TALC, TALC DE VENISE, CRAIE DE BRIANÇON
Angl. : Talc. — AU. : Talk, Talcum venetum.
Le Talc de Venise est un produit naturel, un minéral, que l'on trouve sous forme de feuillets transparents, flexibles, d'un blanc nacré, doux au toucher. C'est un silicate de magnésie hydraté, renfermant un peu de fer et d'alumine. Sa poudre est blanche, très onctueuse au toucher, insoluble dans l'eau, inattaquable par les acides et d'une densité de 2,5. Elle n'a que des usages externes et s'emploie comme topique pulvérulent à la façon de l'amidon, du sous-nitrate de bismuth, etc., dans le traitement des dermatoses et pour le pansement des plaies. On lui reconnaît généralement les qualités suivantes : le Talc peut s'obtenir en poudre très fine, onctueuse, non irritante, inaltérable, indifférente. Aussi bien est-il parfaitement supporté quand on en recouvre les plaies et les dermatoses douloureuses. Il calme les douleurs issues de ces affections, et facilite la réparation du tégument externe. Nous l'avons essayé avec succès contre l'érythème simple et l'eczéma subaigu ; maison pourrait l'employer dans bien d'autres cas d'affections de la peau, toutes les fois qu'il faut protéger ce tégument et le mettre à l'abri du contact de l'air. Je rappelle ici qu'on se sert du Talc, sous le nom de poudre de savon, comme poudre à gants ou à chaussures pour faciliter le glissement des mains ou des pieds, et qu'autrefois il entrait dans quelques cosmétiques : le rouge végétal, sorte de fard au carthame, etc.
TANNATE DE PELLETIÉRINE, Tannas pelletierinus.
Angl. : Tannate of Pellcliérine. — AU. : Pelletierinum tnnmcum.
Le Tannate de Pelleliérine s'obtient, d'après les indications du Codex, en traitant la solution de sulfate de Pelleliérine par le tannin dissous dans l'eau. Ce n'est cependant pas là une combinaison chimiquement bien dé-
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liiiie, et de composition constante. Si le produit est imparfait il me paraît dès lors inutile de le prescrire et mieux vaut dans la pratique recourir au sulfate de Pelletiérine mieux défini au point de vue chimique, et de composition fixe (Tanret).
J'ai parlé déja(voy. Grenadier, p. 169) de la Pelletiérine, et de l'Isopelletiérine, principes actifs ou les plus actifs du grenadier, et de leurs remarquables propriétés lénicides. J'ajoute qu'elles forment l'une et l'autre des sulfates d'égale valeur contre le ver solitaire; aussi bien Tanret a-t-il proposé d'associer ces deux sels au tannin dans une formule de médicament ténicide, faisant remarquer toutefois que le rôle de ce dernier agent est ici secondaire, en tout cas nullement chimique, et consiste peut-être à prévenir l'absorption des alcaloïdes dans l'estomac, afin qu'ils puissent agir en plus grande masse dans l'intestin. Donc je répète qu'il ne s'agit pas ici d'une combinaison chimique, mais d'une préparation pharmaceutique.
Action peysiOLOGiQUE. — La Pelletiérine, l'Isopelletiérine et leurs sels paraissent avoirles mêmes effets pharmacodynamiques. Ils sont toxiques à dose assez faible, puisque 20 centigrammes peuvent tuer un lapin en une demiheure. Et Beaumetz a encore remarqué que des sangsues plongées dans une solution au 400^ perdent la propriété de leur ventouse et restent bientôt sans mouvements.
Chez l'homme, quand on fait prendre des doses de 30 à 50 centigrammes de ces préparations, il s'en suit rapidement des phénomènes de congestion encéphalique avec vertiges, nausées, parfois vomissements, et un malaise général des plus désagréables. J'ai vu une jeune fille de vingtdeux ans tomber dans un état de coUapsus inquiétant, et se plaindre d'avoir éprouvé de l'oppression et des palpitations. On a signalé encore des paralysies du mouvement. Tous ces accidents sont d'ailleurs fugaces.
Dujardin-Beaumetz compare l'action de la Pelletiérine a celle du curare. Comme ce poison elle détermine des paralysies motrices, et parle même mécanisme. Il est à présumer qu'elle produit aussi sur le ténia ces effets paralytiques, qui portent sur la tête de ce ver, plus exactement sur ses ventouses, ou ses crochets. Toujours est-il que l'helminthe aprèsavoir subi son influence, se détache de l'intestin et n'est plus qu'une masse flottante que peut entraîner au dehors la contraction intestinale développée par un purgatif. Généralement il est rendu vivant, si bien que son strobile s'agite assez vivement dans l'eau chaude oti on l'a recueilli.
UsAGiîs. — La Pelletiérine, l'Isopelletiérine et leurs sels n'ont qu'une seule application médicale jusqu'à présent : ce sont des ténifuges très sûrs, réussissant à merveille à expulser les vers solitaires, principalement le tœnia inerme et le tœnia solium plutôt que le botriocéphale. Les statistiques de Beaumetz et de Bérenger-Féraud sont des plus concluantes à cet égard. Si la tactique a été bonne, s'il s'agit, dis-je, du ténia armé ou du ténia niermc, les deux variétés communes en France, c'est presque à coup sûr qu'opèrent ces médicaments.
MoDiis d'administration et doses. - D'après les nombreuses expériences
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de Bérenger-Féraud, voici les conditions à remplir pour arriver à Iriomphor à peu près sûrement du ver solitaire, c'est-à-dire à l'expulser complet. On commencera à mettre le patient à la diète lactée la veille du jour où l'on doit administrer la préparation de Pelletiérine. Cette préparation est la suivante : sulfates de Pelletiérine et d'Isopelletiérine, 30 à 40 centigrammes; poudre de tannin 06',50 à 1 gramme; eau ou (Tanret) sirop de sucre, 30 grammes ; à prendre en une seule fois. Au bout d'un quart d'heure il faut administrer un purgatif. Le choix de celui-ci n'est pas indifférent ; il est nécessaire, en effet, que son action soit très énergique, car la Pelletiérine paralyse légèrement l'intestin, et aussi rapide que possible afin que l'helminthe n'ait pas le temps de se remettre de son empoisonnement, c'est-à-dire de se raccrocher à la muqueuse intestinale. L'eau-de-vie allemande, l'infusion de séné (10 grammes de follicules pour 100 grammes d'eau) offrent sous ce rapport le plus de garantie ; maison peut encore recourir à l'huile de ricin ou bien au sulfate de soude. Enfin on conseillera au sujet de rendre son ver dans un sceau rempli d'eau tiède.
TANNATE DE QUININE, Tannas quinicus.
Angl. : Tannate of Quinia. — Ail. : Chininim tannicum.
Le Tannate de Quinine est un sel amorphe, insoluble dans l'eau froide, soluble en très faible proportion dans l'eau bouillante, plus soluble dans l'alcool, et remarquable par son amertume insignifiante, ce qui le distingue des autres sels quiniques d'une saveur si amère. Sa composition est sans doute variable etmal définie puisque les auteurs qui le mentionnent lui attribuent des proportions de quinine variables de 42 p. 100 (Briquet) à 26 (Jules Regnault) ou même 20 à 21 {Codex). Il a été décrit en 1821 par Pelletier et Caventou ; mais c'est à Barreswill qu'il faut rapporter son premier emploi thérapeutique.
Action physiologique et usages. - La très grande insolubilité du Tannate de Quinine est un obstacle à son absorption facile; aussi bien n'a-t-il pas la rapidité et l'énergie d'action des autres sels quiniques. Toutefois il agit réellement comme eux, ce n'est pas douteux, et si l'on compare le sulfate et le Tannate de Quinine au point de vue de leur valeur relative, on arrive à ce résultat que le premier est trois fois, au moins, plus actif que le second. Il faudrait en réalité 3 grammes 50 de Tannate pour équivaloir à 1 gramme de sulfate. Briquet donne des chiffres encore plus différents :: 1 : 8. Et même, prescrits dans ces proportions relatives, les deux sels ne déterminent pas des effets physiologiques identiques : le Tannate de Quinine cause encore moins d'ivresse spéciale que le sulfate.
8a saveur, qui n'est pas désagréable, et cette absence de troubles cérébraux que je viens d'indiquer le recommandent, d'après certains praticiens dans la médecine infantile, pour cette raison qu'il est plus facilemenltolére. Or ie n'ai jamais vu quant à moi que les enfants môme très jeunes eussent de l'intolérance vis-à-vis de notre sulfate de quinine, et j'ai toujours pu le leur faire accepter sans grande difficulté. Cette indication me parait secondaire.