‹ Commentaires th©♭rapeutiques du Codex medicamentarius [electronic resource]Chapitre 68 sur 384 · COLOQUINTE · texte numérisé non relu

COLOQUINTE

Composition. — L'analyse de son fruit dénote la présence de matières résineuses, d'une huile fixe (Meissner) et d'un glucoside, la colocynthim; (Meissner, Braconnot), sans compter divers principes communs à la plupart des végétaux.

La colocynthine est le principe amer purgatif de la Coloquinte. C'est une substance jaune brunâtre, translucide, solubledans l'eau, plus solubledans l'alcool.

Action physiologique. — A doses modérées, la Coloquinte est un purgatif sûr et puissant. Elle agit à la fois comme irritant de la contraclililé intestinale et de la sécrétion de la muqueuse digestive, et comme stimulant des autres organes abdominaux. Cependant l'effet diurétique est rapporté principalement à l'action directe sur le rein, qui suit l'absorption du médicament. A doses fortes ou excessives, la Coloquinte exagère ses effets, détermine des évacuations séreuses et même sanguinolentes, avec de vives coliques, du ténesme, des nausées, des vomissements, parfois de la tension et une sensibilité excessive du ventre, la suppression des selles et de l'urine, la rétraction des testicules, le priapisme (Caron, d'Annecy), et la mort dans un état cbolériforme. L'autopsie fait reconnaître des signes de gastroentérite, ainsi que des traces d'inflammation du foie, des reins et de la vessie.

La Coloquinte est moins irritante que la gomme-gutte, dont elle se rapproche. Comme l'aloès elle agit manifestement sur le gros intestin.

Usages. — La Coloquinte, peu employée chez nous, est cependant l'un des purgatifs les meilleurs dont nous puissions disposer, surtout dans les cas d'atonie des organes digestifs avec constipation habituelle. Son action irritante sur l'ensemble des organes abdominaux, et notamment sur le gros intestin, la désigne particulièrement pour triompher des obstructions intestinales et l'influence, probablement indirecte, qu'elle exerce sur la sécrétion uHnaire la recommande, ainsi que la gomme-gutte (Pereira, Rayer, Gubler), dans les maladies du cœur et les hydropisies, spécialement dans celles qui sont liées à une lésion rénale telle que celle de l'albuminurie aiguë (Pereira, Gubler). A dose faible ou peu élevée, la Coloquinte n est plus qu'un laxatif utile dans la constipation habituelle, d'usage fréquent en Angleterre.

Comme tous les drastiques, la Coloquinte passe pour emménagogue ei vermifuge, pour supprimer les écoulements muqueux ou purulents de l'urèthre et des autres muqueuses. Elle est utile par ses effets hydragogues et, dit-on contro-stimulants, dans les raptus congeslifs et les apoplexies qui frappent le cerveau ou les poumons. On l'a encore beaucoup vantée contre la syphilis constitutionnelle, le rhumatisme chronique et les maladies de peau ; mais ses propriétés abortives paraissent heureusement fort dou-

S'il faut en croire un certain nombre d'observateurs, les préparations de roloau'inte appliquées sur la peau manifesteraient leurs propriétés purgatives! diurétiques et vermifuges, à la condition certainement de les associer

CONCOMBRE SAUVAGlil. 91

à des substances irritantes propres à ouvrir la voie d'introduction endermique.

^ Contre-indication. — La Coloquinte est contre-indiquée lorsqu'il existe des signes d'inflammation des premières voies.

Modes d'administration et doses. — La poudre et la décoction sont inusitées. L'extrait se donne à petites doses, de S à 25 centigrammes, tandis qwQV extrait de Coloquinte composé être administré à des doses plus massives, depuis 2S centigrammes jusqu'à 2 grammes, progressivement; le vin de Coloquinte, depuis 4 jusqu'à 16 grammes; la teinture alcoolique, de 1 à 4 ou 8 grammes. L'extrait est la préparation la plus commode. Il fait la base des Pilules de Morison, de celles d'Abernelhy et d'un grand nombre de confections oubliées. La Liqueur anti-goutteuse de Laville doit en partie son activité à la Coloquinte et à la quinine.

CONCOMBRE, Cucumis sativus, L. — Gucurbitacées. Angl. : Cucumber. Ail. : Gurke, Kukummer.

Le Concombre est une légume aqueux, fondant, dont les vertus rafraîchissantes, tempérantes, et pour ainsi dire antiphlogistiques, sont dues en partie à ses qualités physiques, en partie, sans doute, à la présence d'une substance odorante spéciale dont l'action physiologique nous paraît assez voisine de celle de la pimprenelle et de la flgue fraîche. Aussi le Concombre, mangé en salade à l'huile et au vinaigre, est-il excellent durant les chaleurs caniculaires. Demême sapulpe encataplasme estunboncalmantpourleséruptions cutanéesaccompagnéesdeprurit,dedouleur et d'inflammation aiguë. L'odeur du Concombre se communique à des Hquides et aux corps gras ; les eaux et les pommades ainsi préparées jouissent de propriétés adoucissantes et sédatives qui les fait rechercher comme cosmétiques par les personnes dont la peau est irritante.

Les semences du Cucumis sativus sont parmi les Quatre semences froides majeures; on en prépare des émulsions, éminemment rafraîchissantes, calmantes et, à l'occasion, pectorales.

Les jeunes fruits d'une variété de Concombre se mangent confits dans le vinaigre aromatisé, sous le nom de Cornichons.

CONCOMBRE SAUVAGE, sMomordica Elaterium, L. ~ Cucurbitackes

Angl. : or spirting Cucumber. - AH. : Spring Gurke, esel Gurke.

Composition - La péponide du Momordica Elatertum, plante du midi de a France et de 1 Europe, présente la composition suivante : principe crislalhsable (./a^m.e), résine verte purgative, substance amère, amidon, g ulen ligneux et se s. Elle fournit deux principes particuliers, Vélatérium etU/a^.n„e dignes de l'attention du médecin. Le premier est une sorte d extrait tiré du suc de fruits et d'une composition assez variable suivant son origine, P">squ il peut renfermer de 5 seulement à 23 p. 100 d'élatérine.

Lelalrnne ou momordicine, principe actif de Vélatérium ou extrait de Momordu-a, est une substance neutre, cristalline, inodore, mais très amère,

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