBONATE DE chaux.

MERCURE, Hydrargyrum.

Angl. : Quicksilver, Mercury. — AU. : Quecksilber,

Deux variétés de Mercure sont inscrites au Codex, les suivantes :

MERCURE DU COMMERCE, MERCURE MÉTALLIQUE. — C'est le Mercure impur contenant des traces de plomb, de bismuth, d'étain et de zinc, etc. 11 est sans usage médical, et n'entre guère que dans les préparations mercurielles d'usage externe.

MERCURE PURIFIÉ, Hydrargyrum purissimum.

h'Hydi^argyre on Vif-Argent, consacré h Mercure, dont il porte plus généralement le nom, est étranger à la composition des êtres vivants, et se rencontre dans le règne minéral à l'état natif ou combiné.

Action physiologique. — Sauf l'impression de froid qu'il occasionne, le Mercure métallique est sans action immédiate sur nos organes. Maison admet généralement que si le contact se prolonge et si le tégument externe est mal protégé par son épiderme, il se développe une éruption vésiculeuse d'eczéma, constituant ce qu'on appelle Vhydrargyrie locale. Seulement,

MERCURE PURIFIÉ. 809 comme cet effet se montre à la suite des applications de pommade mercu^ rielle, il serait probablement beaucoup plus juste de l'attribuer à la graisse rance qu'au métal qui lui est incorporé.

La peau intacte absorbe le Mercure métallique comme les autres matières gazeuses et capables de pénétrer, en vertu de la loi de diffusion, dans les orifices, les conduits et les cavités glandulaires des organes de la sécrétion sudorale (Gubler). En qualité de substance gazéifiable, il est facilement absorbé par la surface des voies respiratoires.

Injecté dans les veines, le Mercure se divise eu globules qui, après avoir traversé le cœur, vont s'arrêter dans les capillaires viscéraux, surtout ceux des poumons, oii ils déterminent de nombreux petits foyers inflammatoires et suppuratifs, accompagnés de fièvre et d'accidents généraux plus ou moins graves (Moulin, Gaspard, Cruveilhier).

Qu'il soit laissé en contact avec la peau, déposé dans le tissu cellulaire, introduit avec l'air sous forme gazeuse dans les voies respiratoires, ou porté dans le tube digestif, le Mercure est absorbé, et produit deux ordres de symptômes ; primitifs et consécutifs, aigus et chroniques.

Les premiers, à part des phénomènes d'excitation et une sorte de fièvi^e primaire bien rarement observée, sont le ptyalisme et la salivation pancréatique, manifestée par le dérangement des fonctions du tube digestif; la stomatite spéciale, avec son caractère ulcéro-membraneux et sa fétidité repoussante, l'ébranlement et la chute des dents, la nécrose des maxillaires; des lésions ulcéreuses de l'intestin (Wunderlich) ; avec une fièvi^e symptomatique ou secondaire, quelquefois l'albuminurie par néphrite et plus souvent par dyscrasie, ou bien le diabète (Saikowski, Rosenbacb), l'hypoglobulie, l'état aplastique du sang, et une sorte de scorbut; lachule des cheveux, la faiblesse générale et la cachexie aiguë.

Les phénomènes de plus longue portée, en rapport avec un empoisonnement faible et lent, mais continu, qui a pu d'ailleurs déterminer au début les accidents primitifs énumérés ci-dessus, sont : l'anémie, l'albuminurie, l'altération nutritive et la cachexie; le tremblement et le bégayement, qui n'est en partie qu'un tremblement des muscles delà respiration, de la phonation et de l'articulation des sons; enfin le vertige, l'amnésie et'un certain degré d'aphasie, l'affaiblissement de l'intelligence avec (Kussmaul) un état de timidité et de perplexité tout à fait extraordinaire; puis des hallucinations, le délire, la paralysie agitante, une sorte d'épilepsie et d'apoplexie Sans parler de la fièvre hydrargyrique, de la polyurie, des sueurs profuses, des exanthèmes cutanés et des lésions parenchymateuses diverses qui viennent compliquer les symptômes ordinaires de Vhydrargyrisme aigu et chronique dont A. Kussmaul a tracé complètement l'histoire dans sa monographie du Mercunalisme constitutionnel, et auxquels il faut ajouter encore des troubles nerveux de moindre importance : névralgies, arthralgies, dyspnée, engourdissement des membres, anesthésie, analgésie, vertiges, insomnie, etc. (Nolhnagel et Rossbach).

On a pu administrer par la bouche en une seule prise des masses énormes

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de Vif-Argent, sans produire aucun symptôme hydrargyrique, tandis que des quantités 'pondérales très faibles du même métal amènent parfois des accidents rapides et sérieux. La différence est attribuée à ce que, dans le premier cas, le Mercure métallique est demeuré intact, tandis que dans le second il a pu s'oxyder (Guibourt) ou se transformer en chlorure double (Mialhe), bichlornre (Voit). Elle dépend aussi, selon moi, de ce que le métal sous for'me massive a plus rapidement parcouru le tube digestif sans Être absorbé.

Au reste, rien n'est plus variable que l'action du Mercure sur 1 économie et la susceptibilité individuelle pour ce médicament. J'ai vu une glossite parenchymateuse et des lésions de la bouche et de l'isthme guttural mettre la vie en péril par asphyxie, à la suite d'une seule onction napolitaine faite sur l'hypogastre pour une péritonite puerpérale.

De pareils faits s'expliquent difficilement par l'introduction du Mercure par la seule voie cutanée, et me portent à penser que la vapeur métallique, respirée parle sujet, contribue pour une large part à l'intoxication. 11 ne faut pas oublier en effet que le Mercure, qui se volatilise au-dessous de 0» et possède une tension de vapeur mesurable à la température de 15°, doit fournir des émanations considérables à la chaleur du corps humain, principalement pendant la fièvre. Dans les cas ordinaires, l'hydrargyrisme qui succède aux frictions mercurielles s'explique sans doute en partie par la pénétration de la vapeur de Mercure dans les voies respiratoires et digestives en même temps que dans les glandes sudoripares, peut-être en partie aussi par l'absorption cutanée rendue facile à l'aide de l'eczéma local et de la mise à nu de réseau superficiel du derme.

Le Mercure circule dans le sang à l'état d'albuminate. Il éhminé par les urines, les salives, la sueur, la bile, et même par la sérosité des vé icatoLes et des plaies. On l'a trouvé faisant partie intégrante de la P upart tissus. Son élimination est favorisée (Melsens et Nata is J -

dure de potassium, non parce qu'il se forme un lodure double P^ «l^^^^' mais parce que la dénutrition plus rapide remet en hberté du Mercure immobilisé dans les organes (Gubler).

Pour résumer l'action physiologique du Mercure, nous dirons qu en se combinant avec l'albumine du sang, il devient une cause d hypercnm même de phlogose, pour un certain nombre d'émonctoires dont la sécrétion se montre accidentellement albumineuse; que par le même mécanisme i dépouille le sang d'une partie de sa substance plastique; qu en outre, pai une action spéciale indéterminée, il rend la fibrine f «^^f ^^^ji^^^^^'J pose à la régénération des hématies, et que finalement il conduit ^ or^m^^e fl.iy troubles les plus variés, à travers la dyscrasie sanguine et la cacnexie. on ne sau^^^^^^^ non plus qu'il n'affecte profondément le système nerveux, ?e cerveau et la moelle principalement, ainsi qu'en témoignent les troubles ner eux considérables de l'hydrargyrisme; et qu'en outre U ne modifi la .nlnUon car le pouls est petit, le cœur sans puissance dans 1 intoxication rrcuri2. De pareils accidents exercent leur influence sur la nutrition.

MERCURE PURIFIÉ. SU qui devient languissante, à ce point de conduire les sujets à la cachexie.

Mais il n'en est pas de même quand le Mercure est donné à dose thérapeutique ; ses effets sont alors véritablement reconstituants et se traduisent par une augmentation des forces et de l'embonpoint, au moins chez les syphilitiques. On trouvera d'autres détails à l'occasion des sels mercuriels et notamment des chlorures hydrargyriques.

Substances synergiques, auxiliaires. — Les véritables synergiques du Mercure sont les antiphlogistiques, les débilitants et les fluidifiants, tels que les alcalins, à hautes doses.

L'oxygène de l'air, les acides, les chlorures alcalins, en favorisant la transformation saline du Mercure métallique et son absorption ultérieure, contribuent à son action physiologique.

Substances antagonistes, incompatibles. — Antidotes et contre-poisons. — Au point de vue de l'action pharmacodynamique, les antagonistes du Mercure sont les astringents, les toniques et les stimulants. Ce n'est pourtant pas là ce qu'on doit entendre par « incompatibles » dans la rédaction d'une formule. Au contraire, les vrais incompatibles sont, à proprement parler, les adjuvants ou les agents qui transforment trop rapidement le Mercure en combinaisons solubles et excessivement actives. De ce nombre sont le sel de cuisine et les chlorures alcalins, l'acide cyanhydrique et les cyanures.

Inversement, le chlorate de potasse, qui s'oppose aux effets locaux du Mercure sur la bouche et les glandes salivaires, devient un adjuvant du traitement hydrargyrique.

Les antidotes physiologiques ou proprement dits sont le chlorate de potasse et les toniques amers, astringents, reconstituants, ainsi que les stimulants : par exemple, le quinquina, les ferrugineux, les alcooliques.

Les contre-poisons chimiques des sels mercuriels sont les solutions albumineuses, le fer et le zinc métalliques très divisés.

Usages. — Le Vif- Argent a été plusieurs fois administré par la bouche en masse pesante, dans le but de dénouer mécaniquement l'intestin affecté de volvulus, et de rétablir le cours des matières. Matignon, qui vient à nouveau de préconiser cette méthode après d'autres, la croit surtout efficace contre l'obstruction simple, l'occlusion par compression ou par étranglement. De même on l'a donné pour amalgamer et dissoudre des monnaies d'argent avalées par mégarde : application illusoire.

Comme anthelminthique, le Mercure n'agirait pas directement et par luimême sur les parasites renfermés dans le tube digestif; d'après l'opinion accréditée, il ne deviendrait toxique pour ces derniers qu'autant qu'il serait préalablement salifié. Tout en faisant quelques réserves à ce sujet, nous devons convenir qu'il donne peu de résultats quand il est administré en nature.

Le Mercure doit à ses propriétés purgatives et altérantes d'être employé comme antiphlogislique et antipyrétique ou fébrifuge. Mais l'effet catharlique est demandé le plus souvent au calomel, quelquefois au Mercure mé-

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tallique, L'effet altérant, au contraire, est habituellement obtenu à l'aide du protoiodLire ou du bichlorure hydrargyrique.

Le Mercure ne convient qu'aux sujets non débilités et point cachectiques, atteints de phlegmasies plastiques ou de fièvres inflammatoires d'une intensité médiocre et d'une allure peu rapide. Dans les conditions inverses, il est inutile ou nuisible, parce qu'il n'arrive pas à temps, parce qu'il est illusoire et empêche d'agir plus efficacement ; enfin parce qu'il entraîne la dyscrasie et la cachexie. Ainsi ce métal ne donne que des résultats insuffisants ou incertains dans la péripneumonie et les inflammations phlegmoneuses des parenchymes ; mais il rend de grands services dans les phlegmasies des séreuses et les formes adhésives des inflammations en général, et en applications locales (onguent mercuriel) il est le remède toujours essayé pour faire avorter une inflammation du tégument externe, des glandes lymphatiques, etc., ou résorber des exsudats. On le prescrit aussi avec avantage contre certaines ophtalmies suppurantes. Dans ce cas, il agit en même temps comme antiphlogistique spécial et comme révulsif à la faveur de la salivation et de la stomatite.

C'est principalement contre les accidents syphilitiques que se manifeste la puissance du Mercure, sans qu'il soit possible de l'expliquer d'une manière entièrement satisfaisante. Son efficacité se montre surtout dans la période secondaire; néanmoins elle est incontestable encore dans les accidents plus tardifs de la maladie spécifique, et l'expérience justifie la conduite de ceux qui débutent toujours par les préparations hydrargyriques dans le traitement de la syphilis constitutionnelle avancée, quand bien même la forme hyperplasique des lésions semble réclamer instamment l'emploi de l'iodure de potassium. Pour ma part, je ne manque jamais de débuter par les hydrargyriques dans le traitement de la syphilis constitutionnelle, alors même que j'ai aflaire à des accidents tertiaires.

Les médecins croyaient généralement autrefois que la salivation était indispensable au succès d'un traitement hydrargyrique. Il n'en est rien. Le ptyalisme et la stomatite n'ont môme pas l'avantage de révéler la saturation de l'économie, et n'ofl'rent dès lors que des inconvénients, hormis le cas d'iritis, où la révulsion peut intervenir utilement. Beaucoup de praticiens partagent cette manière de voir ; seulement ils n'en tirent pas tous la conséquence logique : c'est qu'il faut, autant que possible, empêcher cet inconvénient de se produire. On y parvient en donnant la préférence à certaines préparations, et en prescrivant des doses minimes et répétées. Le calomel doit être soigneusement évité, et, si l'on n'a pas recours au sublimé corrosif, il ne faut pas donner habituellement plus de 5 centigrammes, par jour, de proto-iodure hydrargyrique, ou bien une dose correspondante de Mercure métallique en plusieurs prises, distribuées à intervalles égaux dans les vingt-quatre heures. En tout cas, il faut enrayer dès que la salivation se montre, à moins qu'à l'exemple de Ricord on ne préfère administrer concurremment le chlorate de potasse.

Deux méthodes d'administration du Mercure dans la syphilis sont actuel-

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