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Commerce entre l'Espagne et ses provinces ultramarines et les provinces confédérées de la Puissance du Canada [microforme]

COMMERÇE ENTRE L'ESPAGNE ET SES PROVINCES ULTRAMARINES ET LES PROVINCES CONFÉDÉRÉES DE LA PUISSANCE DU CANADA.

Nores pu CoMTE DE PREMIO-REAL, Coxsur GÉNÉRAL D'ESPAGNE EN CANADA, RTC.

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Les étrangers qui se proposent de commercer avec le Canada, doivent se rappeler d’abord, que le commerce du Canada se fait d'une manière bien différente de celui de la Grande Bretagne. Les douanes et les autres réglements diffèrent beaucoup du système établi en Angleterre. Les idées entretenues dans ces deux Pays concernant le libre-échange * et les autres questions qui se rattachent au commerce ou à l'industrie, sont loin d’être identiques; de fait, comme je l’ai déjà dit, le Canada s’est fait un système de commerce pour lui-même.

Voici un tableau qui indique le commerce fait par l'Espagne et les provinces espagnoles des Indes Occidentales, avec la puissance du Canada, depuis 1872, jus-

‘ qu'en 1877.

* Les élections de 1878 en sont une preuve. Le paragraphe précédent fut écrit en juillet 1878, pour former partie d’un rapport que je préparais alors. Les élections ont eu lieu en septembre 1878

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On voit par le tableau précédent, que le montant du commerce fait durant ces cinq années entre le Canada et l'Espagne et les provinces espagnoles des Indes Occidentales, s'est élevé à 413,285,309.

Le montant du commerce fait par le Canada avec tous les autres pays, duran: la même pé-

DODEL TU Cr $979,441,778 comme suit :— Grande Bretagne..…....…......#480,344 268

Etats-Unis ........,.....,... 414,124,890 Provinces de l'A. B. du Nord 15,502,879 Colonies anglaises des Indes Occidentales ........,....... 15,009,996 Espagne et provinces espagnoles des Indes Occidentales........,,,..,,.... 18,285,309 étant le cinquième en rang.

On remarquera, par le tableau ci-dessus, que le commerce entre l'Espagne et les provinces espagnoles des Indes Occidentales et le Canada a diminué annuellement depuis plusieurs années, pour un montant considérable. La cause de cette diminution est attribuée, par quelques-uns, en partie aux troubles qui ont existé dans l’isle de Cuba; mais la véritable cause doit être attribuée au Canada lui-même par rapport à ses importations de sucre brut et des mé'asses des provinces espagnoles des Indes Occidentales ; et l'on trouve la preuve de cet avancé dans le rapport du commerce avec le Porto-Rico, qui vient d’être publié.

En 1870, l'Espagne et ses provinces des Indes Occidentales, occupaient le premier rang, après l’Angleterre, mère-patrie du Canada, la République des Etats-Unis et les possessions britanniques en Amérique. Et les articles importés au Canada, tels qu'on les verra par les tableaux ci-dessous, prouveront que

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c'est précisément dans cette branche même du sucre que la diminution s’est fait particulièrement sentir, Le résultat de cette politique a été spécialement funeste au Canada. Le commerce du sucre a été exclusivement placé entre les mains des Etats-Unis. Les raffineries de sucre canadiennes se sont fermées et des milliers d'ouvriers furent, en conséquence, privés de travail et par là, du moyen de soutenir leurs familles au Canada, et ont quitté le pays dans l'espoir de trouver occupation ailleurs. Réduits à l’état le sius déplorable, ces malheureux acceptaient toute espèce d'emploi, pourvu qu’il pût les sauver de la misère qui les ménaçait au Canada; de là l'immense émigration des canadiens qui s’est faite durant plusieurs années, pendant lesquelles on remarque le décroissement constant du commerce de l'Espagne avec le Canada, Le commerce a été, pour ainsi-dire, suspendu entre ces deux pays.

Aucun vaisseau ne laissera les ports du Canada avec une cargaison de produits canadiens, tant qu’on n'aura pas la certitude qu'il pourra remporter en retour avec profit, une cargaison de l'Espagne ou des provinces ultramarine espagnoles. C’est le Canada qui souffre le plus de cet ordre de choses ; car, au point de vue du commerce, il n’est pas indispensable pour l'Espagne de vendre ses produits au Canada plutôt qu'aux Etats- Unis. Maïs quand on compare le prix de ces produits, livrés directement au Canada par l'Espagne, on importés des Etats-Unis, que voit-on ? Que le fret en plus, les commissions et les autres charges, (que l’on trouvera plus bas et que j'ai compilé d’après un article de la Gazetle de Montréal, du 8 octobre dernier, qui corrobore entièrement mon opinion sur ce sujet); ainsi que les profits du raffineur et de l’importateur augmentent énormement le prix du sucre.

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On comprendra mieux les pertes que le Canada a

souffertes en lisant les tableaux ci-dessous :

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