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SULFURE MERCURIQUE, RI-SULFURE DE MERCURE, CINABRE

Sulfuretum hydrargyricum. '

Angl. : Crystallised or red Sulphuret of Mercury, Vermillon, Cinnaber. - Ail, : Zinober.

Le Cinabre (HgS) se trouve à l'état natif dans les mines de mercure d'Almaden et d'Idna. Il est en masses à structure fibreuse, d'un rouge violacé sans odeur ni saveur, insoluble dans l'eau et l'alcool. Pulvérisé.il constitue le vermillon.

Action physiologique et usages. - Le Sulfure rouge de Mercure chimiquement pur serait inerte, car 15 grammes appliqués sur une plaie ou in-

986 SULFURE (TRI-) l'E POTASSIUM SOLIDE, TRISULFURE DE POTASSIUM IMPUR. Iroduils dans l'estomac d'un chien sont restés sans effet (Orfila), ce qui ne veut pas dire qu'il en serait de même chez l'homme. Sa vapeur, lorsqu'on le chauffe :\ l'air, est au contraire toxique, parce qu'elle est formée de mercure métallique ou oxydé et de gaz sulfureux. On en faisait autrefois un usage assez fréquent contre les ulcérations syphilitiques de la o-orge ou des fosses nasales; mais cette méthode dangereuse est aujourd'hui abandonnée.

Les fumigations se font tout simplement en projetant de la poudre de Cinabre sur une pelle chauffée ou sur des charbons ardents et exposant les régions malades aux vapeurs qui s'en dégagent, ou bien à l'aide d'appareils spéciaux assez compliqués tels que la chaise fumigatoire (Lalouette), les boîtes fumigatoires, etc. Ces fumigations peuvent amener très vite la salivation et la saturation hydrargyriques. On leur préférera le plus souvent les injections raercurielles, qui constituent une méthode aussi sûre qu'inolfensive de traitement des accidents syphilitiques.

A l'intérieur le Cinabre a été prescrit à la dose de 0^%23 à 1 gramme comme antisyphilitique. , •

11 faisait partie de la poudre tempérante de Stahl, de la poudre admirable de Mynsicht, etc. Et il entre dans la poudre escharotique arsenicale de frère Côme: Acide arsénieux, 1 gramme; sulfure rouge de mercure pulvérisé, 5 grammes; éponge torréfiée pulvérisée, 2 grammes.

SULFURE (TRI ) DE POTASSIUM SOUDE, TRISULFURE DE POTAS- SIUM IMPUR, SULFURE DE POTASSE, POLYSULFURE DE POTAS SIUM FOIE DE SOUFRE, Trisulfuretum polassicum.

Anêl : Tersulphuret of Potassium. - AU. : Sclmefelkalium. Le Trisulfure de Potasse (KS3) se présente dans les pharmacies sous deux formes : solide, c'est le Sulfure de Potasse ou Foie de Soufre; dissous, on e nomme Sulfure de Potasse liquide ou Foie de Soufre liquide. Il est soluble dans deux parties d'eau froide et dans l'alcool. ^

Action physiologiqu.. - Le Trisulfure de Potasse, applique sur la peau ou les muqueuses, agit comme un violent irritant et comme un léger caustique. Introduit dans les premières voies, il peut devenir un poison fort énergique et rapidement mortel (Orfila, Chantourelle, Lafranque). Les symptômes sont de deux ordres : 1° locaux : goût âcre dans la bouche, constriction du gosier, brûlure à l'estomac, vomissements, V^^Sf o^^ r généraux : prostration, faiblesse du pouls, convulsions et coma. Ces derniers rappellent l'empoisonnement par l'hydrogène sulfuré. En effet, ce est exhalé dans l'atmosphère de la chambre par la respiration du patient. 'Tdoses modérées, le Trisulfure de Potassium détermine parfois encore de la douleur gastrique, des vomissements et des dérangements de corps. A plus faible dose, il est bien toléré, et amène, après f -^P^^"'.^;^ Pf, ^ nomènes analogues à ceux que nous avons décrits à l'^^^^^^^^.^f " f "'^^ ^Voy. ce mot) : stimulation générale, accroissement des sécrétions mu-

queuses, etc.

SULFURE (TRI-) DE POTASSIUM SOLIDE, TRISULFURE DE POTASSIUM IMPUR. 9S7 Les effets du Trisulfure potassique, en applications externes, s'observent aisément à la suite de l'administration des bains sulfureux artificiels.^ Au degré de concentration ordinaire, ces bains, fort différents de ceux d'eau sulfureuse naturelle, déterminent une vive excitation de la périphérie du corps, activent la formation et la chute de l'épidernie, qui se fendille et laisse paraître dans les intervalles le derme rouge et presque dépouillé. Cette action est si énergique, chez quelques personnes à peau délicate et irritable, qu'elle s'oppose absolument à la continuation des bains sulfureux artificiels.

Souvent l'irritation cutanée force à mettre cinq ou six jours d'intervalle entre deux bains successifs. De pareils effets n'ont rien de commun avec ceux qui sont la suite d'une cure balnéatoire aux eaux naturelles sulfurées sodiques, et c'est se faire de singulières illusions que d'assimiler les qualités douces et quasi-savonneuses de ces dernières à l'âcreté blessante de nos préparations de laboratoire. Aussi les bains sulfureux artificiels, par l'appel fluxionnaire déterminé vers la superficie du corps, provoquent-ils une stimulation générale et une révulsion énergique qu'il ne faudrait pas attendre des bains des Pyrénées. Il va de soi que, toutes choses égales, l'excitation locale et générale est proportionnelle à l'élévation de la température du bain.

Substances synergiques, auxiliaires. — Le Trisulfure de Potassium a pour semblable le Quintisulfure de Potassium, KS^, et pour synergiques les autres sulfures alcalins, le soufre et même l'acide sulfhydrique ; pour auxiliaires les irritants et les stimulants en général.

Substances antagonistes, incompatibles. — Antidotes, contre-poisons. — Les antagonistes du Polysulfure de Potassium sont , les réfrigérants, les émollients et les mucilagineux, qui en deviennent aussi les correctifs, mais non les antidotes physiologiques. Ses contre-poisons chimiques sont l'eau chlorée, les chlorures de soude et de potasse, le peroxyde de fer hydraté, le sulfate de la même base, et généralement toutes les substances susceptibles de décomposer les sulfures alcalins et de donner naissance à des combinaisons insolubles.

Ces substances sont donc incompatibles avec le Trisulfure de Potassium, lorsqu'on veut obtenir l'action spéciale de ce composé.

Usages. — Modes d'administration et doses. — On conçoit, d'après cela, de quelle utilité les bains sulfureux artificiels doivent être dans les paralysies, les rhumatismes et la goutte chroniques, les affections de langueur, la chlorose, l'anémie et diverses cachexies apyrétiques ; dans les empoisonnements par le plomb, le mercure, etc.

En revanche, on sent qu'il faut les éviter toutes les fois qu'il existe un état aigu et de la fièvre, ou bien des éruptions cutanées à forme inflammatoire.

La dose de Trisulfure, pour chaque bain, varie beaucoup. Souvent on en

prescrit 125 grammes (Ilayer). Trousseau et Pidoux n'en accordent qu 16 à 30; seulement ils évitent d'ajouter de l'acide chlorhydrique, afin d

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