SULFURE DE CARBONE, ACIDE SULFO-CARBONIQUE
hSL poudre subtile de Delcroix, destinée au même usage, avait une composition analogue.
SULFURE (JAUNE) D'ARSENIC OFFICINAL, SULFURE JAUNE D'AU SENIC PUR, Sulfurelum arsenio&um.
Le Sulfure jaune d'Arsenic officinal, AsS», est, comme on le voit par sa formule chimique, un trisulfure. On l'obtient artificiellement en faisant passer jusqu'à saturation un courant d'hydrogène sulfuré dans une solution d'acide arsénieux : Ac. arsénieux, 100 gr. ; eau distillée, 900 gr. ; ac. chlorhydrique officinal, 300 gr.
Il ne doit pas, comme Vorpiment du commerce, retenir d'acide arsénieux. 11 pourrait d'ailleurs servir aux mêmes usages que ce dernier; mais il n'a guère que des applications externes et s'emploie surtout pour confectionner des pâtes épilatoires.
On pourrait rapprocher des deux sulfures précédents le Sulfure rouge d'Arsenic ou réalgar, AsS^, qui est un bisulfure ainsi qu'on le voit. Il se trouve dans la nature, de même que l'orpiment, ou bien on le prépare artificiellement. Ce sont là des substances inusitées en médecine, sur lesquelles je n'ai pas besoin de donner d'autres indications.
SULFURE DE CARBONE, ACIDE SULFO-CARBONIQUE, Sulfurelum
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Angl. : Sulphuret, Sulphide or Bisulphuret of Carbon. — Ail. : Schivefel-
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Sulfure de Carbone, CS^, combinaison directe de charbon et de soufre, est un liquide incolore, très réfringent, d'une odeur véritablement fétide et désagréable quand il est impur, mais moins repoussante après avoir été purifié. Il est neutre aux réactifs, infiammable facilement, et brûlant avec une flamme bleue; presque insoluble dans l'eau, soluble dans lalcool et dans l'éther. C'est un remarquable dissolvant du soufre, du phosphore, des graisses, des huiles volatiles, des résines et même de l'iode.
ACTION PHYSIOLOGIQUE. - Cette action est malheureusement d ordre Ionique et connue surtout par les travaux de Delpech, qui en a observé les fâcheuses conséquences sur les ouvriers employés à la vulcanisation du caoutchouc. 11 résulte de l'inhalation des vapeurs de Sulfure de Carbone dans les fabriques plusieurs variétés d'empoisonnement.
10 Une intoxication chronique, caractérisée par les accidents suivants. D'abord des troubles digestifs : perte de l'appétit, nausées, vomissements, mais sans diarrhée; puis des éblouissements, des vertiges, de la céphalalgie, des troubles visuels plus ou moins profonds sur lesquels je reviendrai Sans un instant, de la surdité, de l'analgésie ou de l'hyperesthésie cutanée, de la fatigue musculaire, de la paralysie motrice avec atrophie des muscles, sans que cependant la contractilité électrique soit modifiée, enfin de 1 impuissance chez l'homme, et des troubles de la menstruation et de la stérilité chez la femme. L'intelligence est aussi profondément affectée. G est
SULFURE DE CARBONE, ACIDE SULFO-CARUONIQUE. f83 ainsi que la mémoire se perd, que les sujets deviennent hébétés, loquaces, très mobiles d'esprit ou tombent dans l'aliénation mentale. Delpech classe tous ces accidents suivant deux périodes distinctes. Dans la première apparaîtraient les phénomènes d'excitation que je viens d'énumérer; dans la seconde ceux de dépression. Toujours est-il que l'intoxication chronique amène peu à peu les malheureux malades à la cachexie et au dépérissement le plus profond.
2° Une intoxication aiguë, plus rare, dans laquelle les troubles se rapprochent de ceux de l'ivresse alcoolique.
Mais tous les ouvriers ne sont pas atteints aussi profondément et, chez quelques-uns les accidents se bornent à du mal de tête, à des nausées, quelques vomissements et une activité cérébrale moindre. D'autres éprouventdestroubles delà vision, qui ontétéétudiéspar Galezowski, consistant en vision colorée, mouches, éclairs et diplopie, paralysie de l'accommodation, amblyopie, que l'auteur propose d'appeler carbo-sulfureuse, périnévrite optique et (Abel Marche) anesthésie de la cornée, etc. Enfin Laboulbène a signalé encore les pigmentations cutanées comme propres à l'empoisonnement chronique par le sulfure de carbone, très exceptionnellement.
Nous sommes heureux d'ajouter que, dans tous ces cas, la plupart des malades guérissent assez facilement après cessation du travail dans les fabriques et sous l'influence des toniques et des substances hypercinétiques : noix vomique et ses alcaloïdes, etc. ; ou (Delpech) des préparations phosphorées.
H. Douglas a cité l'observation d'un malheureux qui avait tenté de s'empoisonner avec 60 gr. de Sulfure de Carbone, chez lequel on constata surtout de la résolution musculaire complète, de l'insensibilité, sauf à la conjonctive, de la dilatation pupillaire, une respiration laborieuse, et plus tard une sorte de demi-coma, un sommeil profond, des frissons, des vomissements, etc. , tous accidents qui disparurent facilement.
Chez les animaux tués par l'inhalation de Sulfure de Carbone, Poincaré a constaté que les oreillettes sont distendues par un sang noir; que les poumons présentent des taches livides et qu'enfin les centres nerveux sont surtout affectés anatomiquement.
Usages. — Le Sulfure de Carbone a des propriétés anesthésiques comparables à celles de l'éther et du chloroforme (Simpson, Harold Thanlow), mais que la pratique ne saurait utiliser. C'est aussi un aneslhésique local (Duplessis), analogue à l'élher, en raison de sa facile volatilisation, sans avantage suivant moi sur ce dernier ou sur les autres agents d'anesthésie locale.
A l'intérieur, il n'a pas d'applications qui le recommandent à l'attention des praticiens, bien qu'on ait assuré qu'il peut guérir certaines affections rhumatismales et la dysménorrhée. '
Par contre ses usages externes ont une réelle valeur. Au dire de Sanders, appliqué sur le trajet des nerfs, dans les névralgies de la 5- paire, occipitale, cervicale, intercostale, sciatique, etc., il devient un calmant d'une
984 SULFURE FERREUX, PROTUSULFURE DE FER.
action prompte et très efficace. De même il soulage les sujets affectés d'une crise de colique hépatique (Smith) et peut devenir un agent de stimulation analogue aux sinapismes dans les cas de faiblesse ou de collapsus. \\ s'agirait d'étudier si on ne pourrait pas mettre encore à profit la propriété qu'il a d'anesthésier la cornée.
Mais c'est surtout un topique précieux dans le pansement de certaines plaies, et dont la puissance curative, peut-être soupçonnée par Lampadius, nous a été révélée par les recherches d'Évariste Michel tout d'abord, de Guillaumet, J. Ghéron, Gauro plus tard. Excitant énergique de la vitalité des tissus, cicatrisant actif des ulcérations chroniques, agent d'anesthésie locale, il est indiqué surtout dans les plaies scrofuleuses, les ulcérations syphilitiques, même les chancres phagédéniques (Gauro), les plaies atoniques, les ulcères variqueux, l'esthiomène de la vulve, etc.
Modes d'administration. — On a donné quelques gouttes de Sulfure de Garbone dans une potion; mais cette pratique est aujourd'hui inusitée.
La mixture de Smith contre les névralgies, se compose de Sulfure de Carbone, 30 gr. ; teinture de camphre, 90 gr. ; en applications topiques.
Pour le pansement des plaies on peut employer le Sulfure de Garbone en nature, ou mieux l'association suivante : Sulfure de carbone, 16 gr. ; teinture d'iode, 4 gr. ; essence de menthe, 4 gouttes (Guillaumet). Ghéron a proposé contre l'esthiomène de la vulve cette formule : Sulfure de Garbone, 30 gr. ; lodoforme, 5 gr. Il assure que l'odeur si abominable de ces deux substances s'atténue par leur mélange : similia similibus..... Quelques agents passent d'ailleurs pour enlever l'odeur désagréable du Sulfure de Garbone : le sublimé (Gloëz), l'essence d'amande amère (1 goutte par gr.), l'essence de menthe (X à XV gouttes par 10 gr.), le baume du Pérou (1 gr. pour 30 gr.) et surtout l'iode, d'après Guillaumet.
SULFURE FERREUX, PROTOSULFURE DE FER, Sulfuretum fevri.
Angl. : Sulphuret of Iran. — AU. : Sulp/iuretum Ferri, Schivefeleiscn.
Le Sulfure de Fer amorphe et la Pyrite martiale (FeS) sont des minéraux très répandus. A l'état hydraté, le Sulfure de Fer contribue, avec le phosphure de fer, à colorer en noir la boue des ruisseaux, des égouts et des étangs. Il noircit également les matières fécales chez les malades qui font usage de préparations ferrugineuses, et prend naissance aux dépens des sulfates et du fer, en présence de matières organiques réductrices.
Certaines eaux minérales sulfureuses et ferrugineuses tout ensemble, non étudiées jusqu'ici, dérivent de ce composé qui, en présence de l'air et de l'eau, donne naissance directement, ou consécutivement avec le concours des matières organiques à du sulfate de fer, à du carbonate ferrique et à de l'hydrogène sulfuré (Gubler). J'ai observé ces eaux sulfurées martiales dans les schistes pyriteux et les argiles grises ou noirâtres des terrains secondaires. Il est probable qu'elles tiennent aussi en dissolution du sulfate d'alumine. Elles auraient donc des propriétés à la fois stimulantes, toniques, analeptiques, astringentes et altérantes.
SULFURE MERCURIQUE, BISULFURE DE MERCURE, CINABRE. 98o On admet aussi la présence du Sulfure de Fer en dissolution ou, si l'on veut, en suspension moléculaire (Gubler) dans quelques eaux minérales toutes différentes.