COTON HYDROPHILE
Angl. : Purified Cotton, A bsorbent Coiton ; k\\. : Gereinigie Baumivolle.
11 dérive de la ouate débarrassée par des lavages chimiques spéciaux des matières grasses et résineuses qui imprègnent ses fibres. Ainsi traité U de^dent absorbant comme une éponge, pour l'eau et les liquides aqueux. Prêt pour les usages médicaux, il ne doit pas rougir le papier bleu de tournesol, et l'eau dans laquelle U aura macéré ne se troublera pas par l'addition d'oxalate d'ammoniaque ou d'azotate d'argent (Codex).
Le commerce nous le fournit sous forme de paquets de 50, 125, 250, 500 grammes, dont l'enveloppe doit être imperméable, pour lui conserver ses quaUtés de produit aseptique.
Le Coton hydrophile est avant tout un corps aseptique, un agent incomparable de protection pour les plaies, mais U est encore utilisé pour ses propriétés absorbantes.
Ses usages sont constants en cMrurgie, pour les pansements; U est devenu depuis quelques années indispensable à la pratique chirurgicale lors des opérations ou des pansements.
Les Cotons médicamenteux ne sont guère moins utilisés. On les prépare avec le précédent, qu'on imprègne de substances médicamenteuses dans des proportions bien déterminées.
Les plus communément employés sont les suivants: Ouate boriguée, à 10 p. 100; 0. phéniquée, S ou 10 p. 100 ; 0. salicylée, 0. au sublimé corrosif, à 1 p. 100; 0. salolée, 5 à 10 p. 100; 0. iodoformée, 5. à 10 p. 100; 0. â V acide benzoîque, 5 à 10 p. 100. '
Il serait facile de grossir cette Uste, puisque toute dissolution d'unproduit médicamenteux doué de vertus vulnéraires ou antiseptiques, peut servir à unprégner le Coton.
Le MODE DE PRÉPARATION est simple. Prenons pour exemple la ouate bonquée. On imprègne 1000 grammes de Coton hydrophile dans leUquide
12 CREOSOTE.
suivant : acide borique, ISO grammes ; alcool à 95, 2000 grammes; huile de ricin, 60 grammes. Puis on fait sécher.
GAZES MÉDICAMENTEUSES. — On les apprête avec la gaze mousseUne, dite blanc chiffon, de 0'",70 de largeur, préalablement purifiée d'après le procédé décrit pour la préparation du cotonhydrophile. C'est alors qu'onles trempe dans les solutions antiseptiques. Retirées du bain, on les sèche à l'étuve et on les enveloppe, avec toutes les précautions nécessaires pour les rendre aseptiques, dans du papier parchemin.
Les plus usitées sont la Gaze boriquée, à 10 p. 100 de son poids d'acide borique; la G. -phéniquée, 10 p. 100 ; la G. salolée, 10 p. 100; la G. au sublimé corrosif, au milhème ; la G. wdoformée, à 3 ou à 10 p. 100 ; etc.
Voici la formule d'un bain de préparation de la gaze phéniquée, d'après le Codex : Phénol crist. , 1000 grammes ; alcool à 90 centièmes, 13 300 grammes; térébenthine fine, 300 grammes; gaze préparée, Q. S.
Comme pour les cotons médicamenteux on peut varier beaucoup les formules des bains d'imprégnation et obtenir d'autres gazes spéciales.
CRÉOSOTE. — Cet important médicament, décrit dans l'édition de 1883 des Commentaires (voy. p. 716), a été l'objet d'études intéressantes dans ces dernières années. Nous devons les résumer succinctement.
Une bonne Créosote doit contenir : gaïacol, 20; créosol, 40; phénols monoatomiques, AO; et ces derniers renfermeront 15 p. 100 de crésylols
(Codex). . , , t v
C'est toujours le médicament de choix dans le traitement de la tuberculose pulmonaire, à la condition d'être bien et longtemps supporté, à doses suffisamment élevées. 73 p. 100 des malades bénéficient de son usage (Tapret); 33 p. 100 (Bouchard), surtout dans les formes torpides.
Son mode d'action dans cette maladie reste encore inconnu. Comme elle s'éUmine en grande partie par les reins (Saillet, Imbert)) plutôt que par les poumons, il faut renoncer à invoquer une action topique sur ces derniers. D'ailleurs il est démontré que chez les malades soumis depuis fort longtemps h l'usage des hautes doses de Créosote, les crachats renferment les bacilles deKoch avec leur virulence, caries inoculations de ces crachats a des animaux les rendent phtisiques.
Synergiques. - Plusieurs produits d'une réelle importance ont été préconisés récemment comme homologues de la Créosote. Tous en dérivent Le créosotal, ou carbonate de créosote, contient 92 p. 100 de créosote et 8 p 100 d'acide carbonique. C'est un Uquide sirupeux, de couleur blonde, d'un goût de Créosote marqué, insoluble dans l'eau, soluble dans 1 alcool. Cet éther est parfaitement toléré parles voies digeslives, où il se dédouble en ses composants, et agit bien dans la phtisie pulmonaire (Chaumier, Wilcox W Gotlheil). Il s'administre en capsules, émulsion, wjectwn sous- Zfanl: lux doses de 4 à 5 grammes pro die (adultes), 1 à 2 grammes (enfants).
DIASTASE.
On peut en rapprocher le benzoaie de créosote.
Le créosal, combinaison de tannin et de créosote, renferme 60 de celleci et 40 d'acide tannique. C'est une poudre brune soluble dans l'eau et dans la glycérine en toute proportion, non caustique, se décomposant en ses deux éléments dans les voies digestives. Balland le prescrit en poudre (cachet de
0 gr. 25) et en solution titrée au 1/15, à la dose de 1 à 5 grammes par jour. Modes d'administration et doses. — Les nouveaux modes d'administration sont surtout les suivants : à l'intérieur, les pilules : Créosote, 10; poudre de savon amygdalin, 25; pour 100 pilules. L'huile de morue créosolée : H. demorue, 985 grammes ; Créosote off., 15 grammes (Coû?ea?), ainsi dosée à 0 gr. 20 par cuillerée à soupe. L'e'/mr (Codex) : Créosote, 15 grammes ; rhum, 985 grammes, qui n'est qu'une simple solution alcoolique. J'ajoute que le lait est un excellent véhicule à conseiller.
Les lavements créosotes ont été beaucoup vantés. Ils sont bien tolérés et peuvent être longtemps continués : Créosote, 2 à 4 grammes; huile d'amandesdouces, 25 grammes ;jaune d'oeuf n° 1. Ou bien (J. Simon) : Créosote, Ogr. 40 ; iodoforme, 0 gr. 005; salol, Ogr. 40; huile d'olive, 30 grammes, — formule correspondant à 10 kilogr. de poids du corps.
Les suppositoires créosotés, créosocônes de Kugler, sont prescrits avec avantage : dosés de 0 gr. 25 à 0 gr. 50.
Les injections sous-cutanées, entre les mains de Burlureaux et de Gimbert, ont souvent produit d'heureux effets. Ces médecins préconisent les doses énormes de 3 gr. 50 et plus par injection, lentement faite en plusieurs heures, à l'aide d'appareils spéciaux. Solution huileuse à 1/15.
Les frictions (Saillet) me paraissent donner des résultats incertains ou dangereux.
Je passe sous silence les injections intrapulmonaires, dangereuses à n'en pas douter.
Les doses ont été fixées d'une manière très judicieuse par le professeur Bouchard, à 0 gr. 06 de créosote par kilogr. de poids du corps. Un homme de 60 kilogr. peut du reste supporter 15 grammes de ce médicament, dose limite de la toxicité ; au delà elle devient lélhale.
DIASTASE.
Angl.: Diastase; : Diastase.
Ce ferment soluble, de nature azotée, qu'on trouve dans une foule de Végétaux et particulièrement dans les semences en germination, est extrait pour les usages médicaux du malt.
Signalé dans ce produit par Dubrunfaut, U en a été séparé par Payen et
1 ersoz, qui lui ont donné ce nom de Diastase. On l'appelle aussi maltine, pour rappeler son origine.
Propriétés. - C'est une poudre blanche, amorphe, ou bien elle est en Mes d un blanc jaunâtre, translucides ; très soluble dans l'eau, insoluble dans 1 alcool anhydre ou concentré.
Sa propriété fondamentale, celle qui lui donne son intérêt physiologique
14 DIASTASE.
OU thérapeutique, c'est de transformer l'amidon hydraté en dextrine et maltose, puis en glucose, toutes substances éminemment absorbahles grâce à leur solubiUté, et qui servent à l'aUmentation de la plantule au moment
de la germination. . . • •
Cette fermentation par la Diastase s'observe m v^tro. On peut voir amsi que l'action commence à 15°, pour finir à 85°, température à laquelle la Diastase perd ses vertus. Son énergie est teUe qu'elle transforme plus de 2 000 fois son poids d'amidon. Schutzenberger admet môme que ce ferment ne perd pas son pouvoir spécifique à mesure qu'il l'exerce
Substances antagonistes. - Lamaltine perd ses propriétés vers 80 ,nous venons de le voir, mais certains corps chimiques agissent sur elle comme la chaleur : les acides forts, l'acide chlorhydrique entre autres les alcahs pu^sanïs, le tannin, la magnésie, le quinquina (Bouchardat, Duquesnel), le borax, l'acide tartrique, l'acide citrique.
SoBSTANCES AUXILIAIRES. - Sou actiou est favoriséc par un miheu qm n'est m t P acïd . ni trop alcalin : 1 p. 1000 d'acidité (Ch Rid^et); par ceSs chlorures A. John),le chlorure de sodium surtout. iTapres Mu der ou^s es substances albuM^
g uten Th. de Saussure), glutine. chair putréfiée albumine (Bouchardat), sérum Magendie) ; ce seront donc des adjuvants de la Diastase
MaTs n est un ferment analogue, la ptyaline ou diastase sahva.., qm agi comme elle et me parait même lui être supérieure pour transformer les
''t ferm^'t'deTa saHve mixte (1,34p. 100)et du suc pancréatique des ani-
(Mialhe), mais , l'^'^f '^l^Jl^'^^Z^^^^^^
D'anrès Dufresne, tandis que la Diastase peiu & F f „t,.ni;np
la maltino ^^^^^^^X^^,, autrefois par Coutaret. comme
quand on suppose .'^f T/^^aicament, surtout aux malades qm ZZJZ:^^^^ —es et au. ieunes euCants affectés de la dyspepsie du sevrage. ^g^, germée se près-
EVONYMUS.
(Roux), excellente forme à mon avis, car ces pastilles font sécréter la salive, laquelle ajoute sa ptyaline au ferment médicamenteux; en vin ou sirop; en élixir, qui peut être assez chargé d'alcool puisque celui-ci n'a pas d'influence sur la fermentation diastasique.
La maltine étant un produit assez cher, est souvent remplacée aujourd'hui par des préparations de malt.
Celui-ci n'est autre chose qu'une sorte de farine riche en Diastase, que les brasseurs retirent de l'orge lors de sa germination ; c'est la base de la fabrication de la bière. Le malt est maintenant fort usité pour les usages médicaux. Traité par l'eau, épuisé par ce Uquide, il donne l'extrait de malt, produit ayant la consistance du miel, une saveur sucrée, une odeur aromatique.
Il entre dans la composition de bières, très consommées aujourd'hui : les bières de malt; d'élixirs : exlr. de malt, 2; sirop simple, 20; vin de Malaga, 20 (Duquesnel).
On prescrit plus rarement lapoudre de à la dose de 0,S0à3 grammes, et l'extrait à celle de 1 à 2 grammes, en pastilles.
La Diastase est souvent associée à d'autres médicaments : ferments digestifs: pepsine, pancréatine ; aux amers, aux ferrugineux, etc. J'ai eu à me louer beaucoup de ces préparations.
EVONYMUS. — Evonymus atropurpureus Jacq.; Célastrinées. Angl. : Strawberry bush, Burning bush, Spindle tree, Indian arroiowood, etc. — Ail. : Evonymus.
L^Evonymus est originaire de l'Amérique du Nord, où on le connaît encore sous le nom de Wahoo. C'est son écorce qu'on utihse
Composition. - Elle contient, d'après Wenzel, Vévonymine, de l'asparagine de la pectine, de l'albumine, delà glucose, de l'amidon, une huile fixe, de la cire, quatre résines, des acides organiques combinés à la miZvL' «^^liî^e, a. citrique, a. tartrique, a. évony-
Ho l;t I i^^'^'T^^ d'alumine; sulfaîe
de potasse, de chaux ; de la sihce et de l'oxyde de fer
P. Thibault décrit trois sortes d'évonymine : 1" L'^ brune poudre d'un gris brunâtre, soluble dans l'eau, peu soluble dans l'alcool ^'^l m er Sa olution précipite par le phospho-molybdate d'ammoniaque et rédSt la hqueur cupro-potassique de FehUng ^umaque et leduit la
l \Z f ^''"'^ l'autre verdâtre.
^^3^L ^. kqmde, qm parait n'être qu'une solution aqueuse d'évonymine
En réaUté c'est cette dernière an'on ni.t,-«r.t a cernent avec l'alcool, qui est 1 W h^, ? ^P^"''^ ^'^P^'"
Action rnvsiOLoaior-l VlS ^ yévonyrnine, appelée a,m,i ^ recherchée. Nous savons que
euonymin est douér^p . ""'f'" ^^«"î/""'»- ou encore cuonymine,
podophyllin Seul so. '7"'? ^^'«"^ P^^^ ^'^^on du
P pnylhn. Seule son action cholagogue a fait l'objet de travaux inté-