PRODUCTIONS DE LA PROVINCE
cartambo; à l’ouest, par celles d’Azangaro et de Lampa; au sud, parcelles de Canes et de Canches et par la Bolivie, son étendue est d’environ 200 kilomètres du nord au sud, et de 240 à 250 de l’est à l’ouest. Elle est traversée, dans cette dernière direction, par la chaîne des Cordilières, dont le versant offre de vastes pâturages aux nombreux troupeaux de vaches, de brebis, de lamas, de vigognes, d’alpacas et de paco-viennas, métis provenant de la vigogne et de l’alpaca dont la laine est presqu’aussi fine que la soie.
Ce versant des Cordilières est sain, mais il est très-froid, à cause de sa grande élévation. Le sol n’y produit guère qu’un peu d’herbe, dont se nourrissent les troupeaux. Seulement, vers l’Orient, l’aspectdu pays change complètement, et les plus riches produits de la végétation tropicale croissent en foule dans les gorges nombreuses qui commencent à briser la chaîne des Cordilières. Ce n’est plus qu’une suite de collines boisées, connues sous le nom de montanas, et de vallées plus ou moins étendues, sillonnées par de nombreux cours d’eau qui vont se jeter dans le fleuve des Amazones. Le climat y est en même temps chaud et humide; la chaleur et les pluies torrentielles qui tombent, du mois de novembre au mois de mai, y entretiennent une riche végétation. Le cèdre, l’acajou, le jacaranda, le subayo s’y trouvent en abondance; mais la difficulté des transports en a empêché jusqu’ici l’exploitation.
C’est dans ces mêmes forêts (montanas) presque impénétrables que croît l’arbre dont l’écorce donne le quinquina. On en distingue plusieurs espèces, dont la plus estimée est celle qu’on appelle calisaya. Ce quinquina ne paraît pas inférieur à celui de la Bolivie; mais, par suite de la confusion qu’en ont faite les Péruviens, au début de leur exploitation, avec deux arbres presque semblables, le carhuacarhua et le motozol, ce produit a été en quelque sorte discrédité sur les marchés d’Europe.
Le coca est, avec le quinquina, un des plus riches produits de la province de Carabaya et celui dont la culture y occupe encore le plus de bras, quoique la plupart des grandes plantations, dites cocales, y aient disparu. La feuille du coca est pour l’Indien l’aliment le plus indispensable; il la suce après l’avoir mélangée avec une pâte faite avec la racine de certaines herbes, et peut, au besoin, pendant plus d’un jour, se passer de toute autre nourriture. Cette feuille se cueille, en général, trois fois par an, et se vend de 25 à 35 francs l’arobe(l) soit 200 à 280 fr. les 100 kilogrammes.
Le café de Carabaya est d’une qualité supérieure ; mais la cherté des transports met obstacle à son exportation en Europe et force à le consommer dans le pays, particulièrement dans les départements de Puno et de Cuzco.
Les autres produits de la province de Carabaya sont le cacao, qui est abondant et d’excellente qualité, la canne à sucre, le tabac, la vigne, le maïs, le blé et beaucoup d’autres végétaux et fruits qui croissent et mûrissent presque sans culture. *
Le règne minéral n’y est pas moins riche que le règne végétal; l’or, l’argentée cuivre, l’étain et le plomb s’y trouvent en abondance; toutes les ri-
(1) L'arobe, = 12 1/2 kilogr.
DE CARABAYA.
vières y charrient des parcelles d’or, et, du temps des Espagnols, des établissements considérables , abandonnés depuis , y avaient été fondés pour l’exploitation des mines. Les principales étaient celles de San Gaban, situées dans un territoire qu’occupent les Indiens, et celles de San Juan de l’Oro, qui, tour à tour exploitées par des Espagnols fugitifs, par des mulâtres, des Portugais, et un instant par le gouvernement de la métropole, se trouvent également aujourd’hui dans la possession des Indiens.